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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 19:40

 

Enregistrement

 

  Le Blog  Je Suis en retard, toujours à la pointe de l'information, a réussi, au péril de la vie de son informateur (désormais en vacances à Tahiti : le pauvre avait besoin de décompresser après ça... d'ailleurs, si des vacances à Tahiti vous intéressent, vous aussi, devenez informateur du blog  Je Suis en retard !), à se procurer un document top-secret en provenance directe de l'Inspection Pédagogique Régionale. Voici donc, sous vos yeux ébahis, la suite des aventures qui peuvent arriver au premier dear colleague qui passe dans le coin. Et pendant que Béralde vous distribue de nouveau des pop-corns...

 

« Y'a plus de pop corn, m'sieur ! Les lecteurs de la fois dernière ont tout mangé ! »

 

... et pendant que Béralde vous distribue des biscuits secs d'une marque premier prix, vérifiez que vous êtes bien assis. Si la première partie vous avait horrifié, sachez que ce n'est rien par rapport à ce qui suit...

 

 

Au nom de la loi !

 

  Alors, que se passe-t-il le jour J, à l'heure H, à la minute M, à la secon...

 

« J'crois qu'on a compris, là, m'sieur... »


  Bref, que va regarder votre inspecteur, que va-t-il évaluer, sur quelles lois écrites, tacites ou franchement personnelles va-t-il fonder son jugement pour dire que vous êtes compétent ou non ? Pour my dear colleagues, rien de plus simple : c'était marqué sur le papier ! Je nous propose donc de pratiquer cette chose injustifiable et moralement répréhensible — mais tellement délicieuse — qu'est la vengeance du sans grade sur le gradé, du prof lambda sur l'inspecteur alpha : à nous de juger des « critères d'observation » qui leur permettent de nous juger !

 

« M'sieur ! M'sieur ! On peut faire la même chose, nous aussi ? On peut vous noter et vous mettre des heures de colle ? »

Non, Célimène. C'est injustifiable et moralement répréhensible, je vous ai dit. Quel éducateur ferais-je si je vous laissais entreprendre de pareilles choses, enfin...


Allons-y !


  • En dominante discours continu et interaction1, retrait du professeur, pratique dense des élèves, abandon du questionnement magistral, travail par dominantes langagières par groupes différenciés au sein du groupe classe.

 

  Même pas de round d'observation : l'inspection frappe direct au foie : le prof doit s'effacer, arrêter de nous les briser menues avec le "magistral", et doit évidemment faire parler tout le monde en groupes différenciés. Comme le résume une dear colleague : apparemment, il suffirait de taper dans les mains, et hop ! Comme par magie, les élèves changent automatiquement de groupe et d'activité. David Copperfield, prends garde à toi !

  Ne vous demandez pas comment le prof "en retrait" peut simultanément vérifier que les élèves parlent correctement l'anglais dans les différents groupes (en espérant qu'ils y parlent anglais !) : vous ne trouverez aucune réponse à cette question. Mais bon, tant que les élèves ne sont pas brimés par l'horrible "questionnement magistral" — monstre hideux qui fait frémir d'effroi même le plus brave rédacteur des Cahiers Pédagogiques3 — tout ira bien et ils parleront tous anglais couramment, youpi.

 


  • En dominante compréhension écrite et orale, entraînement qui donne les outils de décryptage et permet d'émettre des hypothèses en interaction de tout le groupe pour aller du son au sens. A l'écrit, fléchage des réseaux sémantiques clairement identifiés, hypothèses de sens en interaction...

 

  Et là, soudain, même mon humour bon enfant fout le camp devant ce drame. Cher lecteur, adorable lectrice, vous avez devant vos yeux le dernier avatar d'un courant pédagogique auquel on doit la méthode globale et l'O.R.L.4 — c'est-à-dire ce qu'il y a de pire. Et puisque ça n'a pas du tout fonctionné  pour apprendre le français, alors généralisons donc joyeusement le principe aux langues vivantes, des fois que, par miracle, cette fois-ci ça marche... Et voilà donc les élèves sommés de nager dans un marasme linguistique trouble et d'émettre d'une voix pâteuse des "hypothèses" (comprenez : des "erreurs") sur une langue qu'ils ne maîtrisent pas, et qu'ils ne risquent ainsi pas de maîtriser davantage. Mais bon, tant que c'est fait en interaction, hein... au moins on a le plaisir de s'y mettre à plusieurs pour raconter n'importe quoi.

  Au passage, on aura remarqué qu'il ne faut surtout pas écrire : à la rigueur, on peut faire des flèches entre les mots.

 

  • ... Eviter le mode vérification du sens avec attente directe de la bonne réponse.

 

  Chers collègues, pourriez-vous changer de mode, s'il vous plaît ? Si mon lave-linge en est capable, vous devriez vous aussi y arriver... Ah oui ! et si vous pouviez également arrêter avec ce réflexe désagréable qui consiste à attendre la bonne réponse quand vous vérifiez si l'élève a compris le sens de ce qu'il a lu ou entendu. C'est vraiment insupportable. Laissez-le donc tâtonner et n'y rien comprendre : vous verrez, c'est tellement plus amusant. 


 

  • Performance des élèves en situation de tâches en contexte de vie réelle précise et non scolaire.

 

  Eh oui ! C'est déjà l'heure du Pédagol, version "pédagogie de la tâche", aujourd'hui. Vous aussi, ne dites plus : "je range mes couverts dans le placard" ; dites plutôt "je me mets en situation de tâche en contexte de vie réelle s'appréhendant comme un projet de  rangement des outils nutritionnants". Quant à envisager une tâche en contexte scolaire, vous n'avez tout de même pas envie que notre rédacteur des Cahiers Pédagogiques retourne aux urgences à peine sorti de l'hôpital, tout de même ? 

 

 

  • Oral non traité en mode participation mais en interaction naturelle de TOUS les élèves et en discours continu (aller au-delà du schéma un élève=un seul énoncé et insister sur les composantes socio-linguistique et pragmatique du discours.

 

  Oui, moi aussi, ça me choque terriblement, cette parenthèse non refermée. Plus sérieusement, vous aurez tous compris que l'élève ne doit plus participer en levant la main et en attendant que son professeur rétrograde l'interroge : il doit parler naturellement (et même parler naturellement en anglais ! Vous aussi, ça vous fait rire ?) avec tous ses camarades et sans s'arrêter. En résumé : c'est le gros bordel. Mais un gros bordel socio-linguistique et pragmatique.

 

 

  • Progression allant des tâches élémentaires et intermédiaires à la tâche finale qui n'est pas toujours en fin de séquence.

 

  Au cas où, on a remis du gras sur la tâche, pour bien faire comprendre que c'est important. Arrivé là, on s'étonnera à peine que la tâche finale  la fourbe  puisse ne pas être à la fin.

 

 

 

Je vous arrête là !

