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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 11:45

laby

 

  Troisième et dernière prérentrée, celle (enfin, vous verrez qu'il y en a deux) d'Angua. Si certaines prérentrées donnent envie de rire, il faut reconnaître que celle d'Angua donne plutôt envie de pleurer. Ou alors de crier très très fort son incompréhension et son impuissance.

 

 

Prérentrée d'Angua : « On se fout de moi, ou bien ? »

 

  « Ayant la joie et le bonheur d’être TZR1, j’ai vécu ce matin deux rentrées très différentes dans les deux établissements...



  Le matin, collège. Bon accueil, un principal nouveau mais qui semble très carré. Son adjointe (visiblement lessivée) prend ensuite la parole pour s'excuser des emplois du temps qu'elle va nous remettre, retravaillés jusque la veille au soir, et conclut en disant qu'elle est preneuse de toutes les solutions possibles pour améliorer les gruyères que sont les plannings de certaines classes... Pourquoi un tel marasme ? Sur une cinquantaine de profs... 10 services partagés ! Et trois stagiaires, dont une n'a été révélée que la veille de la pré-rentrée, là où un TZR était attendu, ce qui implique un jeudi à libérer chaque semaine pour eux2. Premier contact avec les collègues positif, une collègue de lettres a pris le temps de venir faire connaissance, se proposer en cas de besoin.

 

 


  L'après-midi, je suis comme convenu au lycée... une adjointe m'avait conseillé de venir à 15h30, à un temps réservé aux nouveaux collègues, mais une lecture avisée du planning m'apprend qu'une réunion sur l'aide personnalisée en seconde commence à 13h30... or, je dois en assurer deux heures ! Arrivée dans un lycée totalement désert (avec vent qui fait rouler les feuilles dans une grande cours vide), deux collègues seulement à l'heure dite dans la salle prévue...


  Coup de chance, l'une d'elle est en français aussi.
  

  20 minutes après l'heure annoncée, la réunion commence. Juste avant son début, je vais me présenter au principal et ses adjointes, histoire qu’ils sachent que je suis là et pensent à me donner les documents qui me concernent, mais personne ne semble s’émouvoir et je file donc m’asseoir, me disant que ça peut attendre et que l’heure est à l’AP. La réunion débute… 5 minutes plus tard, c'est la foire d'empoigne : les PP3 de 2nde se demandent comment meubler une journée et demie à accueillir leurs élèves. Des idées sont balancées à la volée, en une demi-heure, une stratégie de remplissage est trouvée.


  Arrive le moment d'aborder l'aide personnalisée en seconde... et c'est le drame. 7 profs pour 6 classes, chaque prof ne voit son groupe qu'une fois par semaine, et nous allons faire trois semaines de méthodologie. Où ? Comment ? Avec qui causer pour éviter d’aborder quatre fois la prise de notes ? Autant de questions qui déclenchent une belle engueulade générale, suivie d'un œil vide par le chef tandis que la pauvre adjointe qui gère le truc essaie de ramener un peu de calme. Prise d'une idée subite, elle propose qu'on s'organise et demande qui est concerné le lundi. À tout hasard (moi aussi je veux jouer, partagée entre le dépit et le rire), je lève la main comme les autres... car voilà une heure et demie que je suis là, foin d'emploi du temps ou de quelque info que ce soit. Là, elle me repère, je parviens à faire entendre que je n'en ai pas la moindre idée, vu que j’ignore quand je ferai ces fameuses heures... et voilà le prétexte idéal pour quitter la salle pour elle, en promettant de revenir munie des listes d’enseignants qui devront travailler en binôme (où l’on apprend ce détail, d’ailleurs). Me voilà dans son bureau, où elle me remet enfin mon emploi du temps, puis de retour dans la salle où elle devait me suivre.


  Sauf que... le temps passant, la salle se vide. Tout le monde râle ou s'en fout, je commence mardi par cette fameuse heure, je ne sais pas qu'y faire, ni où, ni avec quels élèves (enfin, concrètement, je serai gréviste).


  En attendant la suite des réjouissances, je vais me promener au CDI4 et demander mes manuels. Continuons dans l'ubuesque : la documentaliste ne sait pas quels sont les manuels utilisés en 1ère générale... et m'en file trois, « c'est forcément l'un d'eux ».


  15h30, réunion d’accueil des nouveaux. Le CDE5 arrive avec de belles pochettes de doc à remplir. Monsieur Gestion passe nous donner les codes des photocopieurs (seul élément normal de cette journée de rentrée), Monsieur Réseau nos identifiants... mais où sont donc les TZR dans la liste ? Ah, le logiciel du rectorat les a oublié, ça alors ! On verra demain6. Là-dessus, le proviseur invite tout le monde à aller chercher ses clefs, moyennant chèque de caution... pas de chéquier, je décide d'attendre sagement la suite et de voir ça demain. Il est 15h40. Le proviseur se tourne vers moi me demande si j'ai des questions, je lui dis ne pas avoir eu la pochette de rentrée du matin... « Ah oui... on n'en a pas tiré assez... vous l'aurez demain. D'autres choses ? »6 Non. J'ai cru comprendre qu'il faut chercher le nom d'un prof mort et s'approprier soi-même son casier6, et je suis un peu agacée. Et là... « Dans ce cas, je peux vous libérer ».

