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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 19:06

Rouge-orange

 

 

Par Stitch

 

 

  Bonjour Celeborn, je suis stagiaire moi aussi (anglais). 

 

  J'enseigne en lycée ZEP en région parisienne. Je n'ai "que" 2 niveaux (2nde et 1ère) et je ne fais "qu'une" préparation parce que mes 1ères (STG1) ont le même niveau que mes 2ndes. Donc on ne peut pas dire que je croule vraiment sous le travail... Même si, faut pas exagérer quand même, j'en ai beaucoup! J'ai précisé que mon lycée était en ZEP ?! "Une gentille ZEP" comme le disent le proviseur et mon tuteur, mais une ZEP quand même. Je ne me suis pas encore fait insulter mais j'en ai été pas loin. Ici, sa pédagogie, il faut la revoir au jour le jour, selon l'humeur des élèves, car comment les punir, les coller quand on a une attente de 2 semaines pour avoir une place en heure de retenue... 

  Je ne reçois pas tellement de soutien de mon tuteur qui est un maniaque du travail et n'est pas conciliant pour un sou... Mes états d'âme, je dois les laisser chez moi et être au service absolu de l'EN quand j'arrive au lycée.

  J'ai la boule au ventre quand j'arrive aux portes de mon établissement, quand mon tuteur vient me voir en classe car je m'attends à tout moment à une avalanche de critiques ("Tu aurais dû faire comme ci, comme ça... C'est normal que tu ne t'en sortes pas si tu fais comme ça..."). Oui mais je suis là pour apprendre, non? Après tout, je ne suis que STAGIAIRE... Je sais, les élèves n'apprennent pas tout ce qu'ils devraient, mais pourquoi c'est à moi qu'on fait des reproches alors que je n'ai pas demandé à travailler dans ces conditions là ?!

  Allez faire vos reproches au ministère...

 

 

  Mais ça n'est malheureusement pas mon seul problème...

  Comme mes amis aiment à le dire, je suis une exilée. En effet, je suis originaire de l'Île de la Réunion, où j'ai d'ailleurs passé et obtenu mon concours. En août, passée l'euphorie des résultats du concours, j'apprends avec stupeur que l'on m'envoie travailler à 10 000 kms de chez moi. Je sais que l'on appelle ça un concours national mais de là à envoyer des gens sans aide financière s'installer sur un autre continent, tout ça me semble inhumain... Et tout ça à organiser en 10 jours, of course !

  Depuis que je suis ici, il ne se passe pas un jour sans que je pleure car il faut l'admettre, ici je n'ai pas de vie. Je survis... Je n'ai vu ni ma famille ni mes amis depuis le mois d'août, je passe mes semaines, mes week-ends, mes soirées, seule... Et la solitude pendant cette année de stage donne parfois envie de tout plaquer. D'ailleurs, les fabricants d'anxiolitiques doivent se frotter les mains, vue ma consommation de médicaments.... 

  J'ai parfois envie de tout plaquer et rentrer chez moi... Ma vie personnelle est au point mort, ma vie professionelle, un chaos... 

  Alors que me reste-t-il au final??

 

 


1. Sciences et Technologies de la Gestion. Rarement les plus calmes.

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commentaires

Léo, Hist-Géo 23/02/2011 07:06


Moi-même enseignante ( deux pemières années en région parisienne ) et Réunionnaise, j'ai soufert du travail harassant en lycée, mon année de néo-titulaire ( L'année précédente, j'étais stagiaire en
collège, avec 6h de cours, et c'était déjà épique ) :
7 classes, 3 niveaux différents - 2nde, 1ère, Tale , des sections et des programmes différents - SMS, STG, STT => 70h de travail par semaine en moyenne, avec 3h de transport par jour et on
commence avec un salaire d'environ 1200 Euros !
Après 7 ans d'études, un concours extrêmemnt difficile à décrocher, c'est révoltant !
Il faut montrer à la France entière comment sont traités les jeunes profs et les "instituteurs de la Nation" en général: c'est un scandale moral national !
Ce dédain en notre direction n'est en fait que le reflet du mépris adressé par nos gouvernements à l'Education de notre jeunesse. Naïvement ou cyniquement ( de gauche comme de droite ), ils ont
sacrifié plusieurs générations d'élèves, et cela s'aggrave !
Où sont passés le bon sens républicain et l'ambition éducative en France ?


d'arthuys 09/02/2011 15:57


Stitch Bonjour,

Je me permets de vous écrire après avoir lu votre post;
Je suis réalisatrice et prépare un documentaire sur le métier d'enseignant, et votre situation aujourd'hui rentre dans les histoires que j'aimerais raconter dans mon film, parmi d'autres.
Accepteriez vous que l'on en discute de vive voix et que je vous expose mon projet?
Auquel cas, pourriez vous me donner par mail un téléphone où vous joindre pour cela?
Dans l'attente de vous lire, je vous remercie.
F.A


Ciara 01/02/2011 20:34


Ton message m'a fortement émue. Stagiaire, je me sens dans la même situation que toi : avalanches de critiques, boule au ventre. Ce qui est atroce, c'est ce sentiment de culpabilité : nous avons
peur que nos élèves subissent les conséquences de notre inexpérience et de notre fatigue (avec tout à préparer, aucune possibilité de recul).
Finalement, j'ai eu la visite d'un IPR qui a affirmé que je n'étais pas catastrophique du tout (contenu intéressant, démarche, autorité et bonne relation avec les élèves), des points sont à
travailler, mais comme pour un professeur titulaire, même expérimenté.
Bon courage. Ne désespère pas.


dulcinea 30/01/2011 19:39


Bonjour Stitch,
Je vous adresse tout mon soutien. Votre situation est inadmissible. Espérons que vous pourrez retourner rapidement chez vous après la titularisation. Déjà que stagiaire en LV en soi ce n'est pas
facile avec l'avalanche de textes qui régissent notre profession, pour les titulaires, c'est déjà dur mais alors pour vous, je n'ose même pas imaginer!!!
Dulcinea, prof d'espagnol dans le 92


Delphine 29/01/2011 21:33


Bonjour Stitch,
Si vous avez besoin de soutien amical entre collègues stagiaires de la région parisienne (même non originaires de la Réunion), vous pouvez prendre contact avec moi par l'intermédiaire du
propriétaire de ce blog je suppose...
Amicalement,
Delphine (stagiaire en histoire dans le 78)


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