 

  Voilà donc un bref aperçu de ce que peut être une inspection, et des idéologies (là, je ne vois plus d'autre terme) qui nourrissent joyeusement le corps d'inspection. Certains inspecteurs ne les partagent pas, certains les partagent mais privilégient l'efficacité de l'enseignant qu'ils évaluent en allant au delà d'une simple querelle pédagogique. le jour de mon inspection, j'espère tomber sur un de ceux-là. Mais quelle que soit la personne en face, je crois que notre hypocrisie et notre tendance à "faire semblant" pour être bien noté (ou plus vraisemblablement pour ne pas être engueulé, déconsidéré, voire humilié), quoique fort compréhensible et complément humaine, nous dessert. Si nous ne montrons pas nos convictions en les argumentant solidement, en les défendant avec courtoisie mais également fermeté si besoin est, nous ne serons jamais entendus par notre hiérarchie.

 

  Je vous dis cela aujourd'hui en contexte scolaire, mais, bien entendu, nous en reparlerons le jour où je découvrirai qu'un inspecteur doit venir me visiter en contexte de vie réelle.

    

 

 

 


1. Rappelons pour les inattentifs ou les distraits qu'il existe 5 AL2 : compréhension orale, compréhension écrite, interaction, discours continu et expression écrite. 


2. Activités Langagières. Vous n'avez vraiment rien écouté au dernier cours, vous...


3. Attention ! La direction du blog  Je Suis en retard décline toute responsabilité en cas de crise cardiaque, chute de tension ou fou rire inextinguible pouvant conduire à l'étouffement subséquent à l'ouverture de ce lien.


4. Oto-Rhino-Laryngologue Observation Réfléchie de la Langue. C'est la chose qui était censée remplacer la Grammaire en primaire. Plutôt que d'apprendre les règles de la langue française et de les appliquer en s'exerçant de nombreuses fois, l'élève devait observer des textes et déduire au bout de deux ou trois siècles d'observation les règles de notre beau langage. Comme prévu, ça n'a pas marché. Mais ça a été appliqué, et même imposé dans les programmes jusqu'à peu. 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 11:33

gadget

 

  Le Blog  Je Suis en retard, toujours à la pointe de l'information, a réussi, au péril de la vie de son informateur (désormais interné à Sainte-Anne : le pauvre ne s'est pas remis de ce qu'il a vu), à se procurer un document top-secret en provenance directe de l'Inspection Pédagogique Régionale. Voici donc, sous vos yeux ébahis, les critères sur lesquels  my dear colleagues (les profs d'anglais, quoi...) ont été evaluated par l'inspecteur ! Asseyez-vous confortablement...

 

« M'sieur ! Je peux... »

Oui, Béralde, distribuez le pop-corn...

 

... dans votre siège : frissons garantis ! 

 

 

C'est moi que voilà !


  Une inspection, ça vous arrive dessus sans crier gare. Vous étiez tranquillement assis debout en train de faire cours à vos élèves sur l'imparfait du subjonctif ou le nombre d'Avogadro, et soudain vous apprenez que la semaine prochaine, l'inspecteur gadget viendra vous saluer fort cordialement, cher collègue ! Votre carrière est en jeu, votre notation risque de ne pas s'en remettre : bref, c'est un moment d'une importance capitale !


  ... Ou pas, en fait. Lorsqu'on y regarde de plus près, un inspecteur peut très difficilement vous baisser votre note pédagogique1, et vous ne serez certainement pas renvoyé parce que le cours se sera mal passé. En revanche, il peut vous engueuler si ce qu'il a vu ne lui a pas plu (mauvais inspecteur) ou vous conseiller de façon intelligente (bon inspecteur). Une étude menée par l'institut de pifométrie montre que les deux catégories susnommées sont fort bien représentées toutes deux. Ce n'est révéler qu'un secret de polichinelle que de signaler que certains inspecteurs se font un vrai plaisir de casser du prof.


  On peut également dire que cette évaluation est fondamentalement biaisée, puisque l'inspecteur se forge une opinion sur une unique heure de cours, dans une classe précise, alors que vous avez eu le temps de préparer ce que vous pensez qu'il attend de vous. Bref : l'inspecteur va assister à une jolie pièce de théâtre scolaire, au cours de laquelle vous pourrez lui sortir la dernière théorie pédagogique à la mode. Au final, l'inspecteur ne jugera pas un de vos cours "normaux", mais une représentation spécialement organisée en son honneur.


  Toutefois, un inspecteur dispose (pour le moment) d'une grande qualité que n'a pas, par exemple, notre chef d'établissement : c'est un pair. Au moins, il devrait comprendre ce qui se passe. Rien n'est plus agaçant qu'un chef d'établissement ancien prof de sport ou CPE en train de vous dire ce que vous devriez faire pour enseigner correctement les SVT ou la géographie. Ou l'inverse.


  En bref : c'est un mauvais système, mais les autres sont pire.

 

 

Ça va être la joie !

 

  La semaine dernière, deux de nos dear colleagues ont donc eu la joie de recevoir l'inspecteur. Et ils ont même eu droit à un beau papier pour savoir ce que l'on attendait d'eux.  Tout d'abord, ils ont pu travailler à la constitution de la pile de documents demandés suivante :

 

  • Présentation séquence synthétique (tableau 1 page)  

 

  Une séquence pédagogique est un ensemble de cours sur un même thème. Elle permet de décloisonner l'enseignement, au risque, parfois, d'abattre un mur porteur. Elle ne saurait être présentée autrement que sous forme d'un tableau lui-même fort cloisonné en "prérequis", "préaquis", "objectifs", "tâches"... Variez les catégories à votre guise suivant la matière, l'époque et les goûts de votre inspecteur.

 


  • Présentation de la séance observée avec mise en œuvre par dominantes langagières et tâches visées + contenu culturel (tableau 1 page

 

  Vous reprendrez bien un peu de Pédagol2 avec votre pop-corn ? Voici donc comme prévu venir la tâche (non, je ne parle pas de l'inspecteur...), qui est le dernier truc top-fashion de l'enseignement des langues vivantes. L'élève transformé en tâcheron : voilà qui a de la gueule ! On remarquera l'hilarante précision "+ contenu culturel", qui donne l'impression qu'on injecte la culture en cours comme une machine injecterait de la crème industrielle dans un chou que renierait mon pâtissier s'il l'avait fait.

 

 

  • Supports authentiques, de préférence hors manuel, utilisés dans la séance obervée 

 

  J'attends avec impatience qu'on m'explique ce qu'est un support inauthentique... Si l'on travaille sur le Bill of Rights, faudra-t-il apporter le manuscrit ? Et devra-t-on faire venir le journaliste de CNN en cas de compréhension orale ? On notera au passage que tout est fait pour compliquer la vie du professeur qui espérait bêtement pouvoir se servir de son manuel... Perdu !  

 

 

  • Exemples d'évaluations des 5 AL dans l'année

 

  AL, c'est "activité langagière". Il existerait apparemment cinq activités langagières : compréhension orale, compréhension écrite, interaction, discours continu et expression écrite.  

 

 

  • Implication dans l'établissement

 

  Voilà un "document demandé" fort original ! My dear colleagues, ne jetez pas vos factures et vos bons de commandes, ni vos papiers de réservation de cars en cas de voyage scolaire : une inspection est si vite arrivée ! Et si votre chef d'établissement vous a fait un petit mot doux pour vous remercier de votre implication dans le projet interdisciplinaire Citoyenneté & Pâte à Sel, dépêchez-vous de le photocopier !  