  Voilà. 16h, je n'ai pas de clefs, je ne peux pas faire l'appel, j'ignore où sont mes salles (que je devrais trouver, j’ai déjà fait un remplacement entre les mêmes murs il y a 6 ans), je devrais commencer mardi par un truc auquel je n'ai rien compris, j'ignore sur quel manuel m'appuyer, je n'ai pas de casier et j'ai perdu un après-midi pour une pochette de papiers à remplir. Détail cocasse : sur la dizaine de feuilles qu’elle contient, cinq concernent une « journée de bienvenue dans l’académie »… où j’enseigne depuis 7 ans. On se fout de moi, ou bien ? 

 


  Retour sur les lieux le lendemain7, pour rencontrer l’équipe éducative de la classe de première. Nous sommes 5, les enseignants absents sont conviés à d’autres réunions simultanées ou professeurs principaux de seconde occupés avec leurs élèves. Je croise à la sortie de la salle une enseignante qui, semblant bien au courant lors de la mémorable réunion concernant l’AP la veille, me présente et je lui demande s’il y a davantage d’infos… « Non, mais on verra ça se soir à la réunion. » Réunion dont je ne suis pas prévenue, ce qui l’étonne, car « tous les profs de seconde l’ont été ! »… Mais vous savez quoi ? Je n’aurai pas de secondes en cours8 ! Passons sur ma course dans l’établissement en attendant 17h, heure fatidique où on saura peut-être enfin quoi faire des élèves en aide personnalisée10.


  Autour de la table, une dizaine de profs sur les 26 concernés. Des chevronnés, des piliers de l’établissement qui m’expliquent ce qu’il en est exactement : l’an dernier, les membres du conseil pédagogique ont refusé de préparer le contenu de l’AP (estimant qu’ils avaient un peu d’autres chats à fouetter, un certain examen de fin de lycée entre autres), la fronde a grondé sans être entendue visiblement. Au final, nous réussissons à nous mettre d’accord sur des contenus purement méthodologiques, sans conviction, au bout de deux heures, après force agacement et rires nerveux… j’avoue y être allée de ma petite larme dans le premier quart d’heure, leur demandant clairement ce que je faisais là en lisant dans les yeux d’une enseignante de l’âge de ma mère qu’elle en était au même point. Au-delà des plaisanteries et de la vraie solidarité qui régnait (car pour s’enfiler deux heures de plus après une journée déjà lourde pour certains, et préparer le travail des autres, je pense qu’il en faut), le malaise était palpable : en suivant les textes à la lettre, nous devons faire du remplissage, brasser de l’air (l’air du temps ?) et oublier que nous sommes formés à enseigner une matière ou deux.


  Pour ma part, je suis prête à faire de la méthodologie, de l’orientation, du soutien. Plein de choses au fond, tant que j’y crois. Mais pas comme cela, dans l’improvisation la plus totale. Alors même si visiblement, c’est MAL, mes heures de méthodo ressembleront à des cours de français, l’orientation, ce sera sans moi, et le soutien… j’attends une bonne tranche de rigolade, quand à l’heure de former des groupes de soutien, dans ce lycée à orientation scientifique, on fera le compte des enseignants plutôt littéraires embarqués dans cette galère… pour se dire qu’on personnalisera l’accompagnement à un prof pour cinquante si tous veulent faire des maths. »

 

 

Addendum : j'apprends à l'instant par Angua que, des trois manuels donnés par la documentaliste… aucun n'est le bon ! Le mystère du manuel de 1ère générale reste entier !  

 

 


1. Titulaire sur Zone de Remplacement (c'est joli, hein ?). Concrètement, c'est un professeur qui a passé le concours (CAPES ou Agrégation) et qui est donc titulaire, mais sans poste. C'est à lui qu'on demandera de venir en cas de congé maternité, de dépression nerveuse carabinée, de suicide impromptu ou de départ à la retraite en cours d'année. Enfin, normalement, ça devrait être à lui qu'on le demande, mais comme ils sont occupés à faire des remplacements à l'année du fait des suppressions de postes, on le demande de + en + a des gens qui n'ont pas le concours. Ou alors à personne. Si votre enfant n'a pas de prof devant lui à la rentrée, c'est qu'on manque de TZR dans votre coin.  

 

2. Une petite pensée pour les proviseurs adjoints et principaux adjoints qui ont pour beaucoup vécu une rentrée difficile du fait des dernières réformes en cours : faire les emplois du temps ces jours-ci dans l'Éduc'Nat française, c'est un défi même pour les ordinateurs de la NASA.

 

3. Professeurs Principaux ! Faudra vous le redire combien de fois ? 

 

4. Bibliothèque Centre de Documentation et d'Information. À ce propos, si vous pensez que professeur, c'est déjà un métier compliqué, n'hésitez pas à devenir professeur-documentaliste ! Les inconvénients de la chose mais sans les avantages : une situation de rêve ! 

 

5. Chef D'Établissement. À ne pas confondre avec le CDI de la note de bas de page n°4.

 

6. Tout TZR reconnaîtra une situation qu'il a vécue au moins une fois dans sa carrière, mais souvent plusieurs. Voire à chaque fois ! 

 

7. C'est pas fini ! 

 

8. Pour ceux qui sont perdus (et je les comprends), une mise au point. Angua assure des heures d'aide personnalisée en seconde, mais elle n'est pas professeur de français en seconde cette année (elle ne fait que l'AP). Conséquence : elle n'a pas été conviée à la réunion sur l'aide personnalisée en seconde9.  

 

9. Comment ça, vous ne comprenez toujours pas ?

 

10. On louera Angua pour son optimisme !11

 

11. Onze notes de bas de page, c'est vraiment n'importe quoi !

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Online Degree 29/09/2010 12:59


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Patrice 06/09/2010 17:24


Même pour un(e) TZR, Angua détient un triste record dans l'horrificque !
Patrice, sous les pavés la grève


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