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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 21:58

j-accuse-aurore

 

 

(Lettre ouverte1)


  Cher formateur au C2i2e2 de l'université de Cergy-Pontoise,

 

  C'est avec une émotion non dissimulée que j'écris cette lettre : ah ! l'IUFM de Cergy, toute ma jeunesse ! Je me rappelle avoir débattu en tes murs pendant 1h30 au sujet du fait d'avoir puni les élèves qui n'avaient pas leur livre lors d'un de tes ateliers d'analyses de pratique (ça n'analysa pas beaucoup, mais ça s'en envoya plein la figure). Remontent à ma mémoire ces photocopies d'un livre de sciences de l'éducation au sujet d'expériences menées sur des rats pour déterminer quelle était la meilleure façon d'enseigner aux petits d'hommes. Je n'ose évoquer ton absence totale de cours sur la grammaire à destination du stagiaire-lycée que j'étais, et qui fut évidemment affecté en collège dès la rentrée suivante. Et tes fascinantes fiches didactiques de séances ! Et tes munificents jeux de rôle où nous nous retrouvions à faire les élèves ! Et tes immarcescibles bilans de stages d'observation-alors-chacun-raconte-ce-qu'il-a-vu-avec-un-peu-de-bol-ça-nous-prendra-1h30… Que de souvenirs, cher formateur, que de souvenirs !  

 

  Un souvenir qui me manque néanmoins, cher formateur, c'est celui de ma formation informatique. Comme je savais à peu près tout faire de ce qu'on me proposait sur un questionnaire, je n'avais qu'une seule journée à y consacrer, en fin d'année, annulée. Mais grâce à nos belles et bonnes réformes et à l'instauration du C2i2e, je vois que le problème a été solutionné résolu, et que désormais les ouailles qui s'ébattent dans tes couloirs aseptisés et pastels sont entre de bonnes mains, les tiennes. 

 

  Voici donc ce que tu leur demandes pour la validation dudit bidule3

 

  Vous organisez une visite au Musée d'Art Moderne avec des classes d’un même niveau (que vous choisirez et indiquerez). Cette visite sera suivie d’un travail de recherche documentaire sur les œuvres rencontrées. Il s’agit principalement d’effectuer une recherche de documents sur le web. Dans le cadre de ce travail, les élèves doivent choisir 3 œuvres qu'ils ont remarquées, et réaliser un document comportant des photos et un texte explicatif pour chaque œuvre. Cette activité sera réalisée par groupes de 2 ou 3 élèves. Chaque groupe a accès à un ordinateur connecté à internet, une imprimante et un vidéo projecteur.

 

  Dans ce qui suit, nous précisons les étapes à suivre afin de réaliser chacune des 3 parties de ce travail. Chaque partie vous permettra de valider plusieurs compétences du C2I2E. Vous présenterez un seul document pour chaque partie.

 

PARTIE 1 : Validation des compétences : A1.5 – A2.2 - A2.34

 

  Je coupe un peu les activités « lie(r) Arts et Tice5 »  ou encore « créer une veille sur un sujet qui vous paraît pertinent » pour en arriver au point qui me passionne : 

 

Activité 3 (compétences A2.3)

[…]

Inscrivez-vous aussi dans un forum lié à la thématique et participez aux discussions.

Vous présenterez un document dans lequel

[…]

 

- vous rédigerez une critique du forum de discussion auquel vous avez participé, accompagné de copies d’écran montrant votre contribution. Vous donnerez des éléments d’évaluation positifs et négatifs. Vous mettrez en avant dans votre présentation, à partir de 3 exemples (copie d’écran), l’intérêt pédagogique et professionnel de participer à un forum de discussion entre enseignants. (J’ai obtenu une réponse par un expert, j’ai obtenu une réponse précise à mon sujet, j’ai acquis une nouvelle compétence, autre critère de votre choix)

 

  Cher formateur, tu t'es ici surpassé. Voilà-t'y-pas qu'une bonne dizaine de tes sympathiques recrues débarquent donc sur mon forum habituel, pleines de questions sur l'art moderne et l'informatique, le Bon, la Brute et le Truand la Biologie, les Arts et les Tice, Kandinsky&B2i6, Miró&Vidéo, Tice&Matisse… Le tout pour obtenir des conseils de personnes expérimentées, prendre des photos du lieu (y compris des parties réservées aux membres inscrits, merci pour la nétiquette) et en plus critiquer les professeurs « experts » qui auront (ou non) apporté leur aide bénévolement.  

 

  Cher formateur, je ne sais pas si tu l'as, toi, ton C2i2e, mais en tous les cas tu le mérites, et si l'on m'en donnait le pouvoir, je t'en gratifierais bien volontiers. Quelle bonne idée que de faire travailler ces futurs enseignants sur une visite virtuelle d'un musée virtuel avec des élèves virtuels de classes virtuelles d'un niveau virtuel pour réaliser une séance de recherche virtuelle dans une salle informatique virtuelle7 : voilà qui nous formera bien les professeurs pas virtuels de demain ! Mais comme ce travail virtuel t'aurait demandé une préparation réelle, pourquoi effectivement ne pas t'en décharger sur d'honnêtes forumeurs bénévoles qui feront le boulot à ta place, gratuitement, et le tout en étant remerciés à grands coups de critiques, car on ne le dira jamais assez : il faut bien mettre dans la tête des formés que leurs aînés, s'ils sont experts, sont aussi des gens dont il convient de dire du mal pour bien faire voir par contraste que la formation subie reçue est quand même d'une tout autre envergure, avec son beau référentiel de compétences numérotées.

 

  Cher formateur, je te prie donc de bien vouloir me contacter par l'intermédiaire de ce blog, afin que je te communique les références de mon compte Paypal. Tu pourras ainsi y virer ton traitement du mois de février, puisque je suis supposé, avec mes petits camarades, faire le travail qui normalement t'incombe. Compte sur moi pour répartir avec équité la somme ainsi versée entre les différents membres du forum. 

 

  Je te prie d'agréer, cher formateur, l'expression de ma plus profonde désespérance. 

 

Celeborn

 


1. Ça faisait longtemps que j'espérais une occasion de me frotter à ce genre littéraire ! (et oui, je sais, c'était couru d'avance vu l'image au-dessus)

 

2. Certificat Informatique et Internet de l’Enseignement supérieur de niveau 2 « Enseignant ». Un nom simple pour un concept clair, n'est-il pas… En attendant, sans lui, vous ne pouvez pas être titularisé… à moins d'être parent de 3 enfants (?) ou sportif de haut niveau (???). J'avoue que la logique m'échappe : depuis quand le sport permet-il de maîtriser un vidéoprojecteur ?

 

3. Il ne m'a pas été bien compliqué de jeter un œil à ce document, comme vous allez le comprendre en lisant la suite de l'article.


4. Ah qu'en termes galants…


5. Pour les lecteurs qui débarquent de Mars ou du monde normal : Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignement.

 

6. Bédeuzi : Brevet Informatique et Internet. Le C2i2e des élèves. Qu'on leur donne de toute façon à la fin, parce qu'il faut 100% d'élèves qui obtiennent leur socle commun : c'est marqué dans la loi. 