 


  • Utilisation TICE

 

  Vous pensiez être au top du pédagogisme avec votre séance sur la production d'écrit en groupes différenciés utilisant un instrument scripteur (cf. note de bas de page n°2) ? Que nenni ! Vous aviez oublié qu'aujourd'hui, il convient de remplacer l'instrument scripteur par l'outil informatique (comprenez : l'ordinateur) ! Allez, filez en salle info faire augmenter votre note péda !

 


  • Court CV avec adresse électronique, expérience et compétences diverses

 

  Hi ! My name est "My Dear colleague", my e-mail is "mydearcolleague@educ'nat.fr", j'have got une expérience de prof et j'have vendu des étoiles de sea quand je was 12. J'ai des compétences so diverses : je can touch my coude with my nez & je do so bien le cheese cake !

 

 

  Vous êtes désormais munis de tous vos documents ? Vous avez rappelé sur votre CV que vous avez été champion départemental de gymnastique à 13 ans et vérifié l'authenticité de vos supports (méfiez-vous des contrefaçons) ? Vous êtes donc fin prêt pour être observé dans votre milieu naturel : la salle de classe ! Rendez-vous très bientôt pour la deuxième partie, pleine d'« outils de décryptage », d'« émission d'hypothèses » et de « composante pragmatique du discours » ! Oui, je sais, le suspense est insoutenable...  


 


1. L'avancement des professeurs se fait sur la base de deux notes : la note administrative, qui augmente si votre chef d'établissement entend parler de vous en bien, et la note pédagogique, qui augmente quand votre inspecteur se souvient de l'existence de votre établissement. Autant vous dire que le système est fiable, équitable et performant...
 

2. Le Pédagol est le langage des têtes pensantes de l'EN et des scientifiques de l'éducation réunis, qui permet d'utiliser des mots très compliqués pour désigner des choses très simples. Le Pédagolien aimera les suffixes inattendus et vénèrera plus que tout les néologismes. Vous aussi, Pédagolez en faisant faire une production d'écrit à vos apprenants à l'aide d'un instrument scripteur. C'est quand même + classe que de faire faire une rédaction aux élèves à l'aide d'un stylo. 


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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 10:23

 

 

systeme-geocentrique

 

 

Ma Dalton fait feu au conseil des 5e Lucky Luke

 

« Alors, m'sieur ? Ce conseil de classe avec Ma Dalton ? Vous avez sorti votre winchester ? »

Eh bien non, Ariste... Mais rassurez-vous,, il y a quand même eu du spectacle !

 

  Quel bilan tirer de ce conseil ? Ma Dalton a été infecte tout du long, crachant son fiel et déversant son venin (ou l'inverse) sur tout ce qui ressemblait, de près ou de loin, à un enseignant. Elle avait le visage joyeux d'un Droopy dépressif (en nettement plus énervé cependant) et la cordialité des portes de prison. Quand nous avons traité le cas de Joe Dalton, elle est tombée abraracourcix (je mélange mes BD franco-belges, là, non... ?) sur la dame des SVT, lui reprochant pêle-mêle le manque de notes dans la matière (« Vous savez, on n'a qu'une heure et demie par semaine... »), notamment concernant les contrôles (« il était absent ce jour-là car il avait une compétition de golf, et je n'ai pu le faire rattraper la fois suivante »), et surtout sa très basse note en exposé (« Il a fait un hors-sujet complet »).

 

  Ah ! salauds de profs, qui mettent 10/20 à un exposé hors-sujet sans donner la possibilité à l'élève de se rattraper au contrôle intentionnellement placé le jour de sa compétition de golf ! Les vils, les fourbes, les ordures ! Détruisons les fleurs et les petits oiseaux, que les profs de SVT se retrouvent au chômage technique !  

  Et c'est donc sous son nez fumant de rage que Ma a vu les félicitations de son fils passer (en fait, le bulletin présentait 4 remarques négatives, et personne n'aurait jamais eu 'l'idée de féliciter ça).

 

  Mais Ma n'en avait pas fini. Alors que nous débattions du cas de Calamity Jane junior, déléguée de son état et donc présente, my dear colleague (la prof d'anglais, quoi...) points out l'opportunity d'un warning for misbehaviour. Ma Dalton éructe : Calamity John et Calamity Jane seniors ont-ils été avertis des problèmes de comportement de leur fille par l'intermédiaire du saint carnet de correspondance ? Alas ! my dear colleague has indeed écriven une note dans le correspondance carnet, said she. Avertissement, élève en pleurs, ambiance top délire à son paroxysme.

 

(Et là, revoyons les actions de Ma Dalton au ralenti, grâce au regard aiguisé d'orbitus de lynxi, ma collega de latini.)

  Ma Dalton, fort agaça, demande discrètement à Calamity Jane junior son carnetum de correspondanci, pour vérifier si les collegui ont bien écrit des remarquae sur son comportemento. En plein conseillum ! O tempora, o mores !1 Quo usque tandem abutere, Ma Dalton, patientia nostra ?2 Caterva carissima mea Lapides Provolventes est !3   

 

  Effectivement, là, rien ne va plus, et on aurait envie de dire à la mère Dalton de s'investir dans un club de tricot plutôt que dans une fédération de parents d'élèves. Mais laissons un peu Ma Dalton de côté, et concluons.

 

 

Bilan

 

  Au final, les parents pourraient nous apporter beaucoup, et certains le font. Mais ils ne nous apportent qu'en jouant leur rôle de parents, consciencieux, informés, solidaires avec nous dans la volonté de transformer  leur gremlin en adulte réfléchi et responsable. Il n'est rien de pire que des parents qui nous tirent dans les pattes, quand bien même ils n'auraient pas totalement tort. La construction de notre autorité est à ce prix : le professeur le plus cultivé et le plus pédagogue peut finalement peu de choses face au discours anti-scolaire d'un père ou d'une mère, et se retouve bien vite dans l'impasse. Sans le soutien des parents — fût-il uniquement silencieux — nous ne pouvons rien ou presque.

 

  En ce qui concerne le poids sans cesse accru du rôle des parents dans les instances des établissements scolaires, je n'y vois aucun avantage (les inconvénients, eux, me sautent au yeux). En conseil de classe, au mieux ils se taisent, car dès qu'ils parlent, généralement, c'est insupportable. En conseil d'administration, ils n'ont d'intérêt que lorsque leur métier leur donne une compétence spéciale dans un domaine précis, ce qui n'arrive pas tous les jours. En conseil de discipline, ils transforment l'instance en mauvais procès, jouant quasi-automatiquement le rôle d'avocats de la défense larmoyants et remplis à ras-bord de philosophie du care, nous plaçant instantanément dans la robe tellement agréable à endosser du procureur, psychorigide et méchant si possible (et ce même quand, au final, ils votent l'exclusion...). 

