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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 23:35

mozartquonassassine

 

 

  Le Blog « Je Suis en retard » laisse aujourd'hui la parole à un intervenant spécialiste d'un domaine auquel le tôlier est étranger : le monde de la musique et des conservatoires. Que vient faire un tel article sur ce blog, me direz-vous ? Eh bien là-bas aussi, on y parle pédagogie (sans compter qu'on y tisse régulièrement des liens avec les établissements scolaires). Et justement, il y a quelques temps est sorti un rapport sur le sujet : le rapport Lockwood, qui a beaucoup fait parler de lui chez nos amis les musiciens. Je vous invite donc à lire la prose parfois polémique mais toujours TRÈS documentée de mon intervant du jour. Certes, le texte est long et parfois complexe, mais si vous vous en donnez la peine, vous verrez que non seulement il est fort riche, mais que de surcroît toute ressemblance avec ce qui se passe dans l'Éducation Nationale ne serait pas du tout fortuite. Mêmes causes, mêmes effets : je vous convie à un démontage idéologique pièce par pièce.  

 


Par Dania Tchalik, pianiste et professeur d'écriture musicale en conservatoire

 

  Dévoilé en grande pompe par le ministre de la Culture le 17 janvier dernier, le rapport dirigé par le célèbre violoniste de jazz Didier Lockwood et intitulé « Quelles méthodes d’apprentissage et de transmission de la musique aujourd’hui ? » affiche un réformisme militant, sans (trop) se perdre en circonvolutions et langue de bois. Il ne s’agit rien moins que de mener une révolution dans l’enseignement musical français, en supprimant les conservatoires de musique sous leur forme actuelle (jusqu’ici « recroquevillés sur la protection d’un patrimoine ») et en refondant en profondeur les contenus dans le sens d’une meilleure prise en compte des pratiques culturelles actuelles des citoyens.

  Pour une fois, voilà qu’on commande un texte officiel à un artiste, un praticien : n’y aurait-il pas de quoi s’en féliciter ? Pour autant, ne nous emballons pas : en sa qualité de vice-président du Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle depuis 2006 et le ministère Donnedieu de Vabres, l’artiste en question n’est pas là par hasard. Il n’est pas issu du monde des conservatoires et le revendique publiquement1, et la commission qu’il dirige ne comprend pas davantage de professeurs des conservatoires en exercice2, alors même qu’elle prétend réformer ces derniers : voilà qui ne manque pas de sel ! Rappelons également à toutes fins utiles que la dernière réforme des conservatoires à l’origine des CRR, CRD et autres CRC3 remonte à 2006 : assistons-nous à un aveu d’échec ? Toujours est-il que ce volontarisme ne rompt nullement avec les orientations fondamentales de la politique culturelle de la Ve République, bien au contraire. Le traditionnel interventionnisme de l’Etat et l’institutionnalisation de l’art qui en résulte s'associent cependant à une remise en cause larvée de l’état providence, entraînant de multiples contradictions au sein du discours officiel.

 

 

 

Des vœux pieux en cascade

 

  Que serait un rapport ministériel ne sacrifiant pas à ces quelques rites sans lesquels nos apparatchiks s’apercevraient trop vite de leur inutilité ? Passons sur la débauche de sigles (entre l’EDAM, l’EDAD, l’EDAT, l’EDAP, l’EDAV et l’EDAC, nous voilà servis !) et le jargon administratif inaccessible au commun des mortels (« co-construire avec l’Éducation nationale une politique engagée et des orientations claires, en particulier par le biais de dispositifs pérennes », sic ! ) pour nous intéresser au contenu et aux déclarations d’intention.


  Une fois de plus, l’école primaire est « au centre » (à l’image de l’élève ?) des attentions ministérielles et constitue, tout comme le solfège dans les conservatoires, le terrain de jeu privilégié de nos réformateurs en mal d’expérimentation. Le rapport ambitionne ainsi de « définir les contenus pédagogiques » (mais qu’a-t-on fait jusqu’à présent ?), favoriser « le rapprochement des ministères » ( le plus simple ne serait-il pas de les fusionner ?) et le développement des classes à horaires aménagés, les mêmes qu’on ferme à coups de RGPP4. Il est également question de mieux former les instituteurs (pardon, les PE !) et de disposer d’enseignants spécialisés en quantité suffisante et « solidement formés » (sic). Mais qu’entreprend-t-on concrètement pour « garantir le niveau musical des futurs profs » ? Concernant le manque d’enseignants spécialisés, « il devra y être remédié » sans autre précision. Peut-être faudrait-il, outre le fait de revoir une formation largement défaillante, améliorer les conditions d’exercice et le statut des dumistes5 ?