7. Vu son équipement, certains collègues vont effectivement la trouver très très virtuelle, surtout si tout est censé fonctionner ! 

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 09:26

Marcos

Parents allant manifester pour le bien de leurs enfants (image retouchée conformément à la loi Évin)

 

 

  Comme vous le savez peut-être, le rôle des parents dans les établissements scolaires s'est considérablement accru depuis une bonne vingtaine d'années1. Je tenais à rendre compte de deux événements récents qui mettent en exergue les dérives de cet état de fait.



I - Fous ta cagoule (le parent militant)


  Parlons tout d'abord de l'occupation par les parents d'un collège du Lot qui s'est effectuée sans avoir prévenu les personnels administratifs, enseignants et d'éducation dudit collège. Je vous offre quelques documents, par exemple la Lettre à tous les parents d'élèves, et le « blog »2 du comité de parents qui y répond. C'est très instructif pour qui sait lire entre les lignes : enseignants qui ne souhaitent plus (et on les comprend) travailler en collaboration avec des parents qui martèlent leur doxa sur le poids des cartables dans toutes les commissions et tous les conseils auxquels ils peuvent assister, quand ils ne se plaignent pas des absences des professeurs en formation (les salauds) ou, on l'imagine, malades (les méchants). Ces mêmes parents qui se permettent de mettre en ligne des comptes rendus à peine orientés des conseils d'administration (au cours desquels ils s'indignent de choses telles que la non possibilité pour leurs suppléants de voter (!!)) et des conseils de classe. Tout ça pour finalement faire une action d'envergure en empêchant la secrétaire de répondre au téléphone et en lui éteignant son ordinateur… Non, vraiment, ça donne envie !

  Qu'on me comprenne bien : la réduction des moyens horaires dans les établissements scolaires3 est proprement scandaleuse et doit être combattue. Peut-être cela n'impose-t-il pas néanmoins d'arriver sans prévenir à moitié à poil, cigarette au bec dans l'établissement et cagoule sur la tête en hommage aux indiens du Chiapas4, et ce au mépris de toutes les lois existantes. Que les revendications soient — pour certaines d'entre elles — justes n'autorise pas tous les délires. Je n'ose imaginer ce à quoi doit en réalité ressembler un conseil d'administration quand j'en lis les rapports surréalistes proposés par ce comité de parents et qui sont pourtant censés présenter les choses à leur avantage.


 

II – Fous tes œillères (le parent humaniste)


  Mais au delà de cette situation rocambolesque qui montre comment on a confié un énorme pouvoir de nuisance à finalement très peu de gens, je tiens surtout à vous parler de ce qui vient d'arriver à une collègue enseignant le français en classe de sixième. Et pour ce faire, je lui laisse la parole :


« Une jeune collègue a bâti une séquence sur la Bible (travail remarquable !) et nous avons décidé de la mener ensemble dans nos classes de 6ème. Nous avons demandé aux élèves d'acheter la collection Bibliocollège, adaptée à leur niveau et c'est alors que les problèmes ont doucement commencé : remarques d'élèves d'abord (papa et maman ne veulent pas acheter ce livre, sont contre votre demande...), mots dans le carnet de liaison ensuite, coups de fil interminables le mercredi après-midi. Bref, j'ai bien senti que je m'aventurais sur un terrain glissant mais je me suis réfugiée derrière le B.O. et les programmes, disant que je ne faisais pas d'instruction religieuse, que cela faisait partie de notre patrimoine culturel et qu'étant un agent de l'État, je ne faisais que mon devoir.

  Dans la classe de ma collègue, un parent est allé plus loin et a téléphoné au Rectorat plusieurs fois, à la suite de quoi le Principal nous a convoquées toutes les deux en nous informant que l'inspecteur d'académie l'avait instamment prié de nous faire renoncer à notre séquence et de passer à autre chose car il ne voulait pas « faire de vagues » (sic) et ne voulait plus entendre parler de nous. J'imagine que ce parent a dû être particulièrement pénible (peut-être influent ?) et qu'il a dû exercer une certaine pression car quelques jours plus tard, le Principal est venu me voir dans ma classe (un peu gêné certes) me demandant de tout arrêter et de faire autre chose. Par chance, je corrigeais une évaluation et n'avais pas commencé la séquence. Les élèves avaient tout de même la Bible sur la table !
 Ma collègue avait de son côté envoyé un mail à l'IPR5 mais elle était débordée, ne nous a pas répondu assez vite et le temps qu'elle nous accorde son soutien, il était trop tard. L'affaire était close...
 À cela s'est ajoutée l'injonction de l'inspecteur de ne pas faire acheter de livres aux élèves. Le problème est que nous n'avons que très peu de séries, un nombre d'exemplaires insuffisant, et que nous n'avons pas non plus le droit de photocopier les oeuvres intégrales. Dans ce cas, je me demande comment travailler correctement ? Et comment travailler tout court !
 Bref, beaucoup d'énergie gaspillée, beaucoup de stress et la victoire stupide des parents... »

 

  En résumé : un professeur de Français fait acheter un livre6 (honte à lui !) pour traiter un point du programme7 ; quelques parents rouspètent, et finalement l'inspecteur d'académie leur donne raison au mépris des programmes. La Bible, mince ! L'une des deux mamelles de la culture occidentale (l'autre étant la culture gréco-latine), indispensable pour comprendre notre peinture, notre littérature, notre musique, nos symboles. Et c'est un agnostique qui vous le dit. Alors, si demain les parents trouvent que L'Odyssée c'est trop violent, que Le Petit Chaperon Rouge c'est trop triste, que les Fables de La Fontaine c'est trop cruel, on s'aplatira et on leur demandera pardon d'avoir osé penser qu'on pouvait traiter ces œuvres en classe, avant de retourner à des œuvres sans mort, sans sexe, sans références religieuses, sans violence, sans larmes, sans quoi que ce soit qui pourrait déplaire au premier venu ? En fait, la nouvelle traduction du Club des Cinq a de l'avenir, si on va par là…


 


1. Notamment depuis la Loi « Jospin » d'orientation sur l'éducation et son article 11 :  « Les parents d’élèves sont membres de la communauté éducative. Leur participation à la vie scolaire et le dialogue avec les enseignants et les autres personnels sont assurés dans chaque école et dans chaque établissement. Les parents d’élèves participent par leurs représentants aux conseils d’école, aux conseils d’administration des établissements scolaires et aux conseils de classe. […] L’État apporte une aide à la formation des représentants des parents d’élèves appartenant à des fédérations de parents d’élèves représentées au Conseil supérieur de l’éducation. »

 

2. Attention les yeux : site web 2.0 0.2 !

 

3. Via la DHG, Dotation Horaire Globale, véritable peau de chagrin.

 

4. Si si ! Je vous jure !

 

5. Inspecteur Pédagogique Régional

 

6. 2,81 euros sur un célèbre site, frais de port inclus.