 

  Nos mondes fonctionnent à mon sens de façon nettement plus harmonieuse quand ils sont clairement séparés, et que chacun fait sérieusement son travail. Mais comme il y a des ratés dans les deux mondes (parents débordés, démissionnaires, ou tout simplement vraiment mauvais ; profs inadaptés, mal formés, ou qui auraient mieux fait d'embrasser une autre carrière), on a dû se dire qu'en mettant les parents à l'école, on les impliquerait davantage dans l'éducation de leur enfant, et qu'on contrôlerait en retour les dérives des enseignants de façon efficace. C'est évidemment l'inverse qui s'est produit : les parents très valables et très motivés que nous croisons parfois en réunion ne peuvent finalement rien faire contre les dysfonctionnements de l'école ; en revanche, les parents chiants ont les coudées franches pour la faire dysfonctionner bien davanatage encore. Les bons parents n'aideront pas beaucoup les mauvais enseignants ; les mauvais parents, eux, desserviront même les bons professeurs. En mettant l'élève au centre et les parents en satellite, nous avons, une fois encore, tout cassé dans le système s(c)olaire.

 

 


1. Ô temps, ô moeurs ! (Cicéron)

2. Jusqu'à quand, Ma Dalton, abuseras-tu de notre patience ? (Cicéron... ou presque)

3. Mon groupe préféré, c'est les Rolling Stones ! (Cicéron... ou pas) 

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 23:33

DisneyQueenHearts

 

 

  Je n'aime plus le cinéma de Tim Burton depuis fort longtemps. Mais là, je dois dire que, ce soir, j'ai particulièrement souffert.

 

  Vous l'aurez sûrement remarqué, chers lecteurs (et vous aussi, adorables lectrices), je suis un carrollien dans l'âme, du bandeau du blog jusqu'à la citation écrite tout en bas et que personne n'a jamais lue car franchement, pour la voir, il faut être très fort ! Mon carrollisme est même allé jusqu'à la lecture du traité de logique de l'ami Lewis, délice absolu de rigueur pure mélangé à une touche de nonsense irrésistible. Mes élèves n'ont pas encore voyagé de l'autre côté du miroir avec leur professeur car je n'ai pour le moment osé franchir le pas d'étudier Alice en 6e, mais je pense que cela m'arrivera un jour.

 

« Joyeux non-anniversaire, m'sieur ! » 

Merci, Philinte ! Pour vous remercier, à défaut de roses, j'ai peint votre copie en rouge !

 

  Et pour illustrer l'étude, peut-être me laisserai-je tenter par un petit extrait de l'excellent dessin animé de l'ami Walt. Mais une chose est sûre : je ne leur montrerai jamais l'horreur qu'a commise Tim Burton.

 

  J'y ai cru dix minutes. Et puis nous sommes arrivés au pays des merveilles, et là, patatras. Lunettes 3D sur le pif, je n'ai pu qu'assister, impuissant, à la démolition d'un mythe à grands coups d'images de synthèse moches, d'esthétique toc et de cabotinages inupportables de l'horripilant Jonnhy Depp. Le tout enrobé dans une gangue étouffante de bons sentiments niaiseux, de phrases philosophico-mon-cucul du genre "c'est moi qui décide du chemin que je suis" et de symboliques légères de deux tonnes (la chenille qui devient papillon en parallèle de l'héroïne qui devient une femme, au secours ! n'en jetez plus !). Au milieu de toute cette bouillie, c'est à peine si Helena Bonham Carter nous réveille en voisant ses « off with his head ! » 

 

  Et surtout, Burton a commis le péché suprême, impardonnable : il a introduit le manichéisme grossier d'une héroïc-fantasy de bas étage dans l'univers délicieusement absurde créé par l'overdose de logique de Lewis Carroll. Le poème-comptine du Jabberwocky devient scénario, et le résultat est une catastrophe en trois dimensions (on se demande bien d'ailleurs pourquoi le film est visible en 3D... cet aspect technique n'est absolument pas exploité et n'apporte vraiment rien de rien).

 

  Pourtant, un instant, on se prend à imaginer ce que ça aurait pu être. Fhlashback Analepse éphémère : Alice revoit son passé, son pays des merveilles originel, et mon Dieu qu'on a envie d'y rester tellement ça a l'air bien ! Hélas... on revient bien vite dans le présent, avec ses monstres, ses épées magiques, ses batailles pseudo-épiques et ses tics burtonniens : vieux moulin à vent carbonisé, branches tordues et spiralées... même la tête du chat du Cheshire qui apparaît dans le ciel fait furieusement penser au bat-signal, c'est dire.

 

  Bref : (re)lisez le livre, (re)voyez le dessin animé, et vous aussi, exigez que la reine rouge demande à ce qu'on coupe la tête de Tim.   

    

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 09:58

coloriage-lucky-luke-20-source vka 

 

... car les élèves, je m'en charge.

Tragi-comédie en beaucoup, mais alors là vraiment beaucoup trop d'actes. 

  Suite à mon article sur le rôle que jouent les parents d'élèves dans nos vies et dans nos beaux établissements scolaires, voici un cas concret. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé (mais je crois que personne n'est mort depuis) est évidemment volontaire, mais, vous le verrez, les noms des protagonistes ont été habilement maquillés !  




Acte I, il y a quelques semaines

  Joe Dalton et Rantanplan, deux élèves au demeurant de bon niveau et néanmoins voisins, sont depuis quelques temps suspectés de tricherie en interrogations de conjugaison par leur terrible professeur, moi-même. Une dernière faute commune tout à fait invraisemblable pour qui n'a pas lorgné sur la faute du voisin achève de les confondre. Mis devant le fait accompli, ils avouent sans aucun problème et fort sobrement, précisent qu'ils se sont aidés mutuellement sur plusieurs interrogations ce trimestre. Ils donnent une estimation de leurs méfaits à mon avis + proche des chiffres de la police que de ceux du SNES un jour de manif' : 3 interrogations. Ne souhaitant pas m'apesantir, je remplace 3 de leurs notes sur 5 par un zéro, et mets une heure de retenue aux deux loustics pour leur rappeler les vertus éducatives du travail supplémentaire quand on l'a bien mérité.


  Dans un monde idéal, l'histoire se serait arrêtée là, et vous pesteriez devant cet article de blog ma foi fort court et peu intéressant. Mais le monde de l'Educ'Nat' n'est pas un monde idéal : c'est le far-west !  


Acte II, un  beau matin

  Joe Dalton et Rantanplan viennent accomplir leur devoir sacré dans ma salle, annexe personnelle de la vie scolaire quand ça me chante. Et là, sur le carnet de Joe, à la page des retenues, les jolies cases prévues par la CPE pour le corriger de ses méfaits futurs sont couvertes d'une écriture bi-parentale dont le contenu est fort peu amène envers mes pratiques éducatives. Joe ne peut avoir triché car il travaille sérieusemement et n'a pas besoin de ça pour avoir de bons résultats. Le fait de lui avoir mis 3 zéros ne saurait donc que le braquer, puisque la psychologie adolescente n'est pas suffisamment ferme et stable pour comprendre et supporter de telles malversations professorales. D'ailleurs, si Rantanplan, la bête immonde dont vient tout le mal, voulait bien se dénoncer, ça arrangerait tout le monde. Non mais !


