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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 11:13

  Vous l'avez peut-être déjà appris : Pierre Jacque, un professeur d'électronique en lycée à Marseille, s'est suicidé un jour avant la pré-rentrée. Il a laissé une lettre que je me permets de reproduire ici en intégralité :

« Le 1 septembre 2013

De Pierre JACQUE
Enseignant d’électronique

Objet : Evolution du métier d’enseignant.

A ma famille, à mes proches
et à tous ceux que mon témoignage intéressera.

Je vous fais part de ma décision de ne pas faire la rentrée scolaire 2013. En effet le métier tel qu’il est devenu au moins dans ma spécialité ne m’est plus acceptable en conscience.

Pour éclairer ma décision je vous décris succinctement mon parcours personnel. Je suis devenu ingénieur en électronique en 1982 à l’âge de 24 ans. Ma formation initiale et surtout mon parcours professionnel m’ont amené à exercer dans la double compétence « hard » et « soft ». Le métier prenant et difficile m’a toujours convenu tant que j’avais le sentiment de faire œuvre utile et d’être légitime dans mon travail. Passé la quarantaine la sollicitation de plus en plus pressente d’évoluer vers des tâches d’encadrement et le sort réservé à mes ainés dans mon entreprise m’ont incité à changé d’activité. En 1999 j’ai passé le concours du capet externe de génie électrique et j’ai enseigné en section SSI et STI électronique. Le choc pour moi fut brutal de constater la baisse de niveau des sections techniques en 18 ans passé dans l’industrie notamment pour la spécialité agent technique (niveau BTS ou DUT suivant les cas). Même si le niveau enseigné était bien bas de mon point de vue, ma compétence était au service des élèves et je me sentais à ma place. Une difficulté était quand même le référentiel applicable (le programme) datant des années 80, ambitieux pour l’époque et en total décalage avec le niveau réel des élèves des années 2000. Une réforme semblait souhaitable pour officialiser des objectifs réalistes et orientés en fonction des besoins du marché du travail.

Puis vint la réforme de 2010 mise en place par Luc Chatel et applicable à la rentrée 2011. Pour le coup, le terme réforme est faible pour décrire tous les changements mis en place dans une précipitation totale. L’enseignement des métiers est réduit à peu de choses dans le référentiel de 4 spécialités seulement qui constitue des « teintures » sur un tronc commun généraliste d’une section unique appelée STI2D qui rentre bizarrement en concurrence avec la section SSI. L’électronique disparait purement et simplement. En lieu et place il apparait la spécialité « Systèmes Informatiques et Numériques ». Cela ne me pose pas de problème personnel, je maitrise bien le domaine et je l’enseigne même plus volontiers que les classiques problèmes de courant de diode ou de montages amplificateurs. Je me pose quand même la question de la compétitivité de notre pays dans le domaine industriel avec un pareil abandon de compétence. La mise en place de la réforme est faite à la hussarde dans un état d’affolement que l’inspection a du mal à dissimuler. Entre temps le gouvernement a changé sans que les objectifs soient infléchis le moins du monde ou qu’un moratoire soit décidé, ne serait-ce qu’à cause du coût astronomique de cette réforme. En effet il aura fallu réorganiser l’implantation de tous les ateliers de tous les lycées techniques de France, abattre des cloisons, en remonter d’autres à coté, refaire tous les faux plafonds, les peintures et renouveler les mobiliers. Ceci est fait à l’échelle du pays sans que la réforme ait été testée préalablement dans une académie pilote. Début 2011, l’inspection nous convoque en séminaire pour nous expliquer le sens et les modalités de la réforme ; il apparait la volonté de supprimer toute activité de type cours ce qui est la radicalisation d’une tendance déjà bien marquée. On nous assène en insistant bien que l’élève est acteur de son propre savoir, qu’il en est le moteur. Pour les spécialités, donc la mienne SIN entre autre, cela signifie qu’une partie conséquente de l’activité sera de type projet. A l’époque les chiffres restent vagues, il est question de 50% du temps au moins. La nature des projets, la façon de les conduire, la façon de les évaluer ne sont pas évoquées et les questions que posent les enseignants à ce sujet restent sans réponses, nous serons mis au courant après la rentrée de septembre. En attendant l’inspection nous fait entièrement confiance pour continuer comme d’habitude. Je fais remarquer qu’il ne faudra pas tarder car nous préparons les élèves au bac en deux ans et que la connaissance des modalités d’examens est incontournable rapidement après la rentrée pour un travail efficace, c’est-à-dire sans perte de temps. Lors de la réunion suivante, après la rentrée 2011, l’inspecteur répond un peu agacé à la même question « que notre travail c’est d’enseigner et que l’évaluation verra après » (sic). En attendant le travail devant élève est commencé et moi et mes collègues travaillons à l’estime. Le manque de matériel se fait cruellement sentir dans mon lycée, les travaux nécessaires ne seront faits qu’à l’été 2012. Lors d’une réunion aux alentours de février il nous est demandé pour la prochaine réunion d’exposer l’état d’avancement de la réforme et si possible les projets envisagés ou mieux déjà mis en œuvre. A ce moment je viens juste de recevoir un premier lot de matériel et je ne dispose du logiciel correspondant que depuis novembre. La pression amicale mais réelle pour commencer les projets va aller augmentant.