 

7. « Textes de l’Antiquité : Le professeur fait lire des extraits choisis parmi les œuvres suivantes : - Le Récit de Gilgamesh*; - La Bible*, […] »

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:45

ouzilou

 

 

  Ce blog est décidément une chose extraordinaire, et je n'avais pas envisagé tout ce qu'il pouvait m'apporter (et ce n'est probablement pas terminé).

  Or donc, suite à mon article sur le livre de Colette Ouzilou qui traite de l'épidémie de dyslexie, j'ai eu la chance de m'entretenir avec cette dernière1. Cela m'a beaucoup touché : j'ai vu qu'elle aussi se battait, et depuis bien plus longtemps que moi ; qu'elle avait vu passer ô combien de marins ministres et de réformes ; que certains avaient tout compris mais rien pu faire tandis que d'autres n'avaient rien compris et tout fait de travers. Alors bien entendu, tout le monde croit détenir la vérité, et tout le monde veut voir triompher sa manière de penser. Mais si les débats tels que « faut-il dire galette ou crêpe ?2 » ou encore « Nantes est-il vraiment en Bretagne ?3 » sont finalement bon enfant, il est des croyances qui font beaucoup de mal. « Comment faut-il apprendre à lire ? », par exemple, est une toute autre affaire. 

 

  À cette question, Colette Ouzilou a souhaité apporter une réponse, sous la forme toute bête d'une méthode de lecture, « simple et rapide », écrit-elle. Je me la suis procurée, et j'avoue que ça a effectivement l'air simple et rapide. Et clair, qui plus est. Et bien expliqué. Les voyelles, les syllabes, avec des couleurs, des flèches, des dessins, des conseils, des textes que l'on peut déchiffrer et donc lire entièrement à l'aide des leçons précédemment étudiées (« Savoir lire, c'est savoir tout lire. »), et le tout dans une mise en page sobre, sans fouillis, sans délires. 

 

  Alors voilà, je tenais à l'indiquer à mes excellents lecteurs et à mes stratosphériques lectrices, qu'ils soient instituteurs professeurs des écoles, parents désespérés ou simplement prévoyants, tonton/tata voulant faire un cadeau, élèves de CP4 : ça s'appelle J'apprends à lire et à écrire, méthode simple et rapide, ça se commande facilement, et c'est fait par quelqu'un de bien5.

 

  Je laisse le soin à mes lecteurs professseurs des écoles instituteurs de se servir de mes commentaires pour apporter des précisions, proposer des alternatives (je sais qu'il existe d'autres très bonnes méthodes à principe alphabétique6 dans le commerce), émettre d'éventuelles réserves… bref, c'est à vous ! 

 

 



1. Colette Ouzilou, et non l'épidémie. 

2. … sac ou poche, pain au chocolat ou chocolatine… choisissez votre débat préféré !

3. Et je ne parle pas du Mont-Saint-Michel !

4. mais s'ils me lisent, c'est peut-être qu'ils n'ont pas besoin de la méthode ! 

5. Et 5% du prix d'achat m'est revers… ah ! en fait non, mince ! 

6. Faut-il dire méthode alphabétique ou méthode syllabique, au fait ?

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 20:27

 

 

 

 Souvenez-vous…

 

  Nous étions en avril 2010. On ne parlait que de ça. Ça, c'étaient les États généraux de la sécurité à l'école. On était allé chercher la terminologie dans le lexique historique le plus élevé de notre pays. Ah ça irait ça irait, la violence on l'aurait ! 

 

  Plus d'un an plus tard sont sortis le décret et la circulaire résultant de ce grand chambardement, obligeant les établissements à modifier fissa leur règlement intérieur. Cela a d'ailleurs permis à votre serviteur de se pencher un peu sur ladite bafouille, pour voir ce qu'elle avait dans le ventre.

 

  Ceci n'est pas une pipe une circulaire pour lutter contre la violence à l'école. Ceci est une opération de communication qui fait croire que, mais qui, en fait, non. Même l'inverse. Tout le contraire.

 

 Prenons simplement un petit bout de préambule. Après avoir rappelé que l'indiscipline c'est pas bien et que la sérénité c'est mieux, il ose un (c'est moi qui graisse) : 

 

Tout d'abord, parce que l'établissement scolaire est un lieu d'apprentissage et d'éducation, toute sanction qui y est prononcée doit prendre une dimension éducative. Or, il ne peut y avoir de sanction « éducative » au sens plein du terme si, en amont, les règles du savoir-vivre en collectivité n'ont pas été clairement présentées, rappelées et intériorisées. Cela est particulièrement nécessaire au niveau du collège où un travail pédagogique sera réalisé autour d'une charte des règles de civilité, adoptée par le conseil d'administration en même temps que le règlement intérieur. Le socle commun de connaissances et de compétences, notamment par la compétence 6 « compétences civiques et sociales », aborde cet apprentissage et sa maîtrise par l'élève.

 

  Vous avez bien lu : la sécurité à l'école n'est pas une évidence, c'est un apprentissage du socle commun qui nécessite pédagogie et intériorisation. On va faire une charte pour bien intérioriser le fait que non, tu ne donnes pas une beigne à ton professeur s'il te demande ton carnet. Et n'oublie pas de requérir une validation dans la compétence 6, au passage. 

 

  Bref, avec un tel préambule, on sent qu'on est mal parti. Et on n'est pas déçu. Vous rappelez-vous cette joyeuse prise de bec autour du concept d' « automaticité de la sanction » (ça avait fait hurler dans les chaumières). Rassurez-vous, il n'y a nulle automaticité de la sanction : il n'y a qu'automaticité de la saisine du conseil de discipline en cas de violence physique à l'égard d'un membre du personnel, et engagement d'une procédure disciplinaire (qui peut donc être autre chose que le conseil de discipline sus-mentionné) « en cas de violence verbale à l'égard d'un membre du personnel de l'établissement ou en cas d'acte grave à l'égard d'un membre du personnel ou d'un élève ». Ils décideront bien ce qu'ils veulent, et, rassurez-vous encore, on les aide dans la suite du document à ne pas décider des choses trop traumatisantes. 

 

  En effet, nonobstant un fourbe passage dans la section des sanctions qui claque la porte au nez de la punition collective (l'un des grands sujets de débats éternels… et vous ? Pour ou contre ?), pourtant parfois bien pratique pour rétablir une situation qui risque de déborder, on apprend surtout cette chose extraordinaire :

 

L'exclusion définitive de l'établissement ou de l'un de ses services annexes peut avoir des conséquences préjudiciables à la scolarité de l'élève et apporte rarement une solution durable au problème posé.

 

Affirmer qu'une action dont la portée est définitive n'apporte pas une solution durable, c'est un de ces beaux paradoxes dont notre système a le secret1 : mais il faut bien comprendre qu'on ne se placera jamais que dans la peau du f… de m… chenapan brimé par la méchante autorité et qu'il faut inlassablement savoir écouter, et jamais dans celle de ses camarades empêchés de travailler, martyrisés, soumis à pression et crachats, voire attouchés ou harcelés2. Heureusement, à la place de cette exclusion définitive à laquelle il ne faudrait en fait jamais avoir recours (c'est un aveu d'échec, n'est-il pas ?), nous avons des choses formidables telles que… la diminution de la durée possible des exclusions temporaires (nouveau paradoxe : pour améliorer les choses, réduisons les possibilités d'action), ou encore la mesure de responsabilisation. Vous allez voir, c'est merveilleux ! 