  Le texte envisage par ailleurs d’étendre le concept d’« Ecole des arts » à l’EN sur le modèle des projets de type « Musique à l’école » et d’assurer un meilleur cadrage de l’État pour l’opération « Orchestre à l’école »6. Une façon de reconnaître que le dispositif, parfaitement dépourvu d’ambition et de contenu, s’apparente à une garderie améliorée ? Qu’importe, on étend « l’expérimentation » tout en proposant dans la même veine une « animation musicale de qualité » durant les « temps morts scolaires » (sic !) censée améliorer miraculeusement l’assimilation d’« apprentissages fondamentaux » dont on ne cesse par ailleurs de diminuer les horaires au gré des réformes successives. Quant à l’autre serpent de mer des réformes de ces quarante dernières années, à savoir la révision des rythmes scolaires – les petits français subissant notoirement « une charge de travail trop importante » ! –, mentionnons que ce n’est pas aux responsables de l’enseignement artistique de définir les horaires de l’enseignement général, et qu’il aurait sans doute été plus sage de commencer par revoir l’exposition des élèves aux différents écrans et l’horaire de leur coucher.

 

  Au collège cette fois, le dessein est grandiose : à travers un enseignement « humaniste », « former des publics avertis et critiques, sensibilisés au geste artistique » par l’Histoire des Arts (HIDA pour les intimes) afin de « tisser des liens de complémentarité entre la pratique d'un art et l'acquisition de connaissances théoriques et historiques ouvertes aux différentes formes de la création artistique. » La réalité est pourtant tout autre : il s’agit d’une véritable discipline fantôme (pas d’horaire spécifique, pas de professeurs formés, pas de concours de recrutement ni programmes nationaux…), qui plus est adossée au très minimaliste « socle commun de connaissances et de compétences » (traduisez SMIC culturel).


  Enfin, dans un élan de volontarisme bien inoffensif, on propose timidement d’inclure davantage de musique savante (classique et jazz) dans la programmation des médias : « cette mission devrait être inscrite au cahier des charges de l'audiovisuel du service public… » Autant dire tout de suite que Patrick Le Lay peut dormir sur ses deux oreilles : le temps de cerveau disponible pour Coca Cola ne sera pas menacé de sitôt ! Cette incantation traduit-elle l’impuissance des rédacteurs du rapport à juguler le déferlement de la débilité médiatique, ou bien l’absence caractérisée de volonté d’y parvenir ? Allez savoir… Il en est de même pour la sempiternelle refonte du quotient familial destinée en théorie à élargir l’offre des places dans les conservatoires : chacun sait pertinemment (et le législateur le premier) qu’à défaut de mesures contraignantes, et faute d’une nationalisation des établissements, les municipalités préfèreront toujours faire tourner les établissements à flux tendus en élargissant l’offre de places aux dépens du temps pédagogique par élève.


  Voilà autant de bonnes intentions condamnées à rester lettre morte, faute de crédits et de mesures concrètes quant à leur mise en œuvre. Un manque de volonté politique ? Honni soit qui mal y pense : on n’a jamais autant promu « l’accessibilité » de la culture et sa « démocratisation » promise à coup sûr par la Culture pour chacun (CPC) ! Pourtant, la culture n’a de fait jamais été aussi accessible que de nos jours, chaque collectivité disposant désormais d’infrastructures (médiathèques, salles de spectacle, musées…) largement subventionnées par le contribuable et au prix d’accès modique lorsqu’elles ne sont pas gratuites. S’il est toujours question de l’accès à la culture plus d’un demi-siècle après la fondation du Ministère, c’est donc que le problème se trouve ailleurs, et qu’il est d’ordre qualitatif… Entendons-nous bien : l’art et la culture sont accessibles à tous, mais ne sont pas par leur nature même à la portée immédiate de tous. Or, cette insistance sur « l’accessibilité » de la culture est révélatrice de la permanence de l’orientation idéologique du ministère depuis les années Lang, par-delà les changements successifs de couleur politique. Elle se résume dans le syllogisme suivant : le classique et le jazz sont goûtés par une minorité, donc une élite ; il faut démocratiser la culture ; supprimons alors la culture, désormais dite « élitiste. »

 

 

 

Une idéologie fossilisée

 

  « Dans le fond, qu’elle soit populaire ou savante, la musique est un outil de communication universel et égalitaire. » Le Requiem de Mozart comme Mozart, l’opéra rock seraient autant d’outils dont l’usage indifférencié concourrait à l’objectif ministériel : soutenir l’accroissement des pratiques musicales au sein de la population, l’implication de nouveaux publics et une « musicalisation de la vie quotidienne » (sic) notamment chez les jeunes. Dès lors qu’on évacue la question de la qualité intrinsèque de ces pratiques (car il n’est plus question d’art !), il n’y a plus de raison d’en « dévaloriser » certaines par rapport à d’autres, cette « discrimination » antidémocratique s’assimilant à un tri social déguisé. Le dépassement d’un certain « patrimoine » au nom de la notion de progrès (envisagée tant d’un point de vue technique qu’esthétique) étant jugé inéluctable, la suprématie du classique, qualifié de « cérébral »7 (sic !!!) par rapport aux musiques populaires dites plus « instinctives », perd toute légitimité au conservatoire, dont les 1er et 2e cycle agrégeraient alors pratiques classiques et populaires dans un même enseignement transversal.