J’ai un groupe de 16 élèves et un autre de 15 dans une salle qui est déjà trop étroite pour recevoir proprement 14 élèves en travaux pratiques et avec un matériel réduit qui ne me permets qu’un choix très restreint de sujets. La phase passée en projet sera cauchemardesque pour l’enseignant et la fraction d’élèves sérieux. Le dernier mois de cette année de première sera passé en activités plus classiques. A la rentrée 2012 les élèves sont maintenant en terminale, j’ai les tables de travail prévues dans une salle provisoire de 80 m2 au lieu des 140 m2 prévus. Il est difficile de bouger, le travail en travaux pratiques reste possible et je couvre ainsi la partie communication réseau de référentiel au moyen d’un logiciel de simulation. Je ne dispose pas du matériel support. On me bricole une salle de 150 m2 à partir de deux salles de cours séparées par un couloir et j’attaque les projets dans ces conditions. Le couloir sera abattu aux vacances de février.

Pendant ce temps nous avons appris que la note du bac porterait uniquement sur le projet final est que la note serait constituée de deux parties égales, une attribuée par un jury en fin d’année suite à une soutenance orale avec support informatique, l’autre attribuée par l’enseignant de l’année au vu du travail fourni par les élèves. Les critères d’évaluation portent principalement sur la gestion de projet et la démarche de développement durable. Il est explicitement exclu de juger les élèves sur les performances et la réussite du projet. Ceci appelle deux remarques. La première est que les critères sont inadaptés, les élèves sont incapables de concevoir et même de gérer un projet par eux-mêmes. De plus la démarche de développement durable est une plaisanterie en spécialité SIN où l’obsolescence programmée est la règle. Comment note-t-on alors les élèves ? A l’estime, en fonction de critères autres, l’inspection le sait mais ne veut surtout pas que la chose soit dite. Du coup cette note relève « du grand n’importe quoi » et ne respecte aucune règle d’équité. Elle est attribuée par un enseignant seul qui connait ces élèves depuis au moins un an et compte coefficient 6 ce qui écrase les autres matières. Cela viole l’esprit du baccalauréat dans les grandes largeurs.