 

  La mesure de responsabilisation consiste à faire participer le f… de m… sacripan à des activités de solidarité, à des tâches à fins éducatives. Soit c'est à l'intérieur de l'établissement, et donc il y a forcément un adulte qui va devoir se coltiner l'énergumène alors qu'il a sans doute mieux à faire. Soit c'est à l'extérieur (ce qui demande tout un travail kafkaïen pour créer des partenariats avec des organismes et des associations), et dans ce cas… l'élève et/ou sa famille peuvent refuser la chose, et retour à l'intérieur de l'établissement. Fabuleux, isn't it ?

 

  Enfin, pour éviter de réunir le méchant conseil de discipline, on vous a créé la « commission éducative », composée à peu près comme on voudra (d'un établissement à l'autre, on pourra donc avoir de sacrées variantes), mais contenant évidemment au moins un représentant des parents d'élèves, sinon ce n'est pas drôle… Ce merveilleux organe pourra disserter du « cas », faire de belles propositions, assurer le service après-vente des contrats qu'elle aura mis en place et surtout… elle ne prendra aucune sanction. Comme ça, au moins, on est tranquille. En gros, c'est un peu une annexe du café du commerce mise à la disposition des établissements scolaires. Qu'est-ce qu'on va s'amuser à se faire des réunions inutiles supplémentaires : on en manquait.  

 

  Pour résumer : un bel effet d'annonce, une consultation pourrie d'avance par les bons sentiments et la victimisation de celui qui n'est pas la victime, et donc un texte qui met en place exactement l'inverse de ce qui était annoncé. On avait prévu de renforcer l'autorité ? C'est le laxisme qui sort gagnant du processus. 

 

 


 

1. Quelques autres beaux paradoxes dont notre système a le secret : « Si les élèves ne savent plus lire, c'est parce qu'on n'a pas assez appliqué nos merveilleuses réformes », « pour améliorer les choses, supprimons l'épreuve de culture générale », « puisque les élèves ne maîtrisent pas leur langue, faisons-leur faire de l'anglais à la place », « pour faire monter le niveau, diminuons le nombre d'heures de cours et remplaçons-les par des projets interdisciplinaires »…


2. Je rappelle qu'une grande campagne est en ce moment-même lancée contre le harcèlement à l'école. On donnerait à la communauté scolaire les moyens d'agir, et on arrêterait de faire pression sur les chefs d'établissement pour qu'ils ne fassent pas de vagues ou pour qu'ils diminuent leur nombre de conseils de discipline qu'on aurait fait un nettement plus grand pas en avant qu'en mettant en ligne un site internet bourré de moraline. 

 

 


 

  

 


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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 17:56

joey-starr

 

  Quand j'étais petit, je fis un œil au beurre noir à un de mes camarades. Mais ce n'est pas parce que j'étais la terreur de la cour de récréation, mais plutôt parce qu'il m'avait quand même sacrément cherché. Ce fut je crois le seul acte de violence physique que je commis de tout ma vie. 

 Quand j'étais encore petit, j'étais plutôt du genre à être défenseur au foot. Pas par goût (si l'on m'avait demandé mon avis, j'aurais plutôt été jouer au tennis de table), mais parce que bon, je ne brillais pas par mes qualités athlétiques, dirons-nous. 

  Quand j'étais un peu moins petit (je fus assez vite moins petit, d'ailleurs), je réussis enfin à me blesser en faisant du sport. Mais c'était à cause d'un fosbury bien trop horizontal et déclenché légèrement trop tôt et qui m'avait amené dans le poteau plutôt qu'au-dessus de la corde. Bref : même pas une vraie blessure de guerre. 

  C'est pourquoi il est quand même amusant de signaler qu'aujourd'hui, j'ai fait partie du service d'ordre de la manifestation des professeurs du second degré contre les suppressions de postes et le nouveau projet d'évaluation des enseignants par le seul chef d'établissement1. J'étais l'un des mecs avec un brassard rouge qui tient la corde devant la grande banderolle. Eh bien oui, j'étais là ! Mais hélas, je n'eus pas l'occasion de prouver virilement mon accession à ce groupe de mâles qui comporte aussi les videurs de boîte de nuits, les combattants de street fight, Chuck Norris, Daniel Balavoine dans Starmania et Joey Starr dans sa vie comme au cinéma2

 

  Eh bien c'est une expérience passionnante, je dois dire. Tout d'abord, vous êtes aux premières loges : tous les journalistes, toutes les caméras sont devant vous, TF1, LCI, BFM… tout le monde est là. Mais une fois le démarrage effectué, hormis les merveilleux slogans qui vous accompagnent — cette fois-ci, nous eûmes des choses telles que « ni en primaire, ni en collège, ni en lycée… aucune, aucune, aucune suppression de poste !3 » — c'est d'un incroyable calme. Vous vous retrouvez à marcher en plein milieu des plus belles rues de Paris sans personne devant vous (la manifestation étant derrière, forcément). C'est un étrange sentiment de liberté — d'autant plus étrange que vous tenez à la main votre propre enclos. 

 

  C'est ainsi qu'il ne faut, je crois, jamais préjuger de ses choix à venir ni de l'évolution de votre existence. Parce qu'un intellectuel dépolitisé, ça peut devenir un militant syndical qui tient une corde. C'est ça, la magie de l'Éducation Nationale ! 

 

Bonus : choses vues 

  • La corde, ça n'a aucune efficacité contre un enfant de 5 ans.Il passe bien en-desssous. 
  • À un moment, on fit stopper tout le cortège pour laisser traverser — sur un passage clouté d'ailleurs — une vieille dame embéquillée. Moment surréaliste.
  • Je n'ai même pas vu une seule célébrité du Parti Socialiste. Il y avait un minuscule regroupement d'une dizaine de jeunes gens sans doute charmants, mais bon, c'était tristounet. 

 

 


1. Une monstruosité dont j'essaierai de vous reparler.

2. Jeu-concours : trouvez l'intrus. Lot : le brassard rouge porté par le taulier lors de cette grande manifestation.  

3. Je cite de tête. Malgré son aspect martelé, le slogan semble avoir glissé sur ma faculté de mémorisation…

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 21:20

portecachot

 

  Comme vous l'avez peut-être déjà vu et lu, cette année, j'ai une classe qui me permet enfin de bloguer un peu sur mon quotidien. Chaque nouveau cours est une nouvelle occasion d'être surpris, ébahi, atterré… et je pourrais continuer la liste des synonymes1.


  Or donc mercredi dernier, je finissais mon cours par un beau et grand laïus sur l'élève-son comportement-sa concentration, sur le fait que si tout le monde avait des mauvaises notes, ce n'était pas parce que leurs professeurs étaient de vilains sadiques aux doigts crochus mais bien parce qu'ils n'étaient pas bons, et que n'être pas concentré en classe n'aidait pas à s'améliorer… j'enchaînais sur la politesse, la prise de parole… bref, un condensé de dressage d'éducation de la classe.