  L’argumentaire est bien rôdé, mais n’est pas pour autant à une contradiction près. Le manque d’une définition sérieuse du populaire (le jazz ? le répertoire du Boston Pop’s Orchestra ? Britney Spears ?) mène tout droit à l’aporie : reconnaître à travers le succès de Mozart, l’opéra rock la médiocrité du goût des jeunes d’aujourd’hui et sa subordination aux modes dictées par l’industrie musicale n’empêche pas les auteurs de préconiser la diffusion de la chanson actuelle, « attractive pour les nouvelles générations » à défaut de l’être sur un plan artistique, dans les conservatoires. De même, une étude sérieuse des « différents modes et gammes liés au langage musical des musiques du monde et du jazz » trouverait difficilement sa place au cours d’une séance (on n’oserait écrire « cours »…) de R&B. Et les résultats des politiques déjà entreprises en faveur des musiques actuelles ou le dépoussiérage des contenus des classes de solfège dans le même esprit ne laissent guère d’espoir de voir prospérer un enseignement digne de ce nom. Quant à l’ouverture aux musiques du monde et aux « cultures plurielles », elle semble surtout relever de la « politique de la ville » et de la fidélisation électorale de clientèles ou de communautés locales pudiquement qualifiées de « publics ».


  Pas étonnant dès lors de voir cette alliance du jeunisme et du relativisme8 culturel le plus décomplexé engendrer des choix pédagogiques extravagants. Ainsi, le gadget de la « rétro-chronologie » s’inspirant des théories de Philippe Meirieu portant sur l’apprentissage de la lecture à partir de notices d’utilisation d’appareils électroménagers (supposées « plus proches » de la culture des jeunes issus des milieux populaires ou de la diversité) est bien loin de garantir l’acquisition effective de connaissances solides. De même que les élèves ayant appris l’orthographe d’après le langage SMS n’ont aucune chance d’atteindre un jour le niveau de leurs camarades ayant travaillé sur les Fables de La Fontaine, il n’est pas certain que « l’étude » des rythmes du rap ou de la techno puisse se révéler d’une quelconque utilité pour assimiler ceux du Sacre du Printemps. Et si la systématisation des pratiques collectives « dans le respect de l’hétérogénéité du niveau des élèves » se montre particulièrement chronophage, elle ne favorise pas pour autant la progression des plus faibles comme des plus avancés. Quant à la découverte et à l’imprégnation, une notion centrale dans l’idéologie de la rue de Valois depuis Malraux, elles ne remplaceront jamais une transmission organisée et cohérente de contenus disciplinaires. A dire vrai, la religion de l’innovation pédagogique pour elle-même ou de l’interdisciplinarité (alias transversalité ou globalité des apprentissages, on finit par s’y perdre…) finissent par faire sérieusement douter de la volonté pourtant affichée de maintenir des cursus pré-professionnels et supérieurs de bon niveau. Comment en effet assurer une meilleure formation aux futurs professionnels de la musique alors que tout est fait pour en gommer la spécialisation et les contenus ? Comment garantir un niveau de compétence décent des professeurs tout en alignant l’enseignement supérieur sur le modèle périmé des CEFEDEM et des CFMI9, dont le recrutement est en grande partie basé sur des savoir-être et où les étudiants ne travaillent plus leur instrument faute de temps ? Enfin, comment « revaloriser » l’enseignement artistique sans instaurer des programmes nationaux, et sans conforter la base de l’édifice en remettant en place des contenus riches et progressifs au sein de l’enseignement musical dispensé par l’EN, du primaire au lycée ?

 

  A travers l’ensemble de ces constats, il apparaît qu’en occupant le terrain par une débauche de bonnes intentions, le ministère cherche en réalité à faire oublier l’abandon de sa mission première et de ses responsabilités (y compris financières) tout en sauvegardant l’essentiel de son pouvoir sur la sphère artistique.

 

 

 

Le pouvoir sans l’argent ou le triomphe de l’autonomie

 

  Qu’on ne s’y trompe pas : la souriante communication de la rue de Valois est avant tout un outil de domination sur l’art et les artistes, et la prétention des politiques à définir le champ artistique dans le but de le contrôler, voire le récupérer, ne surprendra personne. Ainsi, le texte insiste lourdement sur l’aspect utilitaire et le rôle citoyen de la formation artistique : l’art serait un « outil d’intégration sociale » et de « lutte contre les inégalités. » Si à première vue, l’idée de pratiquer le rap en conservatoire paraît saugrenue, on comprend l’empressement de nos gestionnaires à l’institutionnaliser et à faire croire qu’il s’enseigne par le biais de « cours », dès lors qu’on prend conscience de sa nature de protestation sociale. Sa domestication, tout comme l’inclusion des « pratiques amateurs » au sein des conservatoires auraient donc pour but d’éviter les rave sauvages et les troubles à l’ordre public, et d’instaurer une surveillance des publics à risques ne disant pas son nom. Reste à savoir si tout cela est soluble dans une conception saine de la démocratie.