Acte III, le midi du matin de l'acte II 

  Fin de cours avec la classe de 5e Lucky Luke. Joe et Rantanplan, invités à un pince-fesse sans petits fours en fin d'heure par myself, maintiennent leur version de triche mutuelle (avec explication quasi Laroussienne de la dimension mutuelle de l'acte). Rantanplan s'esbaudit : ses parents ont trouvé tout à fait justifié ce qui lui est arrivé. Joe, nullement traumatisé, affirme nettement qu'il n'est pas stupide et qu'il a bien compris pourquoi on lui mettait zéro quand il trichait. Rantanplan sort, Joe ne change pas de version.
  Le fourbe professeur, afin d'avertir Ma et Pa Dalton, lui propose alors, puisque toutes les personnes présentes (2) dans la salle sont d'accord sur tout, de l'écrire. Joe se fend d'un mot rapide où il signale l'aspect mutuel du comportement répréhensible, ainsi que la claire conscience qu'il a du fait que tricher c'est pas bien et qu'ça mérite zéro. Le professeur décline donc la demande de rendez-vous des géniteurs vu que la version est confirmée et que Joe ne semble pas sur le point de s'ouvrir les veines une fois le seuil du saloon de français franchi. Joe signale en sortant que ses parents graphomanes ont, en plus de la diatribe gravée sur la page des retenues susdite, mitonné une bafouille qui devrait se trouver dans la boîte aux lettres de la salle des professeurs.


Acte IV, le même midi, mais après avoir déjeuné

  La bafouille est bien dans la boîte, mais l'affaire, elle, n'est pas dans le sac. Dans l'enveloppe, une jolie lettre dactylographiée de 3 paragraphes avec en-tête, formule de politesse et signatures. Ma et Pa Dalton y développent les quelques idées délicatement esquissées dans le carnet afin de leur donner leur pleine mesure. D'ailleurs, allez savoir, peut-être cette tricherie n'a-t-elle jamais eu lieu. En tous les cas, un adolescent, c'est fragile, surtout quand on lui change ses notes pour les remplacer par des bulles. L'enseignant a-t-il vraiment mesuré la portée de son terrible geste vengeur ? Ma et Pa paraissent dubitatifs à ce sujet. La lettre circule en salle des profs : y'a pas de raison de pas faire profiter les collègues des dernières théories en cours en psychologie de l'adolescent. C'est pas en formation du PAF1 qu'on en apprendrait autant.


Acte V, même jour, 17h 

  Ma CPE déboule en salle des profs : Ma Dalton est là, carabine à la main, et demande à l'enseignant de la recevoir dans le cadre des fameuses consultations sans rendez-vous du lundi. Elle n'a pas l'air contente (cece est une litote). Malheureusement pour son mécontentement, je n'ai pas que ça à faire : un autre rendez-vous m'attend — tout le monde sauf elle sait que les consultations sans rendez-vous du lundi sont une légende urbaine — et quand bien même, la vie est une chienne. Ma Dalton laisse à ma CPE un choix dans la date2 pour que le professeur puisse subir son juste courroux.


Entracte

 


Teaser :
- le professeur recevra-t-il Ma Dalton ?
- la principale adjointe assistera-t-elle au possible rendez-vous ?
- mais qui de Ma Dalton ou de mézigue préviendra l'administration le premier ?
- et le conseil de classe de la 5e Lucky Luke de vendredi soir, comment va-t-il donc se passer sachant que Ma Dalton est déléguée parent ? Les petits gâteaux proposés par la PP3 voleront-ils au travers de la salle ? Etudiera-t-on le cas du dernier élève avant que la gardienne nous foute dehors car elle doit nourrir son Gremlin avant que minuit ne sonne ?




Acte VI, voiture de la PP, le lendemain

  Ayant l'honneur d'être véhiculé par la PP de la 5e Lucky Luke, je lui narre les événements avec force détails. Bon, en fait, je lui avais déjà tout narré la veille par téléphone (vous verrez, chers lecteurs aimés, que le téléphone sera le fil conducteur de la journée, si j'ose un archaïsme téléphonique aussi absurde qu'un téléphone filaire peut l'être), mais j'aime renarrer. La PP étant également une amie, aucun souci de ce côté, au contraire. C'est bon de se sentir soutenu et approuvé dans son ire professionnelle.


Acte VII, juste après

  Arrivant sur mon lieu de travail, je découvre non seulement les propositions de rendez-vous de Ma Dalton dont ma CPE m'avait fait miroiter la présence dans ma mangeoire4, mais également un papier-bonus (youpi !). Renseignements pris, Pa Dalton, sans doute fâché que l'irresponsable pédagogue ait échappé au fusil familial la veille, en avait remis une couche téléphonique, et veut vraiment qu'impérativement on le rappelle sans délai et de toute urgence. Et là maintenant tout de suite sur le moment à l'instant, tant qu'à faire. Ma CPE, toute tourneboulée, me décrit sa rencontre avec les parents Dalton (rencontre de visu avec Ma, et de telephonu avec Pa) dans des termes qui feraient passer Charybde et Scylla pour Joe le rigolo et sa cousine Heidi, celle avec des nattes et qui sent bon l'air pur des montagnes jolies de mon enfance hélas bien loin déjà, et tout ça ne nous rajeunit pas... Je sens donc que le grand moment est arrivé : lettre sous le bras, fleur au fusil et espoir en bandoulière, je me dirige après la récréation vers l'antre de mon chef d'établissement...


Acte VIII, dans l'antre du CdE

Au fait, si vous aussi vous trouvez qu'une tragi-comédie qui dépasse 5 actes, c'est n'importe quoi, sachez que je suis bien d'accord avec vous !

  On y est. J'expose. Tu lis la lettre. Elle écoute. Nous devisons. Vous voulez un café ? Bref : ils en parlent (on m'annonce que la situation d'énonciation vient à l'instant de porter plainte contre moi pour ces phrases aberrantes. Zut ! encore un problème à régler !). C'est un mélange de figue et de raisin, un ménagement de la chèvre et du chou sur certains points, mais un bon soutien de forme tout de même parce-que-ces-parents-vraiment-ils-nous-font-ch..., c'est déjà ça de pris. Après moultes errances — il faudrait la recevoir... ou alors une lettre claire.... oui ou alors on la reçoit ensemble — la CdE, consciente que le thème du jour, décidément, c'est le téléphone, propose de prendre l'affaire sur son dos qui a déjà porté de plus lourds fardeaux, et donc d'appeler Ma Dalton dans la journée.
  Mais se pose la question de la sanction donnée. Etait-ce vraiment la peine de mettre 3 zéros à des élèves qu'on n'a surpris à tricher qu'une seule fois, sur la seule base de leurs déclarations (on ne dira jamais la fourberie de ces élèves qui mentent dans leurs aveux) ? N'est-ce pas pousser le bouchon un peu loin, m'sieur Celeborn ? Surtout des bons petits comme ça, quand on voit les enfants sauvages qui rôdent dans les couloirs de nos jours et posent des pièges à ours derrière la porte de l'infirmerie ou sous le bureau de la COP5, je vous demande un peu. Alors dites-moi, prof de français de mon coeur, ces zéros catégoriques, est-ce que ça leur change beaucoup leur moyenne ? Non ? alors ça ira, je gère la mère. Mais donnez-moi les chiffres, m'sieur Celeborn ; le chiffres, y'a qu'ça de vrai, y'a pas d'autres certitudes de nos jours.


