Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 15:48

le monde a lenvers

 

  Pour des raisons hautement syndicales, j'ai le regret de vous annoncer que je ne reverrai plus la Sixième de l'Angoise d'ici la fin de l'année. Oui, je sais, mon blog va beaucoup en pâtir, dépités lecteurs, déprimées lectrices.

 

  Néanmoins, j'avais conservé quelques munitions dans ma manche1, et je vous propose, afin d'atténuer votre déception, deux délicieuses anecdotes transmises il y a quelques temps par mon éblouissante collègue d'Histoire-Géographie.

 

  Tout d'abord, sachez que pour plusieurs d'entre eux, une montagne (une montagne jeune, en l'occurence), ça se trouve... sous la terre. En effet, quand il leur fut demandé en contrôle de représenter schématiquement une montagne jeune (i.e. dessiner un triangle bien pointu représentant la montagne posé sur un trait représenant la surface de la terre), certains d'entre eux n'ont pas hésité à dessiner le triangle sous le trait, bouleversant ainsi les conceptions géographiques les mieux établies et renvoyant la pomme de Newton au rang d'aimable joujou pour esprit puéril. Avec les Sixièmes de l'angoisse, la géographie, ça devient tout de suite une révolution. 

 

  Ensuite, laissez-moi vous parler de Mascarille, élève de la Quatrième du farniente, malencontreusement condamné à une heure de retenue bien méritée dans la salle de ma collègue2. Il se trouva assis à côté de Cléonte, specimen particulièrement angoissant même pour la Sixième de l'angoisse. Au moment où il fallut ouvrir son livre à la page 123, Mascarille ne put que constater la catastrophe ambiante. Regardant ma collègue d'un regard où se mêlaient incrédulité et pointe de frayeur, il lui tint à peu près ce langage :

 

MASCARILLE : Hé ! bonjour, Monsieur du Madame... je crois qu'il tourne les pages à l'envers...

COLLÈGUE : Mais bien sûr, Mascarille ! Tu es dans la Sixième de l'angoisse... Tu t'attendais à quoi ?

 

  Et Mascarille d'aider Cléonte à trouver le sens dans lequel tourner les pages pour parvenir enfin à la page 123 tant convoitée. 

 

  Bref, rassurez-vous : vous serez tenus au courant de la fin de l'année de la Sixième de l'angoisse ! 

 

 

 


1. Je ne suis pas certain que ma métaphore soit très bonne, là, mais bon, on fera avec...

 

2. Vous ai-je dit à quel point elle était merveilleuse ? 

Par Celeborn - Publié dans : La Sixième de l'angoisse - Communauté : La salle des maître(sse)s
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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 20:50

http://www.csrdn.qc.ca/discas/Images/triangleCompSitRess.jpg

Ceci n'est pas une parodie

 

 


Où l’on raconte comment on oblige insidieusement les profs à se mettre aux compétences

 

PROLOGUE : Je connais ma collègue Fantômette1 d'Internet, où j'ai pu lire sa prose toujours très réfléchie ou argumentée sur la question de l'enseignement par compétences et du livret qui va avec au collège (et en primaire, ne l'oublions pas). Pour y passer une grande partie de son temps, Fantômette n'est pas pour autant obnubilée par les compétences : comme vous allez pouvoir le lire, subtils lecteurs, fines lectrices, elle est tout simplement soumise depuis près de deux années à une forme de torture mentale qui laisse les plus grands bourreaux chinois pantois d'admiration. Je lui laisse la parole.  

 

ACTE I : mieux vaut des problèmes compliqués qu'une solution simple

 

Tout a commencé à la fin de l’année 2010. Alors qu’aucun enseignant n’avait jamais entendu parler de compétences jusqu'à présent, une réunion organisée par la direction du collège invite solennellement l’équipe enseignante à évaluer puis valider les compétences du Socle commun « parce que c’est la loi », et qu’ « il n’y a plus à discuter ». 