Je considère que ceci est une infamie et je me refuse à recommencer. L’ensemble du corps inspectoral est criminel ou lâche ou les deux d’avoir laissé faire une chose pareille. Cette mécanique est conçue dans une idée de concurrence entre les enseignants mais aussi entre les établissements pour créer une dynamique de très bonnes notes à l’examen y compris et surtout si elles n’ont aucun sens. Vous avez l’explication des excellents résultats du cru 2013 du baccalauréat au moins pour la filière technologique. Cela fait plus d’un an que je me plains à mon syndicat de cet état de fait. Pas un seul compte-rendu ni localement sur Marseille ni à un plus haut niveau n’en fait mention. Je suis tout seul à avoir des problèmes de conscience. Ou alors le syndicat est activement complice de l’état de fait, le responsable local me dis : « mais non Pierre tu n’es pas tout seul ». En attendant je ne vois aucune réaction et ce chez aucun syndicat. Que penser ? Soit nous sommes muselés, soit je suis le dernier idiot dans son coin.

De toute façon je n’accepte pas cette situation. Je pense au niveau toujours plus problématique des élèves, autrefois on savait parler et écrire un français très convenable après 5 ans d’étude primaire. Aujourd’hui les élèves bachelier maitrisent mal la langue, ne savent plus estimer des chiffres après 12 ans d’études. Cherchez l’erreur. La réponse de l’institution est : « oui mais les élèves savent faire d’autres choses ». Je suis bien placé dans ma spécialité pour savoir que cela n’est pas vrai ! Les élèves ne maitrisent rien ou presque des techniques numériques d’aujourd’hui. Tout ce qu’ils savent faire est jouer et surfer sur internet. Cela ne fait pas un compétence professionnelle. Les médias nous rabattent les oreilles sur la perte de compétitivité du pays en laissant entendre que le coût du travail est trop élevé. Cette présentation pèche par une omission grave. La réalité est que le travail en France est trop cher pour ce que les travailleurs sont capables de faire véritablement. Et là la responsabilité de l’éducation nationale est écrasante. Qui osera le dire ? J’essaye mais je me sens bien petit. J’essaye de créer un maximum d’émoi sur la question. J’aurais pu m’immoler par le feu au milieu de la cour le jour de la rentrée des élèves (2), cela aurait eu plus d’allure mais je ne suis pas assez vertueux pour cela. Quand vous lirez ce texte je serai déjà mort.

Pierre Jacque
enseignant du lycée Antonin Artaud
à Marseille

 

  Que dire après un tel texte ? Tout d'abord, que ce que notre collègue dénonce est partagé par beaucoup d'entre nous : alors qu'on nous bassine médiatiquement et idéologiquement avec l'idée que tout va pour le mieux, que les élèves savent plein de nouvelles choses et que si l'école ne fonctionne pas assez bien, c'est parce qu'on ne pousse pas jusqu'au bout la logique du projet, de la mise en activité et de toutes ces choses merveilleuses... eh bien nous constatons exactement l'inverse, et il en devient absurde que ce que nous denonçons car nous le voyons, le constatons, l'analysons, soit refusé comme n'existant tout simplement pas.

 

  Ensuite que la réforme dans la filière de mon collègue (STI2D, les "2D" signifaint "développement durable"... je vous jure que c'est vrai) est l'exemple même du peu de cas que l'institution fait de ses personnels. Changez de matière, formez-vous vous-mêmes, sautez dans le vide, et on envisagera peut-être de vous lancer un parachute pendant votre descente, si on en trouve un. Cette réforme a été une catastrophe, a broyé les collègues sous des pressions innommables et des injonctions contradictoires insupportables.

 

  Enfin qu'il faut arrêter avec cette frénésie incohérente qui existe au sein de notre institution. Tout réformer, tout changer sous prétexte de tout améliorer, mais en réalité le plus souvent de faire des économies, et ce au mépris du travail des professeurs. On produit des textes à la chaîne, des lois au kilomètre et des réformes à la journée. Le résultat n'est hélas pas surprenant : perte d'image, déconsidération, non attractivité du métier, malaise, dépressions, burn-out... 