Acte IX, devant YoupiNotes6

  Ah tiens ! ça lui fait 1 point de moyenne en moins, à Joe, quand même... Comme quoi, ces petites interrogations de conjugaison, ce n'est pas juse décoratif !


Acte X, back dans l'antre

  Ah oui ? 1 point quand même, m'sieur Celeborn ? Mon bel argument pour Ma Dalton qui s'envole !
  Bref, après de multiples tergiversations (couronnées d'un avis du public appel à l'opinion éclairée de la principale adjointe), nous en arrivons à la solution de compromis non compromettant suivante (tout un art) : on garde le zéro qu'il est bien mérité, et, pour montrer notre bienveillance envers un élève qui a — mais comment avez-vous accompli ce miracle, m'sieur Celeborn, au fait ? — avoué son péché, on fait disparaître les deux autres zéros, sans pour autant lui remettre ses bonnes notes d'avant. La vie est une éternelle surprise : on se retourne à peine une seconde, et pouf ! une interro de conjugaison s'évanouit de votre bulletin. Le différentiel moyennesque est supportable, le prof conforté tout en ayant montré qu'il sait faire preuve d'intelligence, bref : la CdE va pouvoir appeler Ma Dalton.


Acte XI, après-midi

  Re-re-re-re-re-bonjour, m'sieur Celeborn ! Mère appelée, problème réglé, regardez comme la vie est belle et comme les oiseaux chantent dans les arbres dont la cour ne dispose pas ! Ah ! le gai rossignol et le merle moqueur, mais je m'égara (faubourg de Carthage)... asseyez-vous donc. Tout de même, ce bon élève, il ne trichait pas ce qui s'appelle tricher. C'est un bon élève : il cherchait simplement à SE RASSURER. Et vous lui avez quand même collé 6 coups de bâton pour ça :
1) 1 zéro
2) un 2e zéro
3) un 3e zéro (la, le professeur que je suis se dit qu'il aurait compté autrement, mais bon,voyons les trois autres...)
4) une heure de retenue
5) la note de vie scolaire, petit coquin que vous êtes, je suis sûr que vous me l'avez baissée dans votre partie "attitude en classe" (pfff... elle me connaît trop bien !)
6) oh la jolie appréciation dans le bulletin !

  Bref, après un coup de compétence diplomatie +10 dans l'appréciation susdite (de l'art de dire la même chose sans prononcer un mot de la famille du verbe tricher), la journée s'achève sur le bilan suivant :

- Joe a été bien sanctionné, mais sans trop faire baisser sa moyenne quand même. L'heure de retenue ayant été faite, elle n'est plus à défaire.
- Ma Dalton a été pour le moment calmée ; pourvou que ça doure !
(spoiler : ça n'a pas douré !)
- Mézigue a mis de l'eau dans son vinaigre bulletinier, mais c'est quand même mal barré pour les féloches de Joe (surtout que la PP, c'est ma copineuh). Et là, à mon avis, ça sent l'acte XII au conseil, avec la présence de Ma pour égayer le quotidien du prof en fin de semaine.


  Rendez-vous dans quelques jours pour savoir si Ma Dalton a sorti la carabine en plein conseil, et pour un petit bilan délicieusement synthétique sur la présence des parents au collège !


1. Le PAF, ou Plan Académique de Formation, est l'ensemble des formations qui nous sont gracieusement offertes par notre académie. On y trouve à boire et à manger (et parfois à vomir, mais surtout à faire la sieste). L'une des grandes traditions du PAF est de ne pas y obtenir les formations qu'on y demande, mais de se voir imposer celles dont on ne voulait vraiment pas. 

2. hem...

3. Professeur Principal (féminisez comme vous voulez).

4. La mangeoire n'est pas l'endroit où les élèves nous jettent des graines, mais bien celui où nous recevons tous nos papiers administratifs.

5. Conseillère d'Orientation Psychologue (masculinisez si vous pouvez... je n'ai personnellement encore jamais rencontré le modèle mâle).

6. YoupiNotes (nom très légèrement déformé) est le logiciel qui nous permet de rnettre nos notes sur un serveur de la mort, vive les TICE ! Quand il n'est pas en panne, bien entendu...

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 11:22

notesdessin qui fait un tabac en salle des profs

  Faut-il mettre les parents à la porte des établissements scolaires à grands coups de savates dans l'arrière-train ? C'est une proposition vis-à-vis de laquelle j'ai du mal à formuler une opinion tranchée, car deux points de vue s'affrontent en moi :

1) mon côté  « décliniste républicain réac' anti-pédagogo à bas les IUFM »
tend à penser que l'Educ'Nat' a form(at)é beaucoup de ses ouailles d'une façon tout à fait discutable, faisant la promotion de méthodes délirantes via des idéologies abstruses dont les méfaits vont encore se faire sentir longtemps, et même qu'on continue parce que quitte à faire fausse route, autant prendre la voie sans issue jusqu'au ravin final. 

« M'sieur ! Elle veut rien dire, vot' métaphore, là ! »

Oui, vous avez raison, Philinte. Je promets donc de ne plus faire de métaphores jusqu'à la fin de cet article !

  À partir de là, je comprends que les parents se soient emparés de la question, aient comparé les offres, soient pour certains devenus de véritables spécialistes de la controverse des méthodes de lecture ou du taux de grammaire dans le sang qu'un élève est en droit de devoir supporter.

  Et là, j'ose un aparté personnel. Ma mère, femme de tête et même de forte tête, avait, suite à un déménagement en Bretagne, demandé à rencontrer les directeurs des deux écoles primaires de ma ville, l'une publique, l'autre privée, afin de savoir où j'apprendrais à lire (en fait, il paraît que j'ai appris à lire devant les chiffres et les lettres. Betrand Renard, you rocked my world !). Nouvelles méthodes à la pointe de l'innovation pédagogique dotées de 3 lames qui reconnaissent le poil avant de l'esquiver ni vu ni connu, lui fut-il répondu chez mon futur employeur (l'État. Suivez un peu !). B.A.-BA et bonnes sœurs, lui expliqua-t-on à côté. J'eus donc quelques bonnes sœurs comme institutrices et appris à lire, fis de la grammaire à fond les ballons à l'aide de l'inénarrable BLED. Et ce fut le début d'une longue carrière d'élève dans l'enseignement privé. 

  Conclusion : si ma mère ne s'était pas sérieusement penchée sur la question, j'eusse fini dyslexique, et vous seriez en train de vous arracher les yeux au moyen de tenailles de forgeron devant l'orthographe cataclysmique de ce blog. Bon, peut-être pas quand même, mais disons que je crois avoir eu ce qui se fait de mieux. Merci les parents ! 

 

2) mais mon côté
« corporatiste syndiqué pragmatique professionnellement conscientisé  et tout aussi républicain que l'autre » objecte que les profs, c'est quand même moins pire que les parents, dans l'ensemble. Et que depuis qu'on a invité ces derniers à donner leur avis dans toutes nos instances — du conseil de classe des 5e mimis au conseil d'administration sur le budget de l'établissement — non seulement ils ne se privent pas de le donner, mais ça leur laisse également penser qu'ils peuvent tout se permettre. 
 