  Le lendemain, elle était souriante fatigante. Trois retards, non justifiés évidemment. Les élèves une fois assis ne purent s'empêcher de se faire des remarques les uns aux autres comme si je n'étais pas là. En pleine lecture de la pourtant magique fable « Le Loup et l'Agneau », Elmire tournait frénétiquement (et bruyamment) les feuilles de son classeur à la recherche de la fable perdue. Et là, soudainement, j'en ai eu assez.


   Qu'on me comprenne bien : je n'ai rien contre les élèves d'un bas niveau scolaire. On peut passer d'excellents cours avec des classes très faibles. Je n'ai rien non plus contre les classes mornes et muettes : après tout, s'ils travaillent, c'est l'essentiel… le lien, l'animation, la convivialité, tout cela ne vient qu'après. Mais j'ai fortement contre les classes désagréables, quel que soit leur niveau d'ailleurs. Et là, je crois qu'on tient le pompon : ces élèves ne semblent pas élevés, éduqués. Une collègue mienne les comparait à des « sauvageons », non pas dans le sens où ils tagueraient le mur de la cantine ou briseraient les vitres de l'établissement à grands coups de barre à mine, mais dans le sens où ils semblent des êtres à l'état sauvage, lâchés dans une salle de classe comme ils pourraient l'être n'importe où, et se comportant sans même savoir dans quel lieu ils se trouvent, quelles en sont les règles, les contraintes… Et ce, même pas par mauvais esprit, mais par un mélange extraordinairement insoutenable d'une ignorance étalée à la face du monde d'une part, et d'un sentiment quasi spontané de supériorité que rien ne vient, jamais, justifier d'autre part. Cela se traduit par une remise en cause courante de la parole professorale — rangée au rang des voix extérieures qui constituent une forme de nuisance sonore —, par une façon de s'interpeller, de se commenter les uns les autres sans aucune retenue, sans aucune conscience d'un éventuel « cela ne se fait pas », et enfin par une attention sporadique, qui conduit à la répétion sysiphienne des mêmes réponses aux mêmes interrogations, des mêmes consignes d'exercices que j'ai déjà expliquées, et surtout par un phénomène d'« interruption incongrue du cours », puisque dès qu'une question vient en tête à nombre d'entre eux, ils la voisent automatiquement, peu importe le contexte. Ma collègue s'est vue demander la date de son anniversaire en pleine explication historique, et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

  J'en ai donc eu assez, et ai mis en place une stratégie que je n'aime pas, mais qui est très souvent efficace : celle de la porte de prison2. La porte de prison ne crie pas : elle grince. La porte de prison ne répond pas : elle se tait. La porte ne prison ne s'ouvre pas : elle se ferme. Concrètement, ça donne un prof qui gratte au tableau, qui signale sur un ton ni-narquois mi-déprimant aux élèves qui ont le doigt levé qu'ils vont attraper une crampe, qui sanctionne de façon visible d'une croix tout manquement aux règles de la classe sans même ajouter un commentaire, qui lit d'un ton monocorde3, qui efface le tableau quand il juge que c'est bon, tout le monde a eu le temps d'écrire, et tant pis pour les rêveurs. 

 

  Le calme fut quasi absolu pendant deux heures. Là où l'humour, les tempêtes, les leçons de morale, l'écoute avaient échoué lamentablement à transformer les zébulons en élèves, la porte de prison fut radicale. Pas un bruit, et je crois une (légère) prise de conscience que oui, là, clairement, quelque chose n'allait pas, qu'il y avait un décalage entre ce qu'ils étaient et faisaient et ce qu'ils devaient être et faire. Alors je ne dis pas que cela durera, je ne dis pas que brusquement la classe va se rendre compte que le rapport élève/professeur symbolise le passage du monde de l'ignorance à celui du savoir (et là, eux, je leur demande juste de venir toquer à la porte de mon monde, pour le moment). Mais s'il faut faire la porte de prison toute l'année, eh bien je le ferai et, croyez-moi, c'est tout sauf un plaisir : le temps passe bien lentement, et l'on n'aime pas l'image que l'on renvoie de soi.  

 


1. Et d'ailleurs je le fais pour vous, merveilleuses lectrices, fantastiques lecteurs : interloqué, sidéré, médusé, éberlué, ébaubi, consterné, chagriné, catastrophé.

 

2. Et voilà qui apporte la solution de l'énigme que constituait le titre de mon article !

 

3. La Fontaine, me pardonneras-tu un jour ? 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 18:55

persuasion

 

 

  Lundi dernier, prévenue par une amie chère, j'allais assister à un Rendez-vous de la crise organisé par l'EHESS sur le thème : « Mais que fait l'école ? ». Il faut dire que le casting du débat avait de quoi m'allécher : réunir dans une même salle François Dubet1 et Philippe Meirieu2, ça donne envie de poser des bombes prendre des notes ! Comme troisième larron, le philosophe Marcel Gauchet, à qui l'on peut pour le moins prêter une pensée construite et intéressante (et dans laquelle, j'avoue, je me retrouve souvent).  

 

 

Quand le virus établit lui-même le diagnostic

 Ouvrant la partie « Diagnostics », François Dubet attaque fort : l'école produit trop d'inégalités à cause des pratiques scolaires, de son tropisme élitiste. La course aux diplômes accroît l'inégalité, tout le monde est stressé, donc crise de la transmission, doublée d'une crise de la capacité politique pour prendre en charge les problèmes éducatifs. 2/3 références au milieu de tout ça aux études internationales pour faire bonne mesure. On ne va pas très loin, et on sent l'idéologie pointer déjà le bout de son nez.

  Marcel Gauchet prend alors de la hauteur et dit à mon sens des choses très justes : l'école, institution investie d'énormément d'attentes, joue un rôle substitutif (on lui demande de transformer l'avenir, de faire que les individus s'épanouissent, d'instaurer l'égalité et de faire accéder à la citoyenneté). Comme la réalisation est forcément inférieure à l'attente, on n'est jamais satisfait de l'école. Gauchet évoque ensuite les raisons spécifiques de son échec : la réalité qui n'a pas été conforme à l'idéal de massification, la question des méthodes pédagogiques3. À un moment, très intéressant développement sur la famille, sur son rapport problématique à l'école, sur le caractère contradictoire de ses demandes : la famille demande à l'école ce qu'elle-même ne veut ou ne peut plus faire ; mais la famille récuse l'école comme institution (elle se place en consommatrice). In fine, Gauchet formule clairement la mission primordiale de l'école : la maîtrise de l'expression, l'emploi du langage, le maniement de la logique. Bref : apprendre à parler et à écrire. On ne le lui fait pas dire.