Suite à ces invectives lancées sans aucun argument pédagogique (parce que ça sert à quoi au juste, le socle ?), des heures syndicales sont organisées début 2011, afin d’informer les collègues sur les origines du Socle commun, ses enjeux, et ses conséquences. Elles aboutissent à une assemblée générale où il est décidé que tous les élèves seront validés systématiquement, afin de ne donner aucune valeur au LPC2, sans pour autant se mettre hors-la-loi. Une motion est rédigée pour le CA3, mais ne sera, pour diverses raisons, jamais lue. À la fin de l’année scolaire, sous la pression de la direction exercée à coups d’arguments fallacieux et non fondés — on mettrait en péril l’orientation des élèves — les élèves les plus en difficulté, ceux dont on est sûr qu’ils n’obtiendront pas le brevet, ne sont pas validés. Bon, il parait que cela se passe comme ça dans de nombreux établissements, on pense qu’on nous laissera tranquilles l’année suivante et qu’on emploiera son temps et son énergie à des choses plus utiles (enseigner, entre autres).

 

ACTE II : Pour sauver les élèves, démolissons leurs profs

 

Rentrée 2011-2012. La question du Socle est passée sous silence lors de la réunion de rentrée. Tant mieux pour tout le monde, enseignants qui ne gaspilleront pas leur temps dans un travail supplémentaire titanesque, chronophage et dont aucune étude n’a prouvé l’efficacité, et élèves, qui ne subiront pas des évaluations incessantes. Mais voilà, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, et puisqu’on se comporte en mauvais élèves qui n’écoutent pas (alors qu’on avait accepté la proposition d’un stage établissement sur les compétences afin d’entendre de vrais arguments et de discuter), la direction contacte dans notre dos notre supérieur hiérarchique direct : l’inspecteur, inspectrice en l’occurrence. L’équipe de Lettres est la première visée, puisque la résistance vient d’elle principalement et que, paraît-il, c’est l’équipe de Français qui permettrait de donner l’impulsion à toutes les autres pour se mettre aux compétences. Étrange, quand on sait que le dernier rapport de l’Inspection Générale sur les livrets de compétences reconnaît lui-même qu’il y a une impasse en Français et en Histoire-géographie pour évaluer les compétences. 

Commencent alors des réunions et des visites qui confinent presque au harcèlement. Deux collègues ayant les classes de 3e du collège sont convoquées à une réunion au lycée de secteur ayant pour objet « la liaison 3e- Seconde ». Que nenni. L’intitulé de la réunion était un leurre. Il s’agit en réalité de convaincre les professeurs de lycée et de collège du bien fondé des compétences. Toutes nos pratiques sont nocives et à jeter aux oubliettes. « L’esprit du socle » sauvera les élèves, sauvera l’école. La majorité des collègues présents à cette réunion est bouleversée, le choc a été si rude que certains en sortent les larmes aux yeux. Il faut faire table rase de ce qu’on enseigne et de la façon dont on le fait, depuis dix, vingt ans…L’échec scolaire vient de là. Une deuxième réunion enfoncera le clou. 

 

ACTE III : Je ne sais pas comment ça marche, mais vous trouverez bien tout seul

 

Parallèlement, l’inspectrice de Lettres ès Socle animatrice de ces réunions annonce sa visite, pour trois heures, dans notre collège, pour nous expliquer la pédagogie par compétences. En fait, il n’en est rien. Le terme même de « compétence » n’est jamais défini clairement et est employé à toutes les sauces. C’est pratique pour noyer le poisson. Première contradiction : cette pratique révolutionnaire et miraculeuse des compétences qui ferait tant de bien aux élèves, eh bien, en fait, on l’exerce déjà ! A la bonne heure ! Alors finalement, rien de nouveau sous le soleil ? Les compétences remonteraient même à Érasme4, si si ! Pour faire avaler la pilule, quel argument plus convaincant pour ces fainéants de profs que de dire que ça ne demande pas de travail en plus, qu’on fait comme avant, que c’est simple (on met des « + » et des « -  »), qu’il ne faut pas « se prendre la tête » ! C’est étonnamment l’argument le plus récurrent donné par l’inspectrice. Quand on l’interroge sur la pédagogie par compétences et le travail par tâches complexes, qui lui est intimement lié, rien, silence. Elle n’est pas là pour nous dire comment travailler (ah bon, même pas un petit conseil ?), il faut varier les pratiques de toute façon (ouf, la liberté pédagogique est sauve alors !). 