  Et, malgré quelques remarques de parents intelligents qui, généralement, comprennent bien que nous ne sommes pas des bons à rien qu'on a posés devant un tableau noir (ou blanc, ou numérique) en attendant les prochaines vacances, le bilan de l'intrusion des parents dans les établissements scolaires m'apparaît désastreux. Entre ceux qui règlent leurs comptes avec leur propre scolarité par enfants interposés, ceux qui pensent que leur bon sens va révolutionner le fonctionnement du collège, ceux qui pensent que l'école doit tout apporter à la chair de leur chair (ce qui les dédouanne d'apporter, eux, quoi que ce soit de vaguement éducatif), ceux qui nous demandent de remettre Zorglub dans le droit chemin alors qu'il faudrait peut-être commencer par lui enlever cette télé, cette console et cet ordinateur de sa chambre, ceux qui pensent que nous sommes vraiment tous des cons et ceux qui ne font pas franchement l'effort de penser, nous sommes servis. J'exagère ? Peut-être pas tant que ça, méfiez-vous...

  Bref, d'un côté, je suis pour que les parents soient investis dans l'éducation de leur enfant, qu'ils veuillent le meilleur pour lui et qu'ils s'intéressent à ce que nous faisons dans nos cours. Je suis pour qu'ils aient une claire vision de ce qu'un bon enseignement doit être. Mais j'ai du mal à les voir se regrouper en fédérations-lobbys quand c'est pour faire autre chose que de demander au rectorat que le prof en arrêt maladie depuis la Grande Peste Noire soit enfin remplacé. Surtout quand c'est pour nous en rajouter une couche question idéologie lénifiante et bien-pensante, comme si on n'en avait pas reçu assez, de l'idéologie bien-pensante et lénifiante. Surtout quand c'est pour hurler à la mort dès que la prunelle de leurs yeux ramène une punition au foyer familial, et prendre — mal typique de l'école d'aujourd'hui — systématiquement la pose du défenseur de l'enfant devant le prof, quand il faudrait évidemment faire l'inverse dans 95% des cas minimum. Parents, montrez au sale gosse que les adultes se serrent les coudes pour tirer le meilleur de lui, quitte à parfois le presser comme un citron lorsqu'il l'a bien mérité (tant pis pour ma promesse de ne plus faire de métaphores...) plutôt que de... euh... là, je n'arrive pas à filer mon image, mais vous aurez compris !


 
  La prochaine fois, je vous raconterai l'histoire de Ma Dalton, mère d'élève tout à fait typique de ces parents qui nous donnent une irrépressible envie de piquer ses clefs à la gardienne afin de verrouiller l'établissement à double tour dès qu'elle s'en approche à moins de 10 km. En attendant, parents et collègues (et vous aussi, individus schizophrènes qui parvenez à être les deux à la fois !), défoulez-vous dans les commentaires ! 

 

 

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 17:55

chambre lit bebe de cododo sans barriere 

 

  Oui, je sais, le titre de cet article n'est pas vendeur. Et, autant vous prévenir tout de suite, le contenu est presque sérieux. Vous êtes toujours là ? Alors tant pis pour vous ! 

  Je lisais récemment le dernier livre d'Élisabeth Badinter (Le Conflit : la femme et la mère1) quand, au détour d'une explication sur le cododo2 et les mérites comparés de l'allaitement mammaire et biberonesque3, je n'en crois pas mes yeux (mais comme j'ai oublié ma paire d'yeux de rechange, impossible de confirmer ou d'infirmer ce doute cartésien) : là, aux pages 88-89, on a mis un nom clair sur et donné une explication précise à mon vécu professionnel.

  Badinter nous parle de la philosophie féministe du care (mot anglais non encore traduit par la
Commission Générale de Terminologie et de Néologie), qui signifie en gros le « souci fondamental du bien-être d'autrui ». Pour faire vite — car je vois bien que vous commenciez déjà à piquer du nez au moment où vous avez lu l'expression « philosophie féministe » — des féministes extrêmistes radicales auraient théorisé que l'expérience de la maternité chez la femme développerait une « attention particulière à la dépendance et à la vulnérabilité des êtres humains ». D'où création d'une éthique féminine opposée à l'éthique masculine dominante (la vilaine). Là où la morale masculine, faite de justice, s'articulerait autour de règles impartiales et universelles (et donc, en tant que telles, indifféremment appliquées à tous), la morale féminine, particulariste, s'attacherait au concret, à l'aspect unique d'une situation réelle donnée afin d'apporter non pas une réponse validée par des principes, mais une vision prenant en compte  les « contextes de vie des personnes », permettant ainsi de faire preuve de sollicitude (traduction à peu près correcte du mot care. J'espère que la Commission me lit).        

  Ça y est : tout est limpide ! Nos établissements scolaires baignent dans le care. Le principe d'individualisation de la sanction, la pénétration parentale de nos diverses institutions et réunions (car qui mieux qu'une mère  — sauf quand elle a égaré son tire-lait et donc que Junior doit rester clampé à son disributeur automatique de lolo — peut venir expliquer au prof l'intérêt de l'élève — pardon ! — de l'enfant ?), les interminables discussions sur les problèmes familiaux de tel ou tel élève (« on t'a dit d'écrire "enfant", Celeborn ! »), les messages précisant de ne pas trop brusquer l'élè... l'enfant car son chien est mort la semaine dernière (oui, j'exagère. N'empêche que j'ai croisé récemment un mot sur le tableau de la salle des profs signalant que deux gosses avaient été choqués du cambriolage de leur maison pendant les vacances et qu'il fallait y aller mollo avec eux), les infinies arguties sur le fait que Zorglub4 va mal prendre l'avertissement conduite que des profs psychorigides envisagent de lui mettre (ou  sur le fait que si les félicitations lui passent sous le nez, ça va le "braquer") : tout ça, c'est du care, en veux-tu en revoilà !  

  N'étant ni sociologue, ni psychologue, ni chercheur en sciences de l'éducation (Dieu m'en garde !), je ne puis établir de lien clair entre cette transformation de l'éthique scolaire et la perte d'autorité et de considération que nous subissons aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain. Mais que les deux choses soient liées m'apparaît comme une évidence : à force de prendre en compte la spécificité de chacun et le ressenti (supposé, a plupart du temps : car si on psychologise à fond les ballons  dans l'Educ'Nat', peu de gens y sont diplomés en psychologie ou spécialistes en neurosciences) aussi bien du gamin que de la mère de famille qui, forcément, SAIT les choses car elle a donné la vie, j'ai peur qu'on en oublie l'autorité, remplacée par le vaseux concept de respect, dans lequel chacun mettra bien ce qu'il veut. Je pense que c'est aussi lié à l'extrême féminisation de notre métier (et là j'ai une pensée émue envers mes collègues profs de sport, derniers bastions de la virilité menacée par le déferlement des mères de famille), qui entraîne quasi mécaniquement un glissement de l'éthique de la justice et de la justesse du principe à celle de l'ajustement perpétuel du care.