  C'est alors un grand moment de Philippe Meirieu. Papelard, il trouve le moyen de brosser un tableau apocalyptique et révoltant de l'école aujourd'hui, oubliant peut-être un peu vite sa part de responsabilité dans l'affaire. Peu importe : il dit ce que les gens ont envie d'entendre, se permet même une petite sortie réac' sur le principe délirant de vouloir savoir sans apprendre, stigmatise la médicalisation du système scolaire à grands coups de dys-4, et termine sur la notion de « transmission du plaisir », tout aussi vraie que son emploi en clausule est démagogique. 

 

 

Les incompétents heureux

 S'ensuit un « débat » (à grands coups de « je rejoins ce qu'a dit machin ») durant lequel Meirieu lâche cette bombe au sujet du livret de compétences : « conception technocratique des savoirs » (la citation est rigoureusement exacte). Oui, l'homme dont la définition de la compétence est reprise à tous les étages de la mise en place du dit livret, est contre. Après recherches, c'est effectivement une position qu'il a soutenue à de nombreuses reprises ces derniers temps, critiquant la « dérive behavioriste » de la chose (qui est d'ailleurs tout à fait observable), mais tout en disant que la notion de compétence est féconde… bref, du Meirieu de la plus belle eau, qui parvient à faire croire simultanément à sa souplesse et à sa rigidité sur le sujet, qui fait semblant de prôner une position médiane et de bon sens, pleine de byzantines nuances pour montrer que sa pensée est évoluée, quand en réalité il contribue au carnage. En même temps, je dois dire que c'est fascinant, car on se surprend à être d'accord avec ce qu'il dit : il y a chez cet homme un art de l'esquive, du poids exact de chaque mot, de chaque formulation, pesés dans des balances de toile d'araignée, qui émerveille. Même ses pires ennemis le disent « homme de dialogue » : il me semble que ce doit non pas être pris dans le sens d'un homme avec qui l'on peut dialoguer, mais d'un homme dont l'échange de parole constituerait l'essence-même. Il est dialogue.  

  Un moment amusant : François Dubet avouant son incompétence sur la question de la pédagogie, avant de finir la séance par une revendication de faire le lien entre le primaire et le secondaire afin de faire déteindre le premier sur le second (en mettant des profs plurivalents aux premiers échelons du collège, par exemple), lançant au passage une pique à l'égard du SNES5, qui n'avait rien demandé. Quand on ne connaît rien à la pédagogie, on ne prétend pas avoir des idées sur la façon dont il faudrait s'y prendre pour l'améliorer.

 

 

Astérix est là !

  Cerise sur le gâteau, avec Philippe Meirieu, nous discutâmes — puisque le public avait le droit de poser des questions, je ne m'en suis pas privé — au sujet d'Hésiode et d'Astérix, figurez-vous. Philippe Meirieu avait narré son expérience d'enseignement récente dans une classe de lycée pro, expérience au demeurant stupéfiante quand il a vu les énergumènes en face de  lui (qu'il avait lui-même contribué à créer, mais bon passons…). Et de nous tirer une petite larme sur le fait qu'il fallait être ambitieux pour et avec eux, et qu'on pouvait par exemple tout à fait intéresser ces jeunes gens à Hésiode. Les grands auteurs, la grande culture, l'intelligence du monde qui parle à l'intelligence de l'homme, tout ça. Oui mais alors pourquoi avait-on promu la littérature dite « de jeunesse » jusque dans les moindres recoins du collège (dans des programmes, en 2002, qu'il avait lui-même applaudis) ? Pourquoi avais-je vu enseigner Astérix (au demeurant une excellente BD) en œuvre intégrale dans une classe de Sixième (et ce n'était certes pas un exemple isolé : des exemples comme ça, j'en ai plein ma musette) ? Ah mais c'est qu'on peut se servir de l'un pour accéder à l'autre, me répondit l'ami Philippe, enchaînant sur la possibilité d'utiliser les mangaspour atteindre les grands thèmes de la-littérature-la-vraie. Philippe Meirieu a-t-il pris connaissance des horaires de français au collège ? Quand il dit qu'il faut pratiquer l'écriture longue — apparemment si souvent pratiquée au primaire7 —, qu'à l'entrée au collège les élèves se retrouvent à ne faire que des réponses courtes et des QCM (oui, il a dit ça, collègues de collège), peut-on savoir sur quoi il se fonde ? Et l'écriture longue régulière, au fait, je la pratique quand ? Pendant le cours d'EPS ou d'Espagnol ? 

  Au final, je dois dire qu'il fut agréable d'entendre ces messieurs car oui, les constats étaient souvent justes, et certaines idées de Gauchet me semblent d'ailleurs très productives à ce sujet. Néanmoins, c'est toujours un peu étonnant de voir des personnes qui n'enseignent pas (ou plus depuis fort longtemps, ou alors juste une année comme ça pour se donner le frisson) prétendre en savoir plus que nous sur ce qui se passe dans un établissement scolaire et affirmer qu'elles savent comment il faut améliorer les choses qu'elles ont, parfois, contribué à dégrader. J'ai en tous les cas pu assister à une magnifique leçon de double discours par le maître du genre, et rien que pour ça, ça valait largement le déplacement ! 

 

 


1. François Dubet est un sociologue « spécialiste » de l'école. Il est surtout réputé pour sa production de livres sur le sujet et pour être aimé des cahiers pédagogiques et du café pédagogique itou. 

 

2. Faut-il vraiment présenter Philippe Meirieu ?

 

3. Je sursaute quand il affirme que les méthodes traditionnelles sont inadéquates tandis que les méthodes nouvelles sont dévoyées. Il me semblait que c'était plutôt l'inverse, en fait.

 

4. Dyslexiques, dysorthographiques… Avez-vous lu le livre de Colette Ouzilou sur le sujet, délicieux lecteurs, lectrices à croquer ? Elle y montre que ce sont très exactement les méthodes encouragées par Meirieu et sa clique qui sont à l'origine d'une grande partie de cette fausse épidémie. Ou comment rendre un homme sain malade avant de le présenter au public pour susciter la terreur et la pitié du bon peuple devant le spectacle.

 

5.Syndicat majoritaire du secondaire, qui, comme le SNALC, est contre (merci à lui !)

 

6. Loin de moin l'idée de dénigrer les mangas, dans lesquels il y a des merveilles dont je me délecte.

 

7. Mais le plus souvent sans aucune ponctuation ou avec une ponctuation aléatoire, semblerait-il d'après mes copies de 6e… 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 10:36

argent2

 

 

  Le GRIP (Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes) est quelque chose qui me tient à cœur. Il tente de remettre l'enseignement dans le primaire sur ses deux jambes, en définissant des programmes expérimentaux logiques, ambitieux, bien construits, et en rédigeant les manuels qui vont avec, année après année. Le travail est tout bonnement remarquable : j'ai moi-même pris un certain nombre de choses concernant la grammaire sur leur site pour m'en servir. Ainsi, quand cette lettre ouverte est venue à ma connaissance, je me suis dit que je devais vous la faire partager. Pour une fois qu'on a des innovateurs, des expérimentateurs qui font des choses vraiment sérieuses et clairement bénéfiques pour les élèves… on leur coupe les bourses. Merci à mes lecteurs, et notamment à mes lecteurs professeurs des écoles, mais aussi parents d'élèves scolarisés en primaire, de faire remonter la chose, s'ils le désirent, par la voie hiérarchique de l'inspection. Et que les professeurs des écoles qui découvrent le GRIP à la lecture de l'article n'hésitent pas à se rendre sur leur site (note de bas de page n°1) : une fois encore, le travail qui y est réalisé est remarquable, et les manuels proposés sont de grande qualité. 