  Après les élèves, au tour des profs : l’anti-intellectualisme officiel se retourne logiquement contre ceux qui incarnent l’autorité de savoirs jugés désuets. Déjà ébranlé par l’injonction ministérielle de « former essentiellement des amateurs », l’avenir du métier se profile sous la forme peu enviable d’une animation socioculturelle où des employés techniciens flexibles et aux ordres des administratifs et de leurs employeurs politiques sont soumis à l’obligation des 35 heures de présence. A cet effet, on prône la rééducation avec force musiques actuelles10, la généralisation du flicage par la formation continue que le texte veut rendre obligatoire, la mise en place d’un accompagnement éducatif au rabais ou de « sas » (qu’en termes élégants ces choses-là sont dites !) entre l’EN et les conservatoires, ou l’ajout de nouvelles missions à travers une véritable assignation à résidence : « rencontrer (sic) le public en tant qu’artistes à travers l'organisation de concerts et autres manifestations ».


  Parmi les professeurs, il existe bien des artistes désireux de développer une activité de concert ou de création – dûment reconnue, notamment au niveau de la rémunération – au sein de l’institution. Or, le rapport appelle à « renforcer la présence d'artistes au sein des conservatoires » : les professeurs, n’enseignant que des pratiques (et pas de l’art), n’en feraient donc pas partie. Et de véritables artistes ne perdraient pas leur temps dans les innombrables rédactions de charte, de projet d’établissement et autres actions de diffusion ou de sensibilisation des publics11 dépourvues d’intérêt artistique. Voilà donc un système à deux vitesses : à côté des professeurs et malgré le relativisme du discours officiel, des artistes faisant de la musique... artistique sont subventionnés et fidélisés de longue date par le ministère grâce aux « partenariats avec des orchestres et des ensembles musicaux » ou « la présence d’artistes au sein des établissements scolaires et des conservatoires ». De même, l’appel à la création d’un « Orchestre National des musiques actuelles » traduit avant tout l’existence d’un clientélisme n’ayant rien à envier au copinage triomphant des années Lang.


  L’ensemble de ces orientations ainsi que le caractère à première vue confus de l’orientation politique des auteurs du rapport – des personnalités publiquement engagées à gauche travaillant pour des gouvernements de droite dont le dernier s’assume comme tel sans complexe – jettent une lumière crue sur les intentions des uns et des autres : préserver une position dominante au sein du monde artistique tout en bénéficiant des largesses de l’État, ou réduire coûte que coûte le train de vie de celui-ci, quitte à se détourner de l’intérêt général.


  Car c’est bien cet ultime objectif qui justifie l’adaptation au « contexte économique actuel », la « mutualisation des moyens et des actions » et le choix d’un nouveau « mode de gouvernance. » On implique davantage « les partenaires essentiels que sont désormais les collectivités locales » et on se défausse sur le périscolaire, les associations voire, fait nouveau, sur le monde de l’entreprise dont les « initiatives dans le domaine artistique sont reconnues comme un élément fédérateur pour l'ensemble des salariés et générateur de solidarité. » A la lecture de ce morceau de choix, l’engouement pour la « musique assistée par ordinateur » (MAO) s’explique par le lobbying des grandes firmes informatiques (ici, Apple) au sein des commissions ministérielles. Et la prolifération de comités Théodule servant à placer les amis du pouvoir en place (tel le Haut Conseil de l’Éducation artistique et culturelle, cet illustre inconnu)  illustre à merveille le dépérissement de l’action de l’État.


