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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 11:34

 

 

catlol

 

 

    Et c'est déjà la fin de notre belle série d'articles sur les réformes de ces dernières années. Oui, je sais, vous êtes très tristes, mais gardez tout de même quelques larmes pour les réformes de 2011 (parfois entamées plus tôt, mais qui sont entrain de prendre leur vitesse de croisière) : vous allez en avoir besoin ! 

 

Je rappelle au passage que chaque réforme peut marquer :

  • des points réunionnite → réforme qui demande de faire des super réunions passionnantes ! 
  • des points homme-orchestre → réforme qui vous demande de monter un meuble Ikéa sans la notice pendant que vous préparez des macarons au thé vert tout en dansant la Carioca (Youpi !). Pourtant, vous pensiez être professeur d'éco-gestion. 
  • des points bons-sentiments → réforme qui va évidemment mieux faire réussir tous les élèves, évidemment avec moins de moyens. Évidemment. 
  • des points presse → non, ça, c'est pas une réforme, juste un effet d'annonce pour faire croire qu'on fait des trucs, au ministère.

 

2011

 

  En 2011, nous tiquâmes devant les merveilles suivantes : 

 

  • Les établissements de réinsertion scolaire, ou comment avoir une bonne idée et joyeusement la gâcher. Déjà dans leur appellation, car tout le monde aura bien compris qu'il ne s'agit pas de réinsérer, mais de sortir l'élève du cadre scolaire traditionnel. Ensuite car losque l'établissement en question se trouve à l'intérieur d'un établissement lambda, eh bien l'élève est toujours là. (2 points bons-sentiments, 3 points presse)

 

  • Les primes pour les recteurs et les chefs d'établissement, ou comment féliciter les profs de ne pas baisser les bras et de parvenir à faire leur travail malgré tous les bâtons qu'on leur met dans les roues… en récompensant leurs supérieurs. Vomitif. (2 points presse)

 

  • La suppression progressive des ZEP, ou comment changer la terminologie en enlevant des moyens. Avant, on envisageait de donner plus à ceux qui avaient moins (même si on le faisait un peu n'importe comment). Maintenant, on ne se fatigue même plus à dépenser de l'argent pour faire croire qu'il y a une réalité sous les appelations bariolées dont l'Éduc'Nat' gratifie les établissements où personne de bien informé n'aurait envie de mettre son enfant. (1 point bons sentiments, 2 points presse)

 

  • L'entretien annuel avec le chef d'établissement, ou comment perdre une heure. (aucun point. Ça n'en mérite vraiment pas)

 

  • Le non remplacement d'un départ à la retraite sur deux, ou comment enlever les muscles et même quelques os sous prétexte de dégraisser le mammouth. En échange, on paye de jolis tableaux numériques interactifs à ceux qui restent. Encore des sous bien dépensés. (5 points presse) 

 

  • La réflexion sur les rythmes scolaires et le temps de présence des enseignants, ou comment me mettre en rogne ! Alors qu'on soit bien d'accord : prof, ce n'est pas un métier de glandeur ; c'est un métier éprouvant sur le plan psychique ; c'est un spectacle 18h par semaine (pour un certifié) que l'on doit préparer et dont on doit assurer le service après-vente. Alors me rajouter des « temps » de réunion, de réception des parents, de remplissage de livret pour AUGMENTER mon temps de service effectif, en fait, c'est une grosse entourloupe. La seule chose qui permet de faire notre métier de façon agréable, c'est une certaine liberté dans notre organisation du travail, nécessaire à une profession qui doit demeurer une profession intellectuelle. Si on nous supprime ça, je pense que je me barre. (4 points dans chaque catégorie)

 

  • La départementalisation progressive des Zones de Remplacement (ZR), où comment vous faire bosser à 200 km de chez vous, parce qu'on n'a plus personne pour remplacer. On envisage même, chers titulaires remplaçants, de vous faire bosser dans l'académie d'à côté, parce qu'il n'y a pas de raison, ce n'est pas si loin que ça, si on y réfléchit bien. et puis le TGV, c'est très abordable, non ? (3 points bons sentiments)