 

  Je présente donc mes sincères condoléances à la famille, aux amis et aux collègues d'établissement de Pierre Jacque. Ce qu'il a écrit est le quotidien de beaucoup d'entre nous ; le portrait qu'il brosse de l'école est un portrait juste et exact. Faisons en sorte que sa mort rende son message vivant.

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commentaires

naifde2èmeclasse 12/11/2015 17:32

Peut-on tenter de faire un bilan d'étape sur la situation du MEN depuis la fin des années 2000? Où en est-on, quelle évolution constate-t-on ?

Comment peut-on caractériser une telle situation ? S’agit-il d'un enterrement organisé en catimini ? S’agit-il d'un sketch pas forcément très drole ou encore d'un extrait d'Ubu roi d'Alfred Jarry? Personne ne le sait.Personne n'osera répondre du reste la situation étant vraiment trop genante, trop incommodante.Tout le monde, ou presque, est mal à l’aise.

Pour autant plusieurs mesures ont été prises par le MEN depuis 2009:suppression des IUFM puis création des ESP, charte de la laicité (à l'intention de ceux qui ignorent que l'enseignement public en France est laic), intense campagne de diffamation dirigée contre les enseignants à propos du harcèlement à l'école, enfin réforme du collège dont personne ou presque (à l'exception de Mme la Ministre et de quelques recteurs) ne veut.

Du coté de ceux qui vivent l'enseignement (# ceux qui en vivent) les problèmes sont différents et deviennent de plus en plus épineux:

=> le nombre de suicides (réussis) est monté en flèche
=> le nombre de candidats aux concours de l'enseignement s'est effondré au point que l'on peut légitimement s'inquiéter du recrutement des futurs enseignants
=> toutes les enquetes le montrent:l'école française est de moins en moins efficace et produit de plus en plus d'échecs
=> la répression menée par les autorités rectorales à l'encontre des récalcitrants ou tout simplement de ceux qui font usage de leur droit d'expression n'a jamais été aussi violente que depuis....la deuxième guerre mondiale,c'est-à-dire depuis le régime de Vichy.

Peut-on prédire ce qui va se passer,peut-on se risquer à jouer les Cassandre ?Ceux qui ont étudié le fonctionnement des régimes autoritaires/totalitaires savent que les contestations n'ont jamais été étouffées parce que cela est impossible.Ces contestations ont parfois pris une forme spontanée,d'autres étaient plus réfléchies ou plus souterraines (« underground »).Je pense,pour ma part,que cette contestation tous azimuts et non moins profonde,débouchera sur des actions collectives spontanées (et coordonnées => c’est mieux !),vraisemblablement assez violentes,conformément au tempérament politique français....et par-delà les traditionnels clivages politiques/idéologiques.Il faut dire,avouer meme que les dirigeants du MEN s’y prennent assez bien,depuis au moins un certain M.Allègre,pour provoquer semblable mouvement contestataire,pour fédérer aussi les contestations !Qu’ils se rassurent…pour l’instant tout va bien ou presque.Ca n’est pas encore prêt mais ça ne saurait tarder.

Dernière remarque : pourquoi le blog « omerta au rectorat » (fort bien informé) a-t-il été fermé ? L’information serait-elle devenue genante pour les « autorités » rectorales ?

une étudiante 07/10/2014 00:12

Hommage à cet homme... sa lettre est poignante, si seulement les gens "d'en haut" avaient pu la lire de son vivant, et réagir autrement que par l'ignorance et de nouvelles réformes.
Je suis étudiante et ça me prend aux tripes quand je me rends compte de la souffrance des profs. On laisse les crapules courir et on attaque les gens qui veulent bien faire ; ça me dégoûte. Je culpabilise presque d'être étudiante dans ce système quand j'apprends ce que vous subissez.
Sachez que même dans les instants où vous vous sentez seuls face à cette montagne infranchissable de connerie, des gens comptent sur vous. Tous, je suis certaine que vous laissez des souvenirs positifs à vos classes (même si, je vous l'accorde, on est pas toujours habiles pour vous témoigner de notre affection...). Chacun de vous est important. Ne vous laissez pas bousiller par un système qui n'en vaut pas la peine.
Là, c'est moi qui écris ça, mais c'est avec la plume de nombreux élèves qui le pensent mais n'osent sans doute pas le dire.
Courage, chers profs, on a besoin de vous, de vous tous.