  La mode du cours collectif, transdisciplinaire (instrument/FM12) ou l’hétérogénéité des classes constituent autant d’« innovations » légitimant l’extinction à venir du cours individuel qui, bien qu’indispensable pour une formation de qualité (en particulier pour les élèves les plus jeunes), présente l’inconvénient notoire d’être gourmand en heures de cours. « Rendre prioritaire le jouer et le chanter ensemble dans la pluralité des répertoires et des styles » ou répondre à « l’absence de travail personnel observée chez un grand nombre d'élèves » (qui parlait du niveau-qui-monte ?) ne seraient alors qu’alibis en vue de réaliser des économies. Quant aux pôles de musiques actuelles, ils amèneraient au conservatoire de nouveaux publics à la fois moins formés et moins gourmands en années d’études et en temps pédagogique : derrière le pédagogisme mielleux, on rentabilise tous azimuts. Et cet ajustement n’épargne pas davantage la ressource enseignante : si les « supports pédagogiques dédiés à l'enseignement bipolaire (…) de la pratique instrumentale (CD, méthodes, vidéos, CD ROM...) » prêtent à sourire – voilà qui coûte moins cher que les idiots utiles de la pédagogie labellisée IUFM ou CEFEDEM, et par gros temps il n’y a pas de petites économies – les conservatoires se voient désormais très officiellement affublés du sobriquet de « lieu de ressources » pour les amateurs dont on encourage par ailleurs l’« auto-formation » (sic). Autant dire qu’à terme, les coachs sous-payés et précarisés que seront les profs de demain seront aussi moins nombreux. Et l’instauration de la bivalence (avec des CA et DE13 mêlant musique savante et populaire)  dispenserait du recrutement d’un enseignant supplémentaire en « musiques actuelles » : bien qu’il soit évident que le « jeune qui aurait envie d’apprendre à jouer de la guitare électrique » sans pour autant s’engager à suivre un cursus musical exigeant serait davantage à sa place au sein d’une MJC, cela n’arrange guère le gestionnaire qui se dispenserait bien volontiers de financer deux établissements alors qu’un seul ferait l’affaire. Enfin, l’embrigadement des professeurs dans l’animation socioculturelle locale permettrait à la mairie de se passer des professionnels normalement dévolus à ces tâches (les animateurs eux-mêmes) tout en évitant le recrutement (plus onéreux) de musiciens professionnels extérieurs.

 

 

  Le rapport Lockwood ne fait donc que persévérer dans une tendance lourde ne cessant de s’accélérer ces vingt dernières années. A l’image du système scolaire, voire des services publics dans leur ensemble, l’enseignement artistique public voit sa qualité se dégrader à mesure de l’avancement des réformes successives réduisant le champ d’intervention de l’Etat. Toutes les conditions sont alors réunies pour aboutir à une accessibilité moindre des formations artistiques de qualité dites à tort « élitistes » qui seront de plus en plus du ressort de l’initiative privée14 : les populations les plus fragiles économiquement en seront donc exclues et n’auront droit qu’à la garderie améliorée du public, elle-même progressivement « décentralisée » et déléguée de manière plus ou moins cohérente à d’autres « acteurs » ou « partenaires ». Cette évolution à l’américaine favorise inexorablement la montée d’un élitisme sournois que le ministère comme les artistes qui le servent feignent pourtant de combattre. Car dans les faits, derrière le paravent de la « démocratisation culturelle », le ministère est en train de se livrer à un détricotage en règle du plan Landowski dont le but était de garantir l’accès du plus grand nombre à un enseignement artistique de qualité sur tout le territoire. L’unique solution pour inverser durablement la tendance consisterait alors à remédier à l’imperfection originelle de ce plan en nationalisant les conservatoires et leur personnel, en les dissociant des activités de loisir destinées à rester dans le giron communal, en les préservant de l’influence délétère des industries de l’entertainment et de la consommation de masse, et en offrant ainsi à tous les jeunes qui le souhaitent, fors de tout activisme démagogique et racoleur, un enseignement artistique gratuit et de qualité conforté en amont par des programmes denses et structurés au niveau de l’enseignement général.

 


1. Se reporter à http://www.didierlockwood.com/fr/?page=biographie

 

2. Une absence d’autant plus surprenante qu’une partie importante des enseignants de l’enseignement musical spécialisé relève de la catégorie A des fonctionnaires ("chargés de fonctions de conception et de direction"). Ces agents n'ont donc pas été consultés alors que cela fait partie de leur compétence statutaire.

 

3. Les Conservatoires nationaux de région, les écoles nationales de musique et les conservatoires municipaux devenaient alors respectivement les Conservatoires à rayonnement régional, départemental, communal ou intercommunal. Derrière l’anecdote du changement d’appellation, c’est la disparition du terme national qu’il faut retenir avant tout : il s’agissait déjà de niveler les établissements par le bas en gommant la « structuration pyramidale » dénoncée ici-même. CQFD.

 

4. Révision Générale des Politiques Publiques. Une révision synonyme de réduction…

 

5. Musiciens intervenants en milieu scolaire (en primaire)

 

6. La recette de ces « dispositifs d’éveil » est fort simple : on amène des instruments de musique dans une école primaire, on les met entre les mains des enfants, et c’est parti ! De là à prétendre leur apprendre quelque chose autrement que par « imprégnation », il ne faut pas trop en demander : il ne s’agit ici que d’une sensibilisation.

 

7. Un qualificatif d’autant plus extravagant que le répertoire classique est largement irrigué par l'influence de danses pratiquées par les catégories sociales les plus diverses, de la suite de danses de Bach aux danses bulgares de Bartók, en passant par la valse viennoise des Strauss. Plus généralement, la danse, en tant que mouvement et geste, est difficilement dissociable de la musique elle même...