D’où la deuxième contradiction : alors qu’on ne nous a toujours pas expliqué comment travailler les compétences avec les élèves en classe, la deuxième réunion animée par l’inspectrice porte sur leur évaluation. C’est bien connu, on évalue d’abord, on apprend après. Et par quoi commencer ? Un brevet blanc, bien sûr ! Pendant trois longues heures, on vit une situation ubuesque, faisant correspondre à chaque question sur le texte du brevet blanc une compétence du livret, avec des 1.a correspondant à telle compétence I.b, III.c etc. Mais on n’est pas toujours d’accord, évidemment, car la formulation souvent vague des compétences n’aide pas (mais ce n’est pas grave, on enlève les mots qui gênent, et comme ça, on peut même piquer des compétences aux sciences et hop, on fait marcher la transversalité propre à la compétence!). Non, non, non, se mettre aux compétences, ça ne prend pas de temps. 

 

ACTE IV : Ne rédige plus : fais des QCM

 

Alors qu’il ne faut surtout pas parasiter la démarche intellectuelle des élèves, concentrés sur le contenu de leur réponse, en leur demandant de répondre par une phrase simple (ne serait-ce que « Le personnage est … ») parce qu’à quatorze ans, c’est trop difficile, il faut en revanche leur donner, pendant l’épreuve (!), une grille qui liste les compétences travaillées par toutes les questions du brevet, pour qu’ils aient conscience de la compétence travaillée par telle question. C’est vrai que répondre aux questions en faisant des aller-et-retour constants sur le texte, et parallèlement faire des aller-et-retour entre les questions et la grille, ne va pas perturber leur réflexion et la rédaction de leurs réponses. 

C’est ainsi que la majorité des réponses des élèves au brevet blanc n’a pas besoin d’être rédigée. Ce n’est pas grave, ils travaillent l’expression écrite ailleurs, en rédaction. C’est vrai qu’en prenant l’habitude de ne pas répondre à des questions par des phrases simples — combien d’élèves arrivent en 6e en ne sachant pas répondre à une question par une phrase — les élèves n’auront aucun problème à rédiger un texte entier avec un minimum de cohérence. 

Non, le Socle ne conduit pas à un appauvrissement des exigences, ni à une baisse du niveau. D’ailleurs, quand on plaisante en disant que le brevet se fera bientôt par QCM, l’inspectrice est fière de nous montrer un QCM très exigeant et très très dur sur un roman de Zola, où des élèves de Seconde doivent choisir parmi quatre résumés celui qui est le plus fidèle à l’œuvre5. D’accord, c’est plus dur que de choisir entre quatre noms de personnages principaux. Mais tout de même, ce genre de QCM ne vise-t-il pas à pallier et à masquer l’incapacité actuelle des élèves à rédiger eux-mêmes le résumé d’une œuvre (au lycée !!!) ? 

 

ACTE V : Ne lis plus : coche !

 

Mais revenons à nos moutons. L’inspectrice, de Lettres rappelons-le, ne se contente pas de conseiller d’accepter les réponses non rédigées des élèves. Il est fortement recommandé aux enseignants de Lettres, bien plus accablés que leurs collègues par le poids des copies — ce qui n’est pas faux, mais l’emploi de la flatterie est suspect — de ne pas pointer les fautes des élèves, perte de temps inutile, et de ne pas lire les livres conseillés aux élèves en lecture cursive. Référence donnée en réunion : Comment parler des livres qu’on n’a pas lus ? de P. Bayard6. Au-delà de l’aspect divertissant de cette lecture, on aurait tout de même souhaité des références bibliographiques plus sérieuses, de préférence en rapport avec le travail par compétences, objet principal des réunions. Et quand on demande des éclaircissements, qu’on soulève des problèmes ou des contradictions, bref, qu’on pose des questions qui dérangent, on s’entend dire : « Mais c’est qu’elle commence à m’énerver celle-là », remarque d’un manque de respect absolument incroyable et indigne d’une inspectrice, infantilisante, et qu’on se serait à peine permis avec un élève. Une remarque d’autant plus inacceptable d’ailleurs que prononcée à troisième personne, tête baissée, sans que la personne visée ne soit regardée dans les yeux. 