 

  • L'expérimentation de l'EIST1 en collège, ou comment faire croire qu'on en fait plus en en faisant effectivement moins, et avec des professeurs qui devront enseigner des choses sur lesquelles ils ne sont absolument pas spécialistes. Collègues de techno, révisez votre géologie ; collègue de chimie, travaillez sur l'objet technique ; collègues de bio, approfondissez vos courants électriques. (10 points homme orchestre, 2 points bons sentiments)

 

  • Le livret personnel de compétences2 et le « webclasseur », ou comment emboîter des machines Shadocks dans des usines à gaz. La prochaine étape, c'est d'implanter une puce dans chaque élève pour pouvoir lui valider une compétence dès qu'il fait une action dans sa vie quotidienne. On n'arrête pas le progrès (∞ points partout ! Bingo !)

 

  • L'ENT3 et son célèbre cahier de texte numérique, ou comment aider les parents désagréables à l'être davantage encore (« vous n'avez pas rempli le cahier de texteuh ! ») sans parvenir à apporter quoi que ce soit à ceux qui s'en moquent. (2 points homme orchestre) 

 

  • L'Anglais en maternelle (!!), où comment vraiment se f*** de notre g***4. (3 points presse)

 

  • La suppression des allocations familiales pour les parents d'élèves absentéistes, ou comment créer une sacrée polémique. Faudra voir ce que ça donne. Le problème, dans l'Éduc'Nat', c'est que les bilans que l'on fait sont systématiquement biaisés, afin de donner l'impression que tout a marché, même quand on a fait de la boue. (10 points presse. Enlevez 5 points bons sentiments)

 

  Et voilà ! Maintenant, quand on vous dira que les profs sont tous des paresseux bien tranquilles avec leur sécurité de l'emploi et qu'ils font toujours la même chose, vous pourrez répondre que c'est un peu plus compliqué que cela.

 

  Vivement 2012 et de nouvelles réformes brillantes et mûrement réfléchies ! 

 

 

 


1. Enseignement Integré de Science et de Technologie. On compte fusionner la SVT, la techno et la physique-chimle au collège, en fait. Rien que ça. Et bien entendu, ne comptez pas retrouver dans l'emploi du temps la somme des horaires de ces trois disciplines : on en profitera pour raboter un peu, sans nul doute ! 

 

2. Le seul, l'unique ! Chez nous, on a validé 0% d'élève, pour le moment ! C'est notre chef d'établissement qui va avoir du boulot ! 

 

3. Environnement Numérique de Travail. C'est beau, hein ?

 

4. Oui, je suis vulgaire. Mais l'annonce l'est davantage encore.


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commentaires

Alexandra 23/06/2011 19:20


Pardon pour les fautes, l'inattention est mon gros défaut.


Alexandra 23/06/2011 19:18


Ce qui m'interpelle dans ses réformes, c'est qu'elle ne concernent que le domaine financiers... on ne pense en rien au contenu des cours, à leurs conditions, ni à l'élève.
Or, étant étudiante encore à ce jour, je me souviens avoir eu d'autres préoccupations durant mon parcours scolaire.

La première erreur est le remplacement de moitié des départs en retraite. Selon moi c'est la plus grosse erreur du gouvernement (qui au lieu de se plaindre de payer trop de fonctionnaires, devrait
plutôt arrêter de financer les portes-avions ou une double autoroute sur l'A7.)
De quoi les élèves ont besoin? D'avoir le goût d'étudier chose qui se perd de plus en plus et cela se remarque par l'absentéisme ou les bavardages en cours. On ne peut pas aimer étudier lorsque on
est 40 en classe et où le cours se résume à écouter le prof discourir sans pouvoir y participer. Faire des classes plus petites permettraient d'une part, de rendre l'élève plus attentif, et d'autre
part, de créer de la demande de professeurs et donc de diminuer le chômage et les situations précaires.