 

8. http://www.education.gouv.fr/lettre_information/question_d_education/decembre2006/arts.pdf

En décembre 2006, M. Lockwood déclarait la main sur le cœur : « il s’agit de lutter contre la fracture culturelle qui ferait que certains n’auraient accès qu’à une production commerciale ou industrielle diffusée par les médias, tandis qu’un nombre limité, possédant les clés, sensibilisé par l’environnement familial, accéderait à la compréhension des oeuvres, voire à la création. Il faut trouver une voie entre l’élitisme et le populisme. L’établissement scolaire est peut-être aujourd’hui le dernier îlot de résistance à la culture marchande (…) » Visiblement, cette noble indignation (qu’on nous pardonne l’anachronisme du terme !) a fait pschitt face aux arguments de M. Frédéric Mitterrand et de sa Culture pour chacun.

 

9. CEFEDEM : Centres de Formation de la Danse et de la Musique, équivalents des IUFM, également créés en 1989. CFMI : Centre de Formation des Musiciens Intervenants, formant ( ?) les dumistes (cf. note 5).

 

10. On se demande bien où le ministère compte trouver les « musiciens complets » aptes à enseigner à la fois le classique, le jazz et le rap, alors que disposer d’un professeur effectivement compétent dans UN domaine serait déjà très bien... Et par qui vont-ils être « formés » ? La réponse va de soi : par les "publics" eux-mêmes : il suffira de choisir quelques individus jouant à la fois du piano, du synthé, un peu de saxo et de la batterie (sans parler du bidouillage informatique, summum de la compétence musicale), et les voilà, nos futurs formateurs !!!

 

11. Autant de populations mal intégrées, frappées par le chômage ou la crise qui mériteraient une politique sociale d’une toute autre nature que ces actions de « charité culturelle » !

 

12. FM : Formation Musicale. Depuis la réforme de 1977, parler de solfège est devenu tabou, voire synonyme de réaction d’un autre âge dans les milieux autorisés.

 

13. CA : Certificat d’aptitude, équivalent de l’agrégation. DE : Diplôme d’Etat, équivalent du CAPES. Toutefois, à la différence de l’EN, ces concours ne correspondent pas à un recrutement effectif au sein de la Fonction publique territoriale (et les politiques actuels de gauche comme de droite adeptes de l’autonomie des établissements le savent très bien !)

 

14. Ainsi, M. Lockwood lui-même dirige un Centre des Musiques portant son nom qui est à ce jour l’unique institution privée autorisée à délivrer le diplôme national supérieur professionnel de musicien (DNSPM), en partenariat avec des institutions publiques. Qu’on se le dise !

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commentaires

Prof de conservatoire 31/08/2014 09:50

Autre erreur de l'auteur.
Les membres qui ont constitué la commission de réflexion sont le compositeur Bruno Mantovani, les chefs d'orchestre Claire Gibault et Jean-Claude Casadesus, le violoniste David Grimal, la directrice du Conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg Marie-Claude Ségard, le pianiste Andy Emler, les auteur-compositeurs interprètes Michel Jonasz et Manu Katché, le directeur des affaires Culturelles du Conseil Général de Seine et Marne Jean-Claude Perrot et l'inspecteur général de l’Éducation Nationale Vincent Maestracci

Dania Tchalik 30/10/2014 12:04

Une réponse rapide à votre commentaire :

1. L'auteur sait lire la composition de cette commission aussi bien que vous. En revanche, plus de deux ans plus tard, il se demande toujours ce que ces éminentes personnalités sont allées faire dans cette galère.
2. Concernant le changement de sigle des conservatoires, la réforme de 2004 visait bien à faire des économies en refilant la patate chaude de l'enseignement artistique spécialisé aux échelons inférieurs (la décentralisation et ce que vous appelez le fait de "ne plus dépendre de Paris") tout en accentuant les orientations antérieures, à savoir faire "évoluer" les missions des conservatoires vers une animation culturelle pour laquelle un personnel sous-qualifié et précaire suffit amplement (d'où les fameuses "pratiques amateurs").
Dix ans après la réforme, les faits sont parlants. L'affaire Yerres, l'imbroglio des rythmes scolaires, la fin annoncée de la participation de l'Etat au budget des CRR et CRD (j'en oublie...) parlent d'eux-mêmes - et c'est loin d'être fini...
A propos, le maintien (jusqu'à quand ?) des CNSMD dans le giron de l'Etat ne saurait faire oublier le développement (plus ou moins anarchique) de pôles supérieurs d'enseignement de la musique dont le financement n'est pas national, semble-t-il...
3. Il y a d'un côté la "sensibilisation" ou "l'accompagnement de "pratiques", comme vous les appelez - et de l'autre, un enseignement véritablement structuré. Mais il est vrai que selon la sociologie officielle, certains "publics" le méritent plus que d'autres...
4. Si les conservatoires sont payants, la majeure partie du coût élève est prise en charge par le contribuable et vous ne l'ignorez certainement pas en tant que "prof de conservatoire". Toutefois, certaines communes sont plus généreuses que d'autres, d'où sans doute la nécessité d'un cadre national... que les pouvoirs publics sont précisément en train de détricoter.
5. A propos de pédagogie : on peut être bon instrumentiste sans être bon enseignant ; l'inverse est-il vrai ? Un quart de siècle après la création des CEFEDEM, il serait peut-être temps d'en tirer les conclusions qui s'imposent...
6. Enfin, à propos du solfège rebaptisé en FM, je ne parlerais pas d'étoffement mais bien... d'étouffement, entre la montée en puissance des "projets transversaux" dans les premières années d'apprentissage et l'absence quasi complète de formation supérieure en solfège dans les cursus français.