Comment réagir face aux énormités entendues, à la tartuferie voire à l’incompétence en matière de compétences ? L'équipe est partagée entre une obéissance soumise à la bonne parole de l’Inspectrice, parce que c’est la « chef », l’acquiescement feint qui doit permettre la tranquillité — après tout, une fois la porte de notre classe fermée, on fait ce qu’on veut et on essaie de préserver notre précieuse liberté pédagogique — et l’opposition déclarée, qui s’expose à des représailles. 

 

ÉPILOGUE ? 

 

Avril 2012. En un an, le vent a bien tourné. À force de pressions et de réunions subtilement imposées par la direction avec une Inspectrice pro-Socle, certes passionnée par la question mais finalement peu rigoureuse et peu compétente sur les points les plus cruciaux, les enseignants finissent par organiser un brevet blanc en Français qui intègre les compétences du sacro-saint Socle commun. Il sera noté, oui, comme d’habitude. Évalué, EN PLUS, par compétences, avec des « + » et des « - » qui n’ont aucun sens, ce n’est pas encore sûr. 

Le plus difficile, dans cette histoire où bien des choses sont à déplorer — et ce sont encore les élèves qui en pâtiront — est humainement de résister au risque de discorde qui menace l’équipe de Lettres, jusque maintenant soudée face à la sournoiserie révélée au grand jour de la Direction, et à l’hypocrisie d’une Inspection qui, encore une fois, cherche à imposer des réformes à n’importe quel prix. 

 


1. Pour les connaisseurs, ce n'est pas celle d'Eolas

 

2. Livret Personnel de Compétences. Voir les 237 épisodes précédents sur ce blog.

 

3. Conseil d'Administration. L'instance qui nous fait croire qu'on peut décider de certaines choses, mais en fait non.

 

4. L'Éloge de la folie était-il en fait un éloge masqué des compétences ?

 

5. Résumé 1 : beaucoup de descriptions et il meurt ; Résumé 2 : le héros devient un vampire ; Résumé 3 : ils repoussent les envahisseurs romains à l'aide de la potion magique ; Résumé 4 : Bip-Bip jette une enclume sur le coyote avant de s'enfuir par un tunnel peint sur la roche. 

 

6. Avouez que celui-là, vous ne l'aviez pas vu venir.

Par Celeborn - Publié dans : Dans la salle d'à-côté - Communauté : La salle des maître(sse)s
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 15:48

soleil

 

À ma mère, qui aurait été très heureuse

 

  Comme vous l'avez su, sympathique lecteur, délicieuse lectrice, cette année, le taulier préparait l'agrégation. Et à l'heure où la poussière retombe, je me propose de vous faire connaître cette expérience assez particulière.

 

  Tout d'abord, il fallut investir, car la fin justifie les moyens. J'ai donc fait confiance à une préparation privée fort renommée dans la discipline qui est la mienne. Ce ne fut pas donné, loin de là, mais ça en valait le coût. 

  Ensuite, il fallut s'investir. On ne prépare pas un tel concours  à la légère, par dessus la jambe. Durant 9 mois, j'ai donc dit adieu à plusieurs de mes loisirs pour me consacrer à un unique loisir — si j'ose l'appeler ainsi.

 

  Il fallut également apprendre à jongler, car les congés de formation ne s'obtenant qu'au bout de 9 à 10 années dans mon académie, je devais préparer la chose tout en travaillant à temps plein. Sachez donc que j'obtins de mon Principal un emploi du temps très particulier, qui me permit d'assister au maximum de cours de préparation. Concrètement, la plupart des semaines, je travaillais non-stop du lundi matin au samedi fin d'après-midi, d'un côté du bureau où de l'autre. Les copies se corrigeaient quand elles le pouvaient, les pauvres, dans un train, dans un métro, dans un dimanche, dans une période mal nommée « vacances ». Et à l'approche des écrits ou à celle des oraux, elles ne se corrigeaient plus du tout ; d'ailleurs, j'en ai des piles qui m'attendent dans mon salon, et je déprime rien qu'à cette idée ! 