En second, il est primordiale que l'élève soit avec d'autres du même niveau que lui et cela dans tous les cours. Il n'y a rien de plus ennuyeux pour un élève brillant dans une matière d'être
retardé par les autres, tout comme il n'y a rien de plus brisant pour un élève en difficulté d'être en retard. Faire des classes de niveau à chaque matière permettrait à tout le monde de se sentir
bien, de pouvoir avancer à son rythme et en plus, de mieux connaitre ses goûts pour ensuite savoir ce qu'ils aimeraient faire dans la vie.
Des gens se plaindront de ce point de vue en disant que nous sommes dans une société d'égalité. Je pense personnellement que l'égalité est défavorable aux enfants sur ce principe et que l'équité
serait beaucoup plus à même de les rendres heureux.
T
roisième changement auquel j'ai réfléchi durant ma jeunesse: l'amélioration de l'oral à l'école. Il faut forcer les français à parler, à donner leurs points de vue. A l'heure d'aujourd'hui, nos
classes de langues sont désastreuses à côté des autres pays car les élèves n'osent pas. Ils ont la hantise de s'exprimer à l'oral par peur de se tromper. Si on les habitue très jeunes à parler et
donc à acquérir une confiance en eux, ce problème devrait être presque résolu.
De plus, il serait bon de donner aux enfants une première approche de la philosophie. Cela leur donnerait un sens critique et leurs copies d'examen reflèteraient une meilleure analyse. Car durant
tout le cursur primaire et secondaire, on ne note que sur la capacité à 'apprendre par coeur' si je puis dire grossièrement. Cela devrait cesser. L'éducation est là pour rendre les français
intelligents pas pour les gaver comme des oies avec un programme trop lourds dont ils auronts du mal à se souvenir.

Désolé de m'être étendu sur mon point de vue utopiste, mais je trouvais utile de le dire au moins une fois.


Lanza 31/05/2011 12:34


"La réflexion sur les rythmes scolaires et le temps de présence des enseignants, ou comment me mettre en rogne ! Alors qu'on soit bien d'accord : prof, ce n'est pas un métier de glandeur ; c'est un
métier éprouvant sur le plan psychique ; c'est un spectacle 18h par semaine (pour un certifié) que l'on doit préparer et dont on doit assurer le service après-vente. Alors me rajouter des « temps »
de réunion, de réception des parents, de remplissage de livret pour AUGMENTER mon temps de service effectif, en fait, c'est une grosse entourloupe. La seule chose qui permet de faire notre métier
de façon agréable, c'est une certaine liberté dans notre organisation du travail, nécessaire à une profession qui doit demeurer une profession intellectuelle. Si on nous supprime ça, je pense que
je me barre."

Héhéhé... On appelle ça du nivellement par le bas. Le fait est que tous les métiers intellectuels ne jouissent pas de telles conditions, pourtant, l'enseignement n'est pas le seul éprouvant
psychiquement.

Cela dit, je préfèrerais qu'on nivelle par le haut et que tous les métiers aient des conditions similaires, plutôt qu'on vire les vôtres. On me signale à l'oreillette que c'est pas prévu. (gnagna
rentable, gnagna économie, gnagna marché...)

Barrez-vous si vous voulez, mais c'est prendre un gros risque : celui d'être (très) déçu par les alternatives.


Hannibal 31/05/2011 07:54


y a eu aussi et surtout lé défiscalisation des heures sup' qui a servi à faire passer les suppressions de postes.


Claribelle 29/05/2011 21:34


Le non-remplacement d'un départ en retraite sur deux, c'est des économies pour l'Etat mais les jolis TBI offerts en compensation, c'est des dépenses pour le Département (collège) ou la Région
(lycée). No comment !

L'anglais en maternelle, ça me fait plutôt rigoler. Il y a 20 ans, la directrice de maternelle de mes enfants avait tenté le coup plusieurs années de suite en MS et GS (oh! léger ! des comptines,
les couleurs et quelques mots courants) jusqu'à ce que l'inspecteur s'en aperçoive et la somme d'arrêter !


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