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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 12:39

Orientation

 

 

  Comme vous le savez peut-être, nous sommes en pleine refondation de l'École de la République. La semaine prochaine, le Ministre recevra les différents acteurs du système, dont les organisations syndicales, et la loi d'orientation promise devrait être rédigée d'ici novembre. 

 

  En gros, les choses sont assez simples : d'un côté, nous avons l'autoproclamé « bloc majoritaire du changement1 », qui n'est en rien majoritaire mais qui est médiatiquement bien couvert et qui se trouve bien implanté dans les organes du ministère et dans les collectivités locales. Eux veulent le socle commun de compétences, la mort des notes, la modularité et les sciences de l'éducation. De l'autre, nous avons un ensemble non homogène de syndicats qui ne se regroupent pas (la FSU, le SNALC, FO, la CGT et Sud) et dont les positions ne peuvent être assimilées. Tous ces gens ne fonctionnent pas de concert, mais se retrouvent sur un certain nombre de points parmi lesquels la mort des livrets de compétences. La FSU à elle seule est nettement + majoritaire que le bloc d'en face, mais son syndicat du Premier degré (le Snuipp) est souvent un peu en porte-à-faux avec son syndicat du second degré (le SNES), ce qui fait que les positions de la fédération relèvent parfois d'un savant travail d'équilibriste.

 

  Au milieu de tout ça, le ministre semble pour l'instant avoir fait le choix de ne fâcher personne. Il ne reprend le rapport de la concertation que très à la marge (et heureusement). Il met le curseur sur le premier degré, ce qui en soi est une excellente idée, et ce n'est pas le professeur de français de collège que je suis qui va s'en plaindre. Il reste assez vague pour le moment sur ce qui va se passer avec le socle, parle d'évaluation positive tout en disant qu'il y aura toujours des notes, relance la formation des professeurs, veut un plan numérique et ne veut pas la bivalence des professeurs… Il a également eu l'intelligence politique de repousser aux calendes grecques deux casus belli2 : la réduction des grandes vacances et une éventuelle réforme du Bac.

  Bref, chacun peut trouver dans son discours des choses qui lui conviennent… pour le moment. Car c'est sur la question des modalités que tout va se jouer.

 

  Par exemple, les nouvelles structures de formation initiale3 seront-elles fortement soumises aux idéologies des sciences de l'éducation comme l'étaient les IUFM ? Ou bien seront-elles hantées par davantage de personnes de terrain raisonnables, ou par ce que j'aurais envie d'appeler de « vrais » universitaires ? Suivant la réponse à cette question, certains hurleront quand d'autres applaudiront, alors qu'au départ tout le monde est évidemment pour former les enseignants. Même chose avec la priorité donnée au primaire : s'agira-t-il uniquement d'en augmenter les moyens, ou interviendra-t-on également sur les contenus et les méthodes ? Et de quelle manière ? Si l'on n'apprend pas mieux à lire, écrire et compter aux enfants, si l'on ne forme pas les professeurs des écoles au lieu de les formater aux derniers délires en date (et je les plains, ces pauvres professeurs des écoles, de devoir subir cela), on pissera dans un violon. Si en revanche on amplifie le frémissement de ces derniers temps quant à la question des méthodes de lecture (des méthodes à fort principe alphabétique apparaissant régulièrement ces derniers temps, que ce soient celles du GRIP, la méthode des Alphas, la méthode de Colette Ouzilou ou d'autres) et de l'enseignement de la langue française, on peut réellement faire avancer les choses. 

 

  Restez donc aux aguets : d'ici la fin de l'année, on devrait savoir si un camp l'emporte, si chacun aura à la fois des raisons de se plaindre comme de se réjouir, ou si rien ne bouge. Les paris sont ouverts ! 

 

 


1. Dont le noyau dur est composé du SE-UNSA, du SGEN-CFDT et de la FCPE. Pour ceux qui débarquent, ce sont les deux syndicats « pédagogistes » et la fédération de parents la plus délirante au monde.  

 

2. Deux casi belli ? Mon latinum n'est pas au topus.

 

3. Les ESPE : Écoles Supérieures du Professorat et de l'Éducation

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commentaires

Celeborn 16/10/2012 12:15

Ah ça, les futurs-nouveaux-IUFM, je pense que ça promet...

Sinon, les avis de Mme Belloubet n'engagent qu'elles (et heureusement !).

guy morel 15/10/2012 11:38

En ce qui concerne la future formation des PE, le GRIP a proposé que les membres expérimentés du réseau SLECC y soient associés au niveau académique. Aucune réponse à ce jour, pas plus qu'aux deux
demandes de RV adressées au ministère par Jean-Pierre Demailly, l'une début juin, l'autre il y a quinze jours.

jls 15/10/2012 06:40

oups ! je me suis laissé emporté par la vague communicante. Communiquer quelque chose aurait été suffisant

Patrice 15/10/2012 00:34

Je ne sache pas qu'on ait jamais communiqué "sur" quelque chose, sauf en jargon...

Patrice communicateur de virus ;)

jls 14/10/2012 22:33

Il faut laisser plus de temps aux jeunes en matière d'acquisition des compétences générales. Il faut cesser de dire, par exemple, qu'il faut absolument lire et écrire à la fin du primaire.
dixit Mme Belloubet, ancienne rectrice, vice présidente du CR Midi pyrénées chargée de l'éducation, l'enseignement supérieur et la recherche.
Alors je ne sais pas ce que l'on va refonder !
Pour Picdala, quelqu'un faisait remarquer la perte du complément :
On ne communique plus sur qque chose, on communique.
On ne peut plus quelque chose, on peut (we can)....

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