 

  Chose qui m'a incroyablement aidé, j'ai rencontré deux collègues agrégatives avec lesquelles nous avons formé un groupe de travail. Pour tous ceux qui envisagent de préparer ce concours, je le dis : c'est quelque chose d'extrêmement utile, à condition qu'on s'entende bien. Et nous nous sommes très bien entendus ! Cela a permis de grandes séances de révisions, de préparations d'exercices divers et variés, de conception de plans détaillés. Très honnêtement, je n'aurais jamais obtenu le résultat qui est le mien aujourd'hui sans ces deux personnes. Deux autres personnes se sont régulièrement jointes à nous, et il faut avouer que cela permet de trouver le temps moins long et la tâche moins ardue. Je suis ravi pour celle qui a elle aussi réussi à obtenir le concours à l'arrivée, et très déçu pour les trois autres, qui le méritaient toutes les trois. C'est toujours un peu dur de ne pas franchir ensemble la ligne d'arrivée.

 

  Je dois avouer que j'ai aimé cette année. Bon, soyons honnête, je l'ai aimée en grande partie parce que j'ai réussi. Néanmoins, ma routine de professeur de collège a été heureusement brisée par cette période durant laquelle j'ai retrouvé l'étude des textes à un niveau que je n'avais plus connu depuis longtemps, avec son aspect certes parfois futile, et cependant toujours passionnant. Rien de plus mécanique et ridicule que cet éternel retour du plan 3 parties/3 sous-parties ; toutefois rien de plus stimulant intellectuellement. C'est un jeu de Légo extraordinaire pour l'esprit, une vraie contrainte libératrice. 

 

  À tous ceux qui veulent tenter l'aventure, je conseille donc les choses suivantes :

  • une formation sérieuse et que l'on suit avec assiduité. Choisissez-la bien ;
  • un groupe de travail pas trop large et composé de personnes sympathiques et complémentaires ;
  • un budget fluos et porte-vues ;
  • une boulangerie-pâtisserie de grande qualité pour les coups de mou (goûtez par exemple la religieuse au cassis ou le financier au Nutella) ;
  • des collègues sympas qui vous délestent des copies du brevet blanc (merci les filles !) ;
  • des entraînement en temps réel. EN TEMPS RÉEL ! C'est la seule façon de ne pas se retrouver le bec dans l'eau à l'écrit, et plus encore à l'oral ;
  • un réveil digital avec des gros chiffres. des TRÈS GROS CHIFFRES. Vous risquez en effet de vous rendre compte que vous ne savez plus lire l'heure sur des aiguilles pendant vos oraux. Or il faut absolument gérer le temps, voire minuter votre prestation. Le réveil digital à GROS chiffres est le seul artefact que j'ai trouvé et qui permet de le faire. 

 

  Et c'est ainsi que, contrairement à ma mascotte, vous ne serez ni en retard ni à la bourre. Et que vous aurez peut-être le plaisir de connaître le plaisir que j'éprouve depuis hier : celui d'avoir réussi une chose pour laquelle on s'est énormément investi. 

 

Par Celeborn - Publié dans : Vis ma vie - Communauté : La salle des maître(sse)s
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 21:20

roue-de-fortune

 

  Je n'ai vraiment pas le temps d'écrire en ce moment, aimé lecteur, aimable lectrice, et cela me désespère1. Mais sache que c'est pour de bonnes raisons : je travaille plus pour parvenir à travailler moins pour gagner plus, et je viens de réussir à m'ouvrir l'opportunité detravailler moins pour en fait travailler plus pour gagner autant. À l'arrivée, soit je travaillerai plus et gagnerai autant, soit je travaillerai autant et gagnerai plus, soit je travaillerai plus et gagnerai plus. Je n'ai pas prévu de gagner moins, et je n'ai pas la perspective de travailler moins non plus, en fait.

 

  Bref2, je passe les oraux d'agrégation et je viens d'être élu à un poste syndical à responsabilités.

 


1. Non, en fait, ça va, je le vis bien.

 

2. Il paraît que c'est à la mode.

 

 

 

Par Celeborn - Publié dans : Vis ma vie - Communauté : La salle des maître(sse)s
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Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 18:08

 

  Billet d'humeur court sur un sujet pas facile. 

 

  Vous avez peut-être assisté au déchaînement médiatique au sujet d'une de mes collègues qui aurait fait respecter une minute de silence en l'honneur de l'assassin de Toulouse (un article parmi d'autres). 