  Qu'on me comprenne bien : je n'ai rien contre les mères de famille (coucou chères lectrices ! Allez, s'il vous plaît, rangez donc ce regard noir et ce rouleau à pâtisserie5) ; j'ai contre l'éthique du care, qui ne nécessite d'ailleurs pas, pour être appliquée, d'être une mère de famille, ni même une femme (il est d'ailleurs des mères de famille dont l'éthique de justice m'impressionne), mais disons que ça aide. Et si vous n'étiez pas d'accord avec cette petite analyse, ceci est un espace de discussion : les commentaires sont à vous !




1. Toutes les citations qui suivent sont tirées de cet ouvrage, au demeurant passionnant.

2. Pratique tribale, partagée par les femmes papoues et par celles du 2e arrondissement de Paris, consistant à dormir avec son enfant plutôt qu'avec son mari.

3. Sachez toutefois qu'on peut mettre un sein dans un biberon au moyen d'un formidable appareil : la trayeuse automatique le tire-lait. Un étude récente menée sur un panel pas du tout représentatif démontre qu'un homme mis en présence d'une femme en train d'utiliser un tire-lait devient immédiatement homosexuel pour les prochaines 48 heures.

4. Ayant déjà rencontré un homme nommé Kévin absolument charmant, je me suis promis de ne plus utiliser ce prénom pour me moquer des élèves tout pourris. J'ai donc trouvé Zorglub pour le remplacer. Si toutefois vous vous appelez Zorglub et vous sentez discriminé par mon article, n'hésitez pas à contacter la
Halde.

5. « Et c'est avec un aussi vilain cliché sexiste que tu penses t'en sortir, toi ?» (note d'une mère de famille, lectrice assidue de ce blog)
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 17:34

TNMAGMEG-6 

 

  Et voilà, c'est fait ! "Toute première manif', toute toute première manif", aurais-je pu écrire. Il convient donc maintenant de faire le bilan !


BILAN DE MA 1e MANIF !

• Bien manger avant la manif → FAIT !
Une entrecôte au St André, et tout de suite on est prêt à marcher des heures ! En plus, je n'étais pas seul, ce qui m'a permis de discuter fort agréablement !

• Trouver la manif → FAIT !
Y'a des jolis ballons syndicaux très tendances pour vous y aider !

• Être interviewé par un journaliste de RTL → FAIT !
Et avec ma collègue, on a même dit des trucs intelligents, je crois !

• Être interviewé par une grande chaîne de télévision → PAS FAIT !
Purée, les mecs ! y'a quand même le taulier du blog "Je suis en retard" à la manif', quoi ! Mais où étaient TF1, France 2, CNN, la BBC et TV Fil 78 ?

• Mettre un bel autocollant syndical sur mon blouson → FAIT !
Et passer connement du temps à remettre mon écharpe en place pour ne pas le cacher, "fait !" aussi. On sent que je débute. Mais j'ai compris (je suis très observateur) : la prochaine fois, je mets l'autocollant SUR l'écharpe ! J'aurai également découvrt la "technique de la besace" pour y caler le pied de la banderole. Il n'y a pas à dire : on devrait nous organiser une formation professionnelle sur le sujet.

• Tenir un drapeau → FAIT !
C'est mieux quand y'a du vent, sinon, vraiment, ça ne ressemble à rien...

• Gueuler dans un mégaphone → PAS FAIT !
En même temps, on comprendra pourquoi après...

• Tenir une banderole à deux pendant toute la manif → FAIT !

• Me faire une luxation de l'épaule pour avoir tenu une banderole à deux pendant toute la manif → FAIT !
Bon, j'exagère...Mais ça fait mal quand même, euh !

• Assister à des distributions de tracts pour tout et n'importe quoi → FAIT !
Si vous manquez de papier brouillon, un bon plan : les manifs de profs ! Les tracts pour les partis/syndicats/causes diverses et franchement variées sont nombreux, très nombreux, et rarement recto-verso ! D'ailleur, faut que je pense à faire un tract pour mon blog, moi, la prochaine fois !

• Supporter les slogans ad lib. de La Voix de FO derrière moi → FAIT !
Et je vous assure que c'est pas facile ! Un bon slogan de manif', ça se rapproche davantage de la musique militaire que du concerto Brandebourgeois. Et La Voix de FO (c'était un monsieur), vraiment, elle doit avoir des années et des années d'entraînement. Elle peut ainsi scander n'importe quelle phrase de la langue française sur la même rythmique et la répéter 8 fois d'affilée sans se lasser (elle est bien la seule). Notre marche fut ainsi ponctuée de « La masterisation ? Non ! Non ! Non !» ou de « A!Bo!Lition!!... Des!Décrets!Châtel! » repris en cœur... par personne. Le mec n'est même pas aphone à la fin (nous, en revanche, nous sommes sourds) : belle performance !

• Scander les slogans en question → PAS FAIT !
Faut pas déconner non plus.

• Passer un bon moment → FAIT ! 
Ma foi, j'ai discuté avec pas mal de collègues de diverses disciplines et d'établissement variés. Et c'est fort instructif. Rien que pour ça, je dirais que ça vaut le coup. Merci à tous les collègues que j'ai croisés là-bas !

 

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 10:38

unhygenix

 

  Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, ce qui fait sûrement de moi quelqu'un de supérieurement intelligent !

« M'sieur ! vous êtes le meilleur ! »
Doucement sur la brosse à reluire, Tartuffe...


  Bref, moi le pondéré (si si, chers collègues qui me connaissez, je suis un être pondéré ! Comment ça, je n'en ai pas l'air ??!! MAIS PUISQUE JE VOUS DIS QUE JE SUIS POND... hem...), le réfléchi, le "je vais quand même pas aller gueuler des slogans à la con en brandissant une pancarte "On veut la vie de château, pas l'avis de Châtel" enrubanné dans une écharpe rouge pétard", je vais aller manifester tout à l'heure. J'y tiens. Mes collègues sont agressés du côté de l'académie voisine et traités comme le poisson d'Ordralfabétix par leur hiérarchie, nos futurs stagiaires vont se retrouer dans des situations rocambolesques et ce ne sera pas mieux pour leurs tuteurs, le nouveau lyc... mais je vous ai déjà dit tout ça, en fait.

 Alors place à la bonne gueulante des familles. Je vous raconterai. Mais j'ai quand même fait une concession à mon caractère pondéré : l'écharpe sera violette !

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 10:13

dictee-web-202

 

« M'sieur ! Il paraît que vous chantez encore ! »
Exactement, Dorine. Et sur un sujet qui vous plaît à tous, j'en suis persuadé...
« Les consoles de jeu ? Les mangas ? Les histoires de vampire politiquement correctes ? »
Hélas non, Dorine... Nous chantons les joies du plus beau moment du cours de français...
« Le moment où ça sonne !!!! »
Raté, Cléonte. Nous chantons la..... DICTÉE !!! (visages blêmes, mains tremblotantes, cris de terreur des tables qui se cachent sous les élèves, à moins que ce ne soit l'inverse)


  Et ça se passe
chez les zrofs, bien entendu ! Merci encore à eux !

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  • Je suis en retard
  • : Un professeur pas toujours à l'heure analyse le pays des merveilles dans lequel il est tombé. Réformes, administration, parents, élèves, collègues, formateurs : Lewis Carroll n'a qu'à bien se tenir !
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