Prof de conservatoire 31/08/2014 09:44

Quelques remarques sur les notes...
Note 3: le changement de sigle des conservatoires est lié à une volonté d'affirmer une décentralisation plutôt qu'une déconcentration: inscrire l'établissement dans le territoire, et d'autre part signifier 1) qu'il ne dépend pas de Paris, 2) que son rôle primordial est la pratique amateur, et ACCESSOIREMENT en fin de parcours une PRÉPARATION aux établissements supérieurs de formation professionnelle, que ne sont ni les CRR ni les CRD, et ne l'ont jamais été même depuis leurs créations.
NOTE 5: les "DUMISTES" sont formés à sensibiliser les élèves des écoles primaires à l'art musical, par des OUTILS que ne maîtrisent NI les MAÏTRES d'école, NI les Enseignants des conservatoires. Ce n'est pas le même travail. Et si on les enlevait des postes qu'ils occupent, ce seraient de nombreux enfants qui seraient coupés d'un lien artistique. Pour mémoire, l'action des Dumistes relève de l'intervention en milieu scolaire donc GRATUIT; les conservatoires sont PAYANTS.
NOTE 6: il s'agit de "l'orchestre à l'école". L'encadrement est dans ce cadre assuré par des enseignants de conservatoire, il ne s'agit pas d'une simple "sensibilisation", mais d'un accompagnement à la pratique amateur, et si le niveau reste limité car le temps l'est, il n'y aura rien à envier à un élève de conservatoire ayant arrêté son cursus en fin de 1er cycle (la moitié des élèves des conservatoires est dans cette situation...)
NOTE 7: Sans la "cérébralisation" de Bach, Bartok, Debussy, leurs oeuvres inspirées des formes musicales des danses ne seraient pas passé à la postérité. Par ailleurs, si toute danse est imaginable sur toute musique, toute danse déjà codifiée ne passera pas sur n'importe quelle musique.
NOTE 9: CF supra (note5) concernant les dumistes
NOTE 10: le professeur d'instrument est spécialiste de son instrument, sensé être généraliste des styles, éventuellement spécialiste d'un domaine. Les professeurs de musique actuelles sont spécialistes des musiques actuelles, c'est leur domaine plus que l'enseignement de leur instrument.
Ne pas confondre au passage être bon instrumentiste et être bon enseignant. Au passage les enseignants de formation classique diplômés de l'enseignement des musiques actuelles, il y en a plein les conservatoires.
NOTE 12: le solfège n'est pas tabou, puisqu'il est UNE des matières de la Formation Musicale, il n'y a pas eu de remplacement, il y a eu étoffement de la pratique: les profs de FM forment 1) à la théorie (comme le solfège,lecture de notes, appropriation de la pulsation...) et 2) à l'approche artistique (chant, culture stylistique,..)

Que le rapport Lockwood soit une catastrophe n'autorise pas à dire n'importe quoi.

www.coolbulbs.com 25/08/2014 14:09

The Lockwood report has a significant role among musicians. It was indeed informative to go through the stuff shared by Dania Tchalik who is a famous pianist and professor of music composition. There are a number of issues discussed in this article, faced by the musicians.