 

LETTRE OUVERTE DU GRIP À MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE

 

Monsieur le Ministre,

 

Par lettre de votre chef de cabinet adressée à Jean-Pierre Demailly, membre de l’Académie de sciences et président du Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes (GRIP), nous avons appris que la subvention accordée depuis 2005 à notre association porteuse de l’expérimentation SLECC, déjà réduite de deux-tiers l’an dernier, était supprimée.

 

Seule raison alléguée : « un contexte budgétaire restreint ».

 

Cette décision appelle de notre part deux remarques que nous estimons devoir rendre publiques parce qu’elles touchent à l’avenir de l’École.

 

La première vise l’erreur de gestion que vous commettez. Dans une nation organisée, quelle que soit la rigueur des temps, la dépense, en effet, ne se mesure pas en termes étroitement comptables mais en fonction de sa rentabilité.

 

De ce point de vue, les subventions consenties par vos prédécesseurs, François Fillon, Gilles de Robien et Xavier Darcos, à l’expérimentation SLECC ont produit des gains difficilement contestables. Il suffit de consulter les résultats des classes concernées aux évaluations nationales pour s’en convaincre. Qui plus est, s’appuyant sur la pratique des enseignants SLECC, le GRIP a pris l’initiative, afin d’étendre le bénéfice de l’expérience, de publier des manuels de classe (lecture, calcul, grammaire, observation) qui rencontrent dans la profession un intérêt croissant1 et ont amené le CNES à solliciter les professeurs des écoles du GRIP pour une mission de formation, malheureusement différée, des instituteurs haïtiens.

 

C’est cette expérimentation en plein développement, si utile pour le redressement de l’école primaire et le rayonnement international de la pédagogie française que vous condamnez à péricliter pour économiser la somme exorbitante de 13 500 euros.

 

Au sein de votre ministère, pourtant, des dépenses moins productives, d’un tout autre ordre de grandeur, et dans lesquelles vous auriez pu trancher, ne semblent pas avoir été soumises, comme le notait récemment la Cour des comptes, à la même rigueur budgétaire2.

 

Faut-il comprendre — ce sera notre deuxième remarque — que la réduction de l’échec à l’école primaire est passée, en dépit de tous les discours, au second plan de vos préoccupations ?

 

Cet objectif, auquel les membres du GRIP se sont entièrement consacrés, demeure pourtant la priorité des priorités.

L’INSEE vient de publier une étude des plus préoccupantes sur les élèves en difficulté de compréhension à l’issue du CM2 et leur parcours ultérieur. En voici le résumé : « Depuis dix ans, leur proportion a augmenté. Le phénomène concerne maintenant un élève sur cinq et il augmente particulièrement dans les collèges en zones d'éducation prioritaire (ZEP). À l'entrée en sixième, le pourcentage d'élèves en difficulté de lecture dans le secteur de l'éducation prioritaire est passé de 20,9% en 1997 à 31,3% en 2007. »

 

Conséquence : « En fin de collège, dans les collèges de ZEP, la proportion d'élèves dans les niveaux de performances les plus faibles est passée de 24,9% en 2003 à 32,6% en 2009". Et les difficultés des élèves les plus faibles s'aggravent. »3

 

Est-ce vraiment le moment de couper les vivres à une association qui, parmi d’autres, œuvre avec efficacité et de manière désintéressée à la réduction de cet échec ? En lecture, mais aussi en calcul, et du point de vue de la formation intellectuelle générale.

 

Assurer au primaire, de la maternelle au CM2, l’acquisition par tous et chacun des bases culturelles indispensables à la poursuite d’études, c’est le seul moyen, Monsieur le Ministre, d’éviter la mise en place de tardives et vaines remédiations, et de ne pas faire du collège le chaudron des déceptions et des violences.

 

C’est d’autant plus urgent que des voix s’élèvent pour suggérer le renoncement. Ainsi la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), qu’on a connue mieux inspirée, recommande une éducation spéciale, à programmes réduits4, pour les enfants des quartiers défavorisés, programmes inférieurs en contenus à ceux consécutifs à la loi Falloux de 1850.

 

Le GRIP, au contraire, inscrit son action, avec l’expérimentation SLECC, dans la continuité avec le projet des fondateurs républicains de l’Instruction publique.

 

Ce projet, il convient d’en rappeler les termes :

« L'instruction primaire, telle que la définit la loi du 28 mars 1882, n'est plus cet enseignement rudimentaire de la lecture, de l'écriture et du calcul que la charité des classes privilégiées offrait aux classes déshéritées : c'est une instruction nationale embrassant l'ensemble des connaissances humaines, l'éducation tout entière, physique, morale et intellectuelle ; c'est la large base sur laquelle reposera désormais l'édifice tout entier de la culture humaine. » (Ferdinand Buisson, 1887)

 

Fournir aux éducateurs de ce pays, après les avoir expérimentés et confrontés au jugement des enseignants, les instruments de travail utiles pour avancer, avec d’autres, dans cette voie, la seule digne d’un pays moderne, c’est le but que le GRIP s’est fixé.

 

La suppression de la subvention plus que modique qui lui était accordée n’est pas une mesure d’économie. Elle ne peut être interprétée que comme un signe de plus d’une politique régressive en matière d’instruction.

 

Il ne tient qu’à vous, Monsieur le Ministre, de démentir ce signe et de rétablir cette subvention, voire d’oser la relever à son niveau de 2009.

 

Le Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes.

01-01-2012

 

 


1. http://www.slecc.fr/

2. http://www.vousnousils.fr/2011/11/07/hausse-de-41-en-4-ans-des-depenses-de-communication-des-ministeres-de-leducation-516100

3. http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/FPORSOC11l_D1_Eleves.pdf

4. http://www.fondapol.org/etude/12-idees-pour-2012-3/

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 23:11

débâcle

 

 

  L'année dernière, délicieux lecteurs, délectables lectrices, j'avais des classes agréables, tranquilles, paisibles… bref, rien qui ne m'a permis de pondre un article de blog digne de ce nom sur mon « vécu ». Heureusement pour vous, cette année, grâce à la Sixième de l'Angoisse, c'est toutes les semaines feu d'artifice ! Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, c'est ici et . Pour les autres, réjouissez-vous : voici un nouvel épisode ! 