Guth Suzie 26/02/2014 16:34

Ce dernier texte de notre collègue devrait faire partie des textes à étudier en Sciences de l'Education en France.Le théâtre de l'absurde dans le monde de l'Education au nom d'une rationalité nouvelle.On oublie que le Ministère de l'Education Nationale est une immense bureaucratie comme l'armée rouge et il se pique de donner le la en matière d'enseignement et de pédagogie.On ne peut plus enseigner comme sous la III° République.Le diagnostic de notre collègue est cruel mais certainement très proche de la vérité.

Polter 16/11/2013 23:53

Pierre Jacque a fait le geste que je n'ai pas fait, que je ne veux pas faire (?) que je ferai peut-être… Ne plus pouvoir et ne plus vouloir est devenu mon quotidien depuis 3 années pour mettre en place la réforme des Lycées. 3 ans, 3 niveaux à recréer et l'apothéose quand il m'a fallu gérer la nouvelle terminale S (plus la spécialité) avec 8 niveaux différents dans mon service. Oui, de l'AP, des MPS… Des enseignements considérés d'en haut comme de la M… ( au moins, cela rejoint le comment les élèves apprécient…) car pas de copies et donc ??? On en colle pour compléter les services…
Comment ne pas faire de la M… quand on a 8 niveaux à gérer dont, accessoirement, Seconde, Première S, Terminale S et Spécialité TS plus les nouveaux enseignements (AP, MPS et vieux TPE…). On y passe une partie de ses nuits. Et puis on pète un câble parce qu'on n'a plus de vie. On frise le burn out ou on le fait. Peut-être qu'on se flingue entre les deux ou quand on est dedans ??? Parce-que même les "grandes vacances", c'est plus suffisant pour …
Pour le moment, je survis avec un programme strict : au-delà de 20H, plus de boulot, ma vie m'appartient… Faut que ça marche !

Moot 06/12/2013 14:01

Il ne faut pas se faire avoir en validant la compétence "agir en bon toutou, et de façon servile et aveugle". Ne vous laissez pas abuser par le novlangue du "ministère de l'Intelligence", soyez réellement éthique et responsable.
Asseyez-vous sur les compétences et autres sornettes, faites un cours cohérent et structuré, avec bien entendu toutes les connaissances (celles qui restent après tous ces allègements) du programme et même un peu plus. Restez exigeant envers vous-même et vos élèves. Vous serez peut-être mal vu de l'inspection, mais elle ne pourra pas vous reprocher de compromettre la réussite de vos élèves, lesquels vous seront reconnaissants, avec eux leurs parents, et tant que tout se passera bien au lycée, votre proviseur ne pourra qu'être bienveillant.

Nikole 10/09/2013 12:47

Avec tout le respect que la mort pour des idées que ce monsieur m'inspire, et si, quoi qu'il en dît, il était vertueux, cette mort ne sert à rien. En a t'on parlé, est-ce que des répercutions auront lieu ? Dans certains cas, sauver sa peau n'est pas un vain terme, il faut tourner les talons et s'isoler ; on me dira que c'est précisément ce qu'il a fait. J'ai une admiration sans borne pour cet homme et je ressens une douleur compassionnelle pour ceux qui ne supportent plus l'absurdité du monde. N'empêche ! Et même si on ne peut pas rester en vie "juste" pour faire plaisir à ses proches, et que le suicide doit rester la dernière liberté, pure et inaltérable, j'y pense, à ceux à qui il manque.

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