Dania Tchalik 13/03/2012 22:05

Cher Chardon,
En vérité, j'ai le sentiment que nous sommes d'accord sur toute la ligne, ou presque !
Vous écrivez à juste titre que l'enseignement de la musique réclame patience, courage et persévérance, des qualités que tous n'auraient pas. A première vue, qui pourrait vous contredire ? Pour
autant, l'expérience montre qu'elles ne sont que très rarement innées chez les élèves. Au contraire, elles sont le plus souvent stimulées par un enseignement à la fois riche, progressif et
exigeant, voire en constituent tout simplement le résultat. Cela est vrai au moins lorsque le milieu familial ne constitue pas un obstacle au bon déroulement de l'apprentissage. Pourquoi alors les
qualifier d'"élitistes" ? N'est-ce pas fournir un argument à l'adversaire et à ceux qui pensent que la répartition des talents aurait à voir avec une quelconque prédestination sociale ? C'est
pourquoi j'ai écrit dans mon article que l'accès à l'art est ouvert à tous, mais non immédiat et dans la limite des capacités de chacun - qu'il convient de pousser au plus haut !
A propos de la nationalisation des conservatoires : il est évident qu'elle ne concernerait pas tous les établissements, mais uniquement les plus importants (les régionaux et les départementaux), de
manière à assurer un maillage sur tout le territoire et à distinguer l'apprentissage sérieux de la simple activité de loisir qui continuerait à être prise en charge par les collectivités locales.
C'est précisément cette nationalisation qui permettrait la restauration de l'autorité et des exigences, puisqu'elle affranchirait les établissements des contingences locales, tant sur le plan
politique, financier que des points de vue de la pédagogie ou des choix esthétiques. Ainsi, l'investissement public consenti serait largement rentabilisé, pour répondre à votre inquiétude sur ce
point. J'irais même plus loin : à moyens constants, il est parfaitement possible de mettre en place un enseignement de la plus haute qualité, à condition de ne pas "bazarder" des moyens
considérables dans des "projets interdisciplinaires" plus ou moins fumeux et de ne plus privilégier la "diffusion culturelle" (il existe d'autres institutions plus adaptées pour cela) aux dépens de
l'enseignement lui-même et de la formation des professeurs, de leur niveau artistique et disciplinaire.
Enfin, sur les écrans et les questions d'éducation (horaire du coucher des enfants, zapping, etc.) : apparemment, tout le monde est au courant, comme vous dites... sauf nos politiques ! Avez-vous
vu ne serait-ce qu'une seule allusion à ces réalités dans les programmes éducatifs et culturels des différents partis, pour la présidentielle de 2012 comme pour les autres échéances électorales ?
Il me semble que ces questions relevent bien évidemment de la vie privée, mais également d'une volonté politique qui, il est vrai, heurterait de front des enjeux financiers considérables, comme
c'est le cas pour la télévision ou les jeux vidéo - sans même envisager la possibilité d'utiliser ces instruments comme un moyen de domination sur les masses de consommateurs. Du coup, on a droit à
une panoplie de mesurettes aussi démagogiques que cosmétiques (dont la "révision des rythmes scolaires", la nouvelle panacée qui n'est rien d'autre qu'un moyen de faire des économies !) et
l'adaptation à ces réalités (pour vous citer, toujours) se transforme en leur acceptation résignée voire enthousiaste chez certains "pédagogues" issus d'une autre planète.

Chardon 13/03/2012 17:33

Voici un pamphlet bien argumenté en effet, et l'on ne peut que partager certaines indignations.

Mais les problèmes ne sont vus que sous un même angle et présentés de façon assez manichéenne, quand il n'y a pas carrément une confusion dans l'angle de vue.

Par exemple :

"...et qu’il aurait sans doute été plus sage de commencer par revoir l’exposition des élèves aux différents écrans et l’horaire de leur coucher."
Qui n'est pas au courant ? Qui aurait du faire quoi et comment ? Pour ce qui relève de l'autorité parentale...

Idem pour les programmes TV : là encore, imaginer diffuser à 20h des programmes de très faible audience revient, du point de vue du programmateur, à se tirer une balle dans la tête.
Pourtant, les programmes tv regorgent de trésors pour qui se donne la peine de trier. Là encore, on revient au domaine privé et à l'autorité parentale.

Les écrans chronophages et le zapping dans les activités de loisirs ( si démocratiquement accessibles ) lui aussi très chronophage sont des réalités.

Peut être serait il sage de prendre en compte ces réalités ... avant, par exemple, de proposer des cours individuels d'instrument à un enfant qui n'a nullement l'intention de réduire son temps
d'écran ni son temps de tennis, de jeu d'échec, de théâtre et j'en passe !


Combien de conservatoires et écoles de musiques en France ? 3 ou 4000... et je ne parle pas des associations, elles aussi subventionnées.

Mise à part la quarantaine de CRR, ces établissements ont un coût qui n'est pas validé par la réalité sur le terrain. De moins en moins d'exigences de sélection , d'exigence de travail, parfois
abandon d'examens ou d'enseignement théorique digne de ce nom, tout cela fait que la question de l'opportunité de cours individuels gratuits, payés par la collectivité se pose.

- il n'y a pas d'argent
- le coût est énorme et chaque collectivité doit en rendre compte auprès de ses administrés.

Bien sûr, l'apprentissage instrumental nécessite des cours individuels.
Bien sûr, tout le monde souhaite donner cette chance à tous.

Mais c'est une discipline exigeante qui demande persévérance, volonté, courage et patience, constance, organisation....etc.
Bref, un ensemble de qualités que "TOUS" ne partagent pas. La discipline instrumentale EST élitiste par nature.

L'état du reste ne s'y trompe pas, puisqu'il ne s'est pas désengagé de l'enseignement supérieur dans les deux conservatoires nationaux.

Vouloir nationaliser les milliers de conservatoires existants me parait une aberration budgétaire.

Il n'en reste pas moins que les compétences sont largement sous utilisées, tant dans ces conservatoires que dans les cours de musique dans l'EN, et qu'une utilisation plus judicieuse permettrait
sans doute à certains de ne pas passer à côté de leur talent d'une part, aux autres d'être des amateurs dignes de ce nom.

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