 

 

  Or donc, ma fougueuse collègue de dessin d'Arts Plastiques en avait une bien bonne à nous raconter lors du repas de Noël. Avant de sortir rouge comme une pivoine à la fin de son heure car Philinte lui avait gentiment signalé que son cours était chiant, elle avait eu l'occasion de revenir un peu sur le conseil de classe avec Dorante, le délégué, qui semblait pourtant avoir quelques neurones en état de marche au début de l'année… Or Dorante ne se souvenait pas du tout y avoir assisté ! Mais si, enfin, Dorante, la réunion, là, avec les professeurs de la classe, où ils ont mis des félicitations des avertissements ! Ah oui, ça revenait à Dorante. Mais bon, elle ne servait à rien, quand même, cette réunion. Mais comment ça, Dorante, elle ne servait à rien ? Ah ben quand même, tous les élèves avaient la même moyenne, alors bon, quel intérêt… 

  Ça, Dorante, c'était la moyenne de classe… 


***

 

  Branle-bas de combat au collège Jean-Baptiste Poquelin : le Chef, ulcéré par l'accumulation de crachats aux quatre coins de l'établissement, s'est fendu d'une poétique lettre ouverte1 aux élèves dans laquelle il assimilait les fautifs à des gastéropodes ou à des pigeons pataugeant dans leur fiente. Lettre ouverte transmise aux délégués qui la lirent à leur petis camarades. Bilan de Cléonte suite à la lecture, devant mon immarcescible collègue d'Histoire-Géographie : 

  « Mais pourquoi le Principal, il veut que les pigeons nous chient dessus ? »

 

***

 

  Pendant ce temps-là, votre serviteur enrichit le vocabulaire des petites merveilles qu'il a en face de lui. Après avoir courageusement expliqué ce qu'était une sirène qui retentit (« le truc qui fait du bruit sur une voiture de police ») et habilement décrypté les arcanes du verbe nouer (« faire un nœud »), me voilà soudain endossant la casquette du botaniste au fil de puissants exercices de grammaire sur le présent de l'indicatif. Oui, Dorimène, la primevère est une fleur. Mais oui, Arminte, le bleuet est une fleur, aussi. Même qu'elle est bleue. Comment, Cléonte ? C'est quoi une pâquerette ? Eh bien, c'est une marguerite en plus petit. Ah oui mais non, vous ne savez pas ce qu'est une marguerite, suis-je bête. Eh bien une pâquerette, c'est une fleur blanche avec le centre jaune (j'ai habilement évité le mot « pétale », on ne sait jamais, Elmire ne le connaît peut-être pas…). J'en profite pour glisser que le coquelicot est une fleur rouge, on ne sait jamais, ça me fera peut-être gagner du temps sur un prochain exercice. 

  Rappelons donc que mon collège se situe en pleine cambrousse, entre une forêt, des prés et des champs. Des pâquerettes, il n'y a que ça, autour d'eux (certes, pas en décembre).

 

***

 

  Le pire est qu'il ne sont pas forcément désintéressés (sauf quelques irrécupérables, déjà). Mais ils n'ont pas accès à ce qu'on leur enseigne. Lire et comprendre une consigne est pour la plupart un acte quasi insurmontable. En contrôle, je me vois obligé de répondre à quatre fois plus de questions que la normale, sinon certains font absolument n'importe quoi. J'ai réussi à les accrocher sur les contes de fées, en leur parlant symboles, violence, sang et psychanalyse. Hyacinte a même retenu ce mot compliqué, et pourtant Hyacinte ne retient rien. Mais là, je feuillette leurs contrôles, et sur la terrible question « Citez trois auteurs célèbres de contes de fées. Donnez pour chacun le titre d'un conte qu'il a écrit. », on y croise « les frér Grim » ou encore « les frères grime », « Ordensenne2 », sur une même copie trois fois Charles Perrault avec trois contes différents3,  « Chare D'orlean4 », et même… personne, alors que sur le sujet, on a un extrait de « La Barbe bleue » de Perrault, avec comme il se doit nom de l'auteur et titre de l'œuvre indiqués à la fin. Notons que plus de la moitié des élèves n'a pas rédigé la réponse à la question, alors que c'est indiqué en bas du sujet, que je leur ai rappelé la chose au début du contrôle, et que je l'ai à nouveau dite pendant le contrôle.     

  À la rentrée, j'attaque les fables de La Fontaine. Je tremble déjà pour le loup, l'agneau, la cigale, le chêne, le bûcheron, le roseau et la fourmi. 

 

 


1. Une bien bonne polémique, ça encore. On s'éclate, parfois, quand on est Personnel de Direction ! 

2. Andersen… 

3. Bien essayé, Arsinoé !

4. Célèbre auteur de contes de fées s'il en est…

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 13:01

enfer

 

 

  Sur son blog, ma collègue Kétamine, dont je vous avais déjà parlé ici, nous raconte le quotidien de son collège, quotidien qui lui est arrivé en plein dans la figure. Une fois encore, chers lecteurs, aimées lectrices, je vous invite à aller la lire, à lui exprimer votre ressenti et, si vous le jugez bon, à transmettre autour de vous. Les gens doivent savoir ce qu'il se passe dans un certain nombre — voire un nombre certain — d'établissements scolaires français.

 

  Pour ceux qui veulent savoir de quoi il retourne, voici le début : 

 

 

Il est dans le couloir, je veux m'assurer qu'il est bien pris en charge, je l'accompagne jusqu'au hall où je pourrais trouver un surveillant ou CPE. 

Je suis près de lui mais je ne le touche pas.

 

- Touche-moi pas ! vas-y casse toi !

 

Kévin lève la main vers moi. Une fois.

 

- Hého, tu fais pas ça ! ça va pas ? t'es en train d'aggraver ton cas Kévin !

 

Je dois regagner le contrôle. Vite. Je fais un truc stupide, j'attrape le bras de Kévin...limite par réflexe.

 

- TOUCHE-MOI PAS J'TE DIS, CASSE-TOI !!!

 

Kévin a levé la main. Une deuxième fois.

 

 

Je suis choquée.

 

Je crie.

 

 

Je suis pas là pour ça, je suis pas là pour faire cours à des fous furieux, je me casse de là, j'en ai assez, toute la journée on me traite comme ça, jsuis pas un chien, merde.

 

Je pars.

 

Je pleure.

 

En salle des profs, je tape dans les murs en criant "J'en ai marre putain, j'en ai marre". Je pleure. 

 

J'ai trop accumulé de difficultés, de frustrations, de mal. Je suis dans une période de merde, je suis fatiguée, stressée, énervée, angoissée. Je fais des insomnies, et le reste du temps des cauchemars. Je ne mange quasiment plus et quand je suis en weekend je n'ai envie de rien et je subis une fatigue anormale.

 

Vendredi, Moïse 11 ans, en 6e a voulu sortir de la salle, il m'a POUSSEE pour passer quand j'ai bloqué la porte. Un grand coup dans le bras.

 

Mardi, Jennifer 11 ans même 6e m'a hurlé dessus quand je lui ai confisqué son portable, et elle est sortie en claquant la porte et en criant que jamais elle ne me parlerait bien si je lui prends son portable, que je peux toujours crever.

 

Mardi toujours, Dylan 13 ans, 5e a passé une heure à me dire "Vas-y j'ai rien fait" quand je lui ai fait une remarque (s'asseoir, ne pas se balancer, sortir ses affaires) et a crié que je le harcelais.

 

Kévin c'est la goutte d'eau.

 

 

  L'article complet est ici. Bonne lecture.

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