 

  Son nom et son établissement d'exercice ont été donnés. La première information qui est parue signalait qu'elle avait effectivement fait respecter cette minute de silence (titre de la nouvelle sur le site d'un grand hebdomadaire français : Luc Chatel fait suspendre une enseignante après une minute de silence pour Merah). Un courrier des élèves de la classe a également été publié : 

 

Aujourd'hui, le vendredi 23 février 2012, nous commençions un nouveau chapitre en cours d'anglais, avec Mme XXX, intitulé "Nature Pride" (c'est-à-dire la fierté d'être un natif). Ce sujet traite du patriotisme des Indiens d'Amérique.

Mme XXX a tout d'un coup dérivé sur un autre sujet : l'affaire Mohamed Merah.

Il est tout d'abord inapproprié de parler de cette affaire en cours d'anglais et de plus elle a soutenu des propos qui nous ont tous outré voir choqué.

Mme XXX a clairement dit que Mohamed Merah était une victime, que le lien avec Al Quaida avait été inventé par les médias et "Sarko".

Elle a ajouté qu'il serait possible de faire une minute de silence pour cette "victime".

Voyons que nous étions en désaccord, elle nous a dit que nous devions sortir, ce que 16 élèves sur une petite vingtaine ont fait, les autres sont restés en essayant de comprendre ses propos.

Veuillez croire que notre acte était justifié et qu'il n'était en aucun cas dans le but de perturber le cours de Mme XXX.

Ceci s'ajoute au manque de respect qu'elle a envers ses élèves perpétuellement.

 

Une lettre de ses collègues, qui ne présente pas vraiment les choses de la même façon, a également été publiée : 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE DES ENSEIGNANTS DU LYCEE FLAUBERT

 

Les enseignants du lycée Flaubert sont atterrés et extrêmement choqués par l'emballement médiatique qui a suivi un incident de classe.

 

Dans un contexte émotionnel très sensible, des échanges verbaux entre une enseignante et sa classe ont été divulgués instantanément par un parent d'un élève de la classe, publiés immédiatement et sans vérification par organe de presse . L'identité de la collègue a été révélée.

L'article rédigé à charge qui a été immédiatement publié contient des approximations et un mensonge majeur : Aucune minute de silence n'a été organisée dans cette classe .

Si des maladresses ont été commises, elles sont regrettables mais nous pensons qu'elles ne sont motivées par aucune volonté de prosélytisme, ni présupposé ou arrière-pensée politique.

La fragilité de notre collègue était connue par les services du rectorat.

Dans ces circonstances, nous pensons qu'elle doit bénéficier de la protection et de l'accompagnement de son administration.

 

Le calme et la sérénité sont plus que jamais nécessaires et nous demandons que les procédures existantes puissent suivre leur cours, sans que notre collègue soit jetée en pâture aux médias.

 

Sans préjuger des conclusions des procédures, nous apportons notre soutien moral à notre collègue.

 

  Aujourd'hui, notre Président a fait huer ma collègue en meeting.

 

  Je ne sais de quoi ma collègue, dite fragile psychologiquement par plusieurs sources, est réellement coupable. Et pour cause : on a besoin de temps pour démêler les fils de cette histoire. Or nous assistons à un lynchage express de ma collègue, qui n'a peut-être eu qu'une parole malheureuse ou mal comprise, si ça se trouve.

 

  Mais quand bien même elle aurait réellement dit des choses graves, indignes, insupportables, ce n'est pas une manière de traiter un être humain : la France est un État de droit et non un pays archaïque soumis à la la perversion du principe du bouc émissaire. 

 

  Lâcher en pâture aux médias et au tout venant des informations non vérifiées et sujettes à caution sur une personne psychologiquement fragile est un acte d'une incroyable gravité. C'est pourquoi, nonobstant l'horreur qu'ont pu vivre les proches des victimes de Toulouse, on ne peut décemment se permettre une telle façon de procéder.

 

  Veut-on tuer ma collègue ? Si c'est le cas, que l'on poursuive ce déchaînement médiatique à son égard : on peut effectivement y arriver. 

 

Par Celeborn - Publié dans : Brèves de